Le Cas Samuel Grzybowski – Episode 3

Portrait d’un young leader,
révélateur de l’offensive religieuse, communautariste et anti-républicaine

LES ENQUETES D’UNITE LAIQUE #1

Par ALINE GIRARD
Secrétaire générale d’Unité laïque
Juin 2022

Avertissement Copyright

Épisode 1                    Le façonnage d’un emerging young leader. La nébuleuse Grzybowski
Épisode 2                    Missionnