Le cas Samuel Grzybowski – Episode 1

Portrait d’un young leader,
révélateur de l’offensive religieuse, communautariste et anti-républicaine

LES ENQUETES D’UNITE LAIQUE #1

Par ALINE GIRARD
Secrétaire générale d’Unité laïque
Juin 2022

Avertissement Copyright

Samuel Grzybowski aime prendre la lumière et sait braquer les projecteurs sur lui. Depuis janvier 2009, date à laquelle il fonde à 16 ans Coexister, il est sur le devant de la scène. Sa position dans « La primaire populaire » de la gauche en janvier 2022 l’a rendu à nouveau très visible. A trente ans, il a déjà une vie bien remplie.

Qui est Samuel Grzybowski ? Quel est son parcours ? Quelles sont les causes qu’il défend ? Mais surtout quels intérêts sert-il et de quoi est-il le révélateur ?

Au-delà du cas Grzybowski, l’enquête d’Aline GIRARD fait apparaître sous une lumière crue l’ampleur et la profondeur de l’influence religieuse, communautariste et néolibérale en France. Elle dévoile la stratégie de puissants réseaux d’influence, relais efficaces d’un soft power américain omniprésent. L’objectif de l’offensive en cours est clair : par le biais de la coexistence interconfessionnelle, du community organizing et de l’entreprenariat social à la mode néolibérale, il s’agit de démoder et de liquider le modèle républicain et laïque français.

Cette enquête très documentée et précisément sourcée est indispensable pour qui veut comprendre les ressorts, les mécanismes et les enjeux des menées anti-laïques et anti-républicaines en France en 2022.

Unité laïque publiera le texte d’Aline GIRARD en 6 livraisons hebdomadaires, chaque lundi, entre le 27 juin et le 1er août 2022.

Épisode 1                    Le façonnage d’un emerging young leader. La nébuleuse Grzybowski.
Épisode 2                    Missionnaire ad majorem dei gloriam
Épisode 3                    Ambassadeur du soft power américain
Épisode 4                    Les premiers pas en politique
Épisode 5                    La Primaire populaire
Épisode 6                    Samuel Grzybowski, un révélateur                 

EPISODE 1Le façonnage d’un emerging young leader. La nébuleuse Grzybowski.

Où l’on fait connaissance avec Samuel Grzybowski, Ashoka fellow et emerging young leader façonné par des fondations philanthropiques multiculturalistes, raconteur d’histoires de talent, à travers ses engagements religieux et ses entreprises au service de la coexistence interconfessionnelle, de la diversité identitaire et convictionnelle.

Le façonnage d’un emerging young leader

Né en 1992, Samuel Grzybowski est militant associatif, entrepreneur social et, pour reprendre le terme américain à la mode, activiste. Les médias le rattachent au courant des « cathos  de gauche ».

Il est l’aîné d’une fratrie de quatre garçons dans une famille catholique portée par la foi et l’œcuménisme, très impliquée dans les mouvements interreligieux, dans lesquels son père Laurent Grzybowski, journaliste à La Vie et « musicien prêcheur », est une figure omniprésente. Sa scolarité n’a rien d’original. Elle s’effectue entièrement, comme il se doit, dans l’enseignement privé catholique. En classe primaire, il est élève à l’école privée Saint-Charles à Paris dans le 15ème  arrondissement. Du collège au lycée, il est inscrit à Notre-Dame de Sion. Il obtient une licence d’histoire et une licence de sciences politiques en juillet 2013 à l’université Panthéon-Sorbonne. Il a vingt et un ans. Une scolarité banale, éloignée de l’école républicaine. Excellent narrateur, Samuel Grzybowski se plaît à raconter ici et là son école primaire, une « école arc-en-ciel » d’à peine 200 élèves avec 42 nationalités représentées et sept religions enseignées et pratiquées, pour lui une sorte de paradis jamais oublié de la diversité, mais dans la foi. Une expérience qu’il présente comme fondatrice et qu’il met en récit pour expliquer ses engagements.

Ses formations complémentaires et les distinctions reçues le singularisent en revanche par rapport à ses contemporains. Il suit en 2013 une formation en entrepreneuriat social et médiation interculturelle et interconvictionnelle à la Cambridge Judge Business School dans le cadre d’un programme de fellowship financé par les fondations Edmond de Rothschild et il devient Ariane de Rothschild Fellow[1]. En 2015 il est distingué avec Coexister par le programme présidentiel « La France s’engage » lancé par François Hollande[2]. Il est en 2019 l’un des huit lauréats de ce programme choisis pour rencontrer à Berlin, parmi 300 young leaders européens, l’ex-président des États-Unis Barack Obama à la tête de sa fondation[3]. En 2016, il est Ashoka Fellow[4], membre du plus grand réseau mondial d’entrepreneurs sociaux « à l’américaine » constitué par Ashoka, cinquième ONG la plus influente au monde en 2018 selon NGO Advisor. La même année il est lauréat du prix international des Emerging young leaders du Département d’Etat américain, choisi parmi 2 000 candidats de 16 à 24 ans repérés par des ambassades américaines dans le monde entier[5].

Sa formation post-universitaire traduit donc une grande cohérence et Samuel Grzybowski prend ainsi pied, par conviction et ambition, dans des réseaux d’influence pilotés par des entreprises philanthropiques anglo-saxonnes, essentiellement américaines, porteuses d’une même idéologie néo-libérale, communautariste et religieuse. C’est là que sa personnalité exaltée est cultivée, d’autant plus intéressante qu’elle est enchâssée dans un environnement interconvictionnel militant. C’est là qu’il est façonné, que sa pensée et son expression sont formatées. Qu’il ait été approché ou qu’il ait engagé la démarche de son propre chef, on peut parier qu’il a trouvé dans ces organismes les moyens d’épanouir sa vision multiculturaliste et confessionnelle de la société, de consolider les fondements théoriques de son action et d’exploiter pleinement les ressources de la communication et du marketing.

La nébuleuse Grzybowski

Ses entreprises, on les connaît. Plus ou moins… Il excelle en tant que bridge-builder interreligieux, oeuvrant pour le « plus grand bien » [the greater good][6].

Coexister[7], « mouvement de jeunesse interconvictionnel », voit le jour en 2009. Samuel Grzybowski le préside jusqu’en octobre 2015. Il entend proposer « une nouvelle façon d’appréhender la diversité de religions et de convictions ».  Coexister, dit-il, « permet à des jeunes de convictions différentes de dialoguer puis d’entreprendre ensemble des actions de solidarité. C’est la « coexistence active », dont ils deviennent de véritables ambassadeurs, notamment dans les écoles et les entreprises par des ateliers de sensibilisation. » Des ambassadeurs ? Plutôt des missionnaires. La profession de foi de Coexister, qui tourne comme une petite entreprise bien huilée et qui est une des gloires de l’entrepreneuriat social made in France, repose sur quatre piliers : « inclusion pour chacune et chacun » ;  « pluralité de ses identités » ; « expérience positive de la diversité » ; « liberté de convictions ». En dehors de France, l’association se structure en une Fédération Coexister Europe, que Samuel Grzybowski préside de 2015 à 2021 et qui s’appuie sur le réseau mondial de la United Religions Initiative. Coexister, bardé de prix et accumulant les partenariats et les soutiens, est un puissant réseau d’influence national et européen, qui a pour fondement la religion et travaille à un « profond changement systémique par le biais de l’action collective ». Nous nous pencherons plus longuement sur Coexister au chapitre 2.

Samuel Grzybowski ne s’arrête pas là. En 2015 il crée Convivencia, une « start-up de formation et de conseil pour aider les entreprises et les collectivités à valoriser la diversité religieuse et lutter contre les préjugés »[8], déclarée entreprise sociale et solidaire membre du Mouvement Coexister. Une autre petite entreprise qui ne connaît pas la crise, interconvictionnelle et multiculturaliste comme sa maison-mère et qui « poursuit la mission de Coexister dans le monde du travail ». Gestionnaire aguerri, Samuel Grzybowski a mis sur pied, selon ses termes, « un modèle économique et juridique hybride » pour articuler Coexister et Conviviencia Conseil. Cette dernière « appuie le développement de son chiffre d’affaires sur le savoir-faire développé par l’association Coexister, qui est aussi son actionnaire ». En d’autres termes, les profits dégagés par Convivencia[9] servent à financer l’activité de Coexister, ce qui lui permet par ailleurs de bénéficier d’une fiscalité avantageuse.

Le fonds de commerce de Conviviencia Conseil, c’est donc la « gestion de la diversité religieuse et l’application de la laïcité dans les organisations » avec pour motto « Plus une entreprise recrute des profils diversifiés, plus elle est rentable et innovante, en particulier sur les marchés très concurrentiels ». C’est McKinsey qui le dit dans son étude de 2015 Why diversity matters et Victor Grèzes, le président de Conviviencia Conseil, talentueux storyteller comme son mentor[10] en fait un de ses arguments principaux de vente auprès de managers tétanisés par les risques potentiels liés à la diversité : « discriminations, contentieux, problèmes de sécurité et d’organisation, inégalités dans les réponses managériales, bruit médiatique et mise à mal de l’image employeur ». Pour bien « vivre ensemble » la diversité dans l’entreprise, une solution selon Conviviencia : « prendre conscience que la religion est une invitée dans l’entreprise et qu’il est important de travailler avec elle »[11] et donc « promouvoir, dans le respect des différences, la tolérance à l’égard des croyances de chacun ». Les convictions religieuses doivent pouvoir s’exprimer librement au sein de l’entreprise. Et Conviviencia ajoute un argument massue pour les employeurs : « Si elle est bien prise en compte, la diversité religieuse peut devenir un atout : économique, innovation, QVT[12] et même RSE[13] ! ». Et la laïcité dans cet océan de diversité religieuse ? Gageons qu’elle très « positive », très « inclusive », très proche de la ligne Baubérot. On apprendra à connaître notre Grzybowski !

Conviviencia a conseillé en ce sens le groupe Total et a participé à la conception du Guide pratique sur la prise en compte du fait religieux dans le groupe Total[14], véritable « cours de religion » qui encadre la gestion du fait religieux dans l’entreprise, en France d’ailleurs (en 2021 34,7% de l’effectif, soit environ 35 000 personnes[15]) comme à l’étranger[16]. Parmi les conseils aux managers : ne pas restreindre le port de signes ou vêtements religieux ; envisager la mise à disposition de salles de prières ; au nom du « respect de l’autre », relativiser la portée de certains comportements, par exemple ceux des hommes à l’égard des femmes. Attribués à tort à la seule religion, ils seraient en fait « l’héritage de traditions ou religions anciennes. Dès lors, il est parfois difficile de distinguer clairement ce qui relève de l’observance religieuse de ce qui ressort des traditions héritées et transmises de génération en génération. » Comme c’est joliment dit ! Mais pas de surprise quand on fréquente Samuel Grzybowski et ses adeptes, l’essentiel est que, au sein des entreprises comme ailleurs, diversité rime avec expression libre de la religion, même s’il faut pour cela imposer aux femmes, au nom de la religion, des comportements masculins discriminants

Nous sommes très loin, avec Conviviencia, des orientations assumées par exemple par Paprec Group dont la diversité est extrême avec plus de 200 sites, 58 nationalités et aujourd’hui 10 000 employés et dont la Charte de la laïcité et de la diversité[17], approuvée en 2017 à l’unanimité des comités d’entreprise, est exemplaire.[18] Jointe au règlement intérieur, elle stipule que « la laïcité en entreprise implique que les collaborateurs ont un devoir de neutralité : ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l’exercice de leur travail » ou encore que « les règles de vie des différents espaces, précisées dans le règlement intérieur de chaque établissement, sont respectueuses de la laïcité. Ainsi, le port de signes ou tenues par lesquels les collaborateurs manifestent ostensiblement une appartenance religieuse n’est pas autorisé ». Assurément une autre façon de « vivre ensemble ».

Coexister et Conviviencia Conseil sont les étoiles les plus visibles de la nébuleuse Grzybowski. Mais une autre association,  Interfaith Tour[19], est également membre du Mouvement Coexister. Ce « mouvement » finit par ressembler à un trust spécialisé dans l’interreligieux qui, comme tous les trusts, possède des positions fortes, voire dominantes, sur plusieurs marchés proches. Interfaith Tour est un « programme de tour du monde des initiatives interreligieuses et interconvictionnelles » qui a été fondé en 2012 par Samuel Grzybowski et Christian de Boisredon, lui aussi Ashoka Fellow, ancien du cabinet de conseil Bearing Point, directeur de Sparknews[20], cabinet de conseil qui se donne pour mission « de faire émerger des récits qui donnent à voir un autre monde ». Un business d’entrepreneuriat « social », cousin de celui de Samuel Grzybowski, qui fabrique et vend cher du «  récit » aux « leaders du changement » et autres influenceurs (les vrais) en quête d’un nouveau discours sociétal.

La liste des partenaires de l’Interfaith Tour ne manque pas d’intérêt : parmi eux, Ashoka (surprise !), Faithbook, Religions for peace, United Religions Initiative (encore eux !), l’Ambassade des États-Unis[21]. Un groupement très In God we trust ! Et… le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ! Pourquoi ce voisinage avec des défenseurs de la foi ? Pourquoi ce soutien à des prêcheurs de la part de la République ?

On retrouve Samuel Grzybowki dans d’autres rassemblements spectaculaires.

En mai 2009, il organise avec quelques jeunes la première opération Ensemble à Sang%, journée de don du sang interreligieuse (!). L’opération sera renouvelée annuellement, mise en scène par Coexister. Qu’a bien pu penser Christiane Taubira de cette communion par le sang donné, elle qui, le 13 juillet 2020 dans une tribune parue dans Le Monde, regrettait qu’en Guyane « tout le sang vient d’ailleurs, avec son capital génétique » ? On retrouvera Christiane Taubira plus loin, en affaires avec Samuel Grzybowski dans La Primaire populaire.

En 2017, il s’embarque pour un tour de France de l’entreprenariat social avec Ticket for change, école de commerce « nouvelle génération » fondée par « quatre copains d’une école de commerce », dont Mathieu Dardaillon, Ashoka Fellow (!) et dont la philosophie est « Changer la vie pour changer celle des autres ». Signalons – et cela ne surprendra personne – que Ticket for Change était parrainé notamment par Pierre Rabhi, l’inventeur de la « sobriété heureuse » (Ashoka Fellow depuis 2009 !) mais aussi par Emmanuel Faber, chouchou des médias, PDG de Danone de 2017 à 2021 qui a donné à croire qu’il transformait son entreprise en feel good company, en gentille multinationale aux allures d’ONG, sans toutefois oublier d’en doper les bénéfices.

Dix ans plus tard, en février 2019 Samuel Grzybowski est une personnalité importante des rencontres Wise@Paris[22], placées « sous le Haut Patronage de Monsieur Emmanuel Macron » et dont le thème était Education futures : Fostering Learning Societies[23]. Wise, leWorld Innovation Summit of Education, a été créé en 2009 par la Qatar Foundation, qui récompense, elle aussi, chaque année des emerging leaders. Wise, comme d’autres, vise à transformer les systèmes d’éducation pour les « adapter aux défis du 21ème siècle » et à aligner les compétences scolaires sur les attentes des entreprises. Une des sessions de Wise@Paris est co-organisée avec Ashoka. Encore eux ! Pour « Préparer les individus et les sociétés à l’avenir du travail », on y fait intervenir plusieurs Ashoka Fellows : Samuel Grzybowski (Coexister), Matthieu Dardaillon (Ticket for Change) Emilie Schmitt (Activ’Action), qui annoncent tous vouloir « changer le monde » et invitent à « rejoindre le mouvement » !

Ce n’est pas fini, car Samuel Grzybowski aime être partout où la lumière est susceptible de l’éclairer. Il est, depuis 2019, ambassadeur du One Young World, The Global Forum for Young Leaders[24], fondé par Kate Robertson et David Jones, tous deux anciens de Havas et dont le travail a été reconnu par la Clinton Global Initiative[25]. One Young World promeut le Business for social Good to drive social impact et agit grâce au soutien de près de 200 « partenaires », des organisations à but non lucratif, des universités, mais surtout des leading businesses, à savoir des entreprises majeures du marché capitaliste multinational.

Il est aussi partie très prenante du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) qui fusionne en octobre 2020 avec le réseau Tech for Good France pour devenir IMPACT France, le « Medef green et social »[26], qui veut « donner plus d’ambition à l’écosystème de l’entrepreneuriat à impact »[27]. L’impact est décidemment le concept magique à la mode.  Le Mouvement Impact France (encore un « mouvement » !) a été fondé par Jean-Marc Borello, lui aussi Ashoka Fellow et par ailleurs élu en 2016 entrepreneur social de l’année par la Fondation de Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial.  Depuis 2020, Samuel Grzybowski en est le secrétaire national.

Plus en retrait des projecteurs, mais à peine, il dispense sa bonne parole dans d’autres enceintes : depuis 2016 à l’Institut catholique des Arts et Métiers (ICAM) où il enseigne la liberté religieuse (!) ; en 2018-2019 sur RCF, radio chrétienne francophone, où il est éditorialiste ; depuis 2019, à Sciences Po Paris où il enseigne l’économie sociale et solidaire.

A partir de 2021, il met un pied en politique, d’abord avec les Rencontres de justices, puis avec La Primaire populaire, une « élection primaire française initiée par des militants indépendants pour désigner un candidat commun de gauche à l’élection présidentielle de 2022 », dont il est le porte-parole et le directeur politique. Il semble alors faire un pas de côté par rapport à ses initiatives antérieures ; nous nous y intéresserons plus loin.

Le parcours de Samuel Grzybowski est assurément foisonnant et le jeune homme est vibrionnant. En dix ans, il a fait plus que d’autres en une vie entière.

On sait dorénavant à peu près qui il est. On sait aussi à peu près ce qu’il fait : il milite pour la religion, l’interconvictionnel et pour une nouvelle forme de capitalisme, un capitalisme d’engagement individuel et qui se veut « vertueux ». Autour de lui, on retrouve souvent les mêmes « militants » et il agit au sein de réseaux. Il affiche des ambitions claires et une volonté opérative : il veut exercer une influence déterminante sur les « décideurs publics pour contribuer à l’orientation des politiques publiques », sur les « médias pour promouvoir une vision positive de la diversité », sur « l’écosystème associatif et entrepreneurial pour changer les pratiques structurelles ».

On commence à avoir une idée des causes qu’il défend. Mais quels intérêts sert-il ? Samuel Grzybowski est du genre à nous faire croire que All we need is love and faith. Mais on aurait tort de lui faire confiance.Samuel Grzybowski est un missionnaire et, comme le montre l’Histoire, les missionnaires servent au moins deux causes : la religion et le changement civilisationnel. Derrière les causes, il y a toujours des intérêts, des intérêts souvent croisés. C’est le cas avec Samuel Grzybowski.

Dans l’épisode 2 « Missionnaire ad majorem dei gloriam », on suivra Samuel Grzybowski, homme de foi, dans son oeuvre de promotion de la religion à l’école, dans sa lutte contre la laïcité et l’universalisme et dans ses rapports douteux avec l’islam radical. Le tout pour « la plus grande gloire de Dieu » et avec la bénédiction de l’Observatoire de la laïcité et de quelques autres.


[1] http://adrfellowship.org/adrf-2013/

[2] Lauréat 2015 du grand projet présidentiel « La France s’engage ». Le prix est doté de 150 000 € de subventions sur trois ans. Le programme présidentiel est devenu une fondation en 2017.

[3] https://www.carenews.com/news/rencontre-exceptionnelle-entre-barack-obama-et-les-laureats-la-france-s-engage

[4] https://www.ashoka.org/fr-fr/pionnier/samuel-grzybowski

[5] https://fr.usembassy.gov/samuel-grzybowski-recipient-2016-emerging-young-leaders-award/

[6] Pour une information très complète et détaillée sur le parcours de Samuel Grzybowski jusqu’en 2015, il faut impérativement consulter l’article de Fiametta Venner, Coexister ou l’ambition zéro de la laïcité, paru dans ProChoix le 23 février 2016.

[7] Coexister est une association reconnue d’intérêt général depuis 201, et agréée « Entreprise solidaire d’utilité sociale » depuis 2014. Elle a été agréée « Jeunesse et éducation populaire » par le ministère de l’Éducation nationale en mars 2019, mais l’agrément n’a pas été renouvelé en novembre 2020.

[8] https://convivenciaconseil.fr/

[9] Conviviencia refuse de publier ses comptes. Une discrétion légale mais peu conforme aux usages de l’ESS. « Sur les conseils de notre expert-comptable et de notre conseil stratégique, nous avons décidé depuis 2016 de ne pas rendre nos comptes disponibles en libre accès sur Internet, tel que cela est permis par le droit, et notamment dans le cadre de notre stratégie de positionnement vis-à-vis de la concurrence », fait savoir Victor Grèzes. https://www.laicite-republique.org/revuedepresse-n-engage-pas-le-clr-coexister-une-association-dans-le-collimateur.html

[10] Parmi les clients de Conviviencia figurent des entreprises privées, des associations et même des institutions publiques. Le ministère de la Justice a acheté à Conviviencia des prestations de formation pour l’ENSAP et l’ENPJJ. Pourquoi ? file:///C:/Users/Aline%20Girard/Downloads/Compte-rendu-Commission-Versailles-2017.pdf  

[11][11] https://www.webnetters.org/pourquoi-samuel-grzybowski-a-cree-convivencia/

[12] Qualité de vie au travail

[13] Responsabilité sociale de l’entreprise

[14] https://sustainable-performance.totalenergies.com/sites/g/files/wompnd2346/f/atoms/files/guide_fait_religieux_version_francaise.pdf

[15] https://totalenergies.com/fr/actionnaires/publications-et-informations-reglementees/informations-reglementees/rapports-annuels

[16] On doit comprendre que Total se plie aux lois des pays dans lesquels l’entreprise est implantée. On pourrait comprendre en le regrettant que le groupe ne tente pas d’exporter le modèle français émancipateur dans les pays où il lui serait possible de le faire. Mais on ne peut admettre que les 35 000 employés français de Total, qui a son siège en France et dont 15% du capital sont détenus par l’Etat, soient soumis à des règles religieuses en contradiction avec l’esprit de nos institutions.

[17] https://www.paprec.com/wp-content/uploads/2020/11/charte_de_la_laicite_paprec.pdf

[18]https://www.lesechos.fr/2016/01/laicite-paprec-propose-un-modele-de-charte-193605  et https://www.ladepeche.fr/article/2017/03/15/2536060-laicite-paprec-conforte-dans-son-choix-de-charte.html

[19] https://www.interfaithtour.fr/

[20] https://www.sparknews.com/

[21] Le premier Interfaith Tour bénéficiait également du soutien de la Tony Blair Faith Fondation (TBFF).

[22] https://www.wise-qatar.org/paris-education-futures/

[23] « Les futurs de l’éducation : promouvoir des sociétés apprenantes »

[24] https://www.oneyoungworld.com/

[25] https://en.wikipedia.org/wiki/Clinton_Foundation. The stated mission is to « strengthen the capacity of people in the United States and throughout the world to meet the challenges of global interdependence.”

[26]https://start.lesechos.fr/societe/engagement-societal/quest-ce-que-le-mouvement-impact-france-ex-mouves-le-medef-green-et-social-pour-entrepreneurs-engages-1348088 et https://www.carenews.com/fr/news/le-mouves-devient-le-mouvement-impact-france

[27] « Entreprise à impact » est un terme émergent, reflet de l’inclination technocratique et médiatique pour un jargon vide de sens pour impressionner les foules. C’est une « société commerciale qui possède plusieurs objectifs sociaux et environnementaux » […] Bien que l’entreprise à impact soit parfois catégorisée comme une société qui « sacrifie » la performance en faveur de l’engagement positif, des exemples montrent que les deux objectifs sont visés. https://www.bpifrance.fr/nos-actualites/entreprise-a-impact-tout-savoir-sur-ce-terme-emergent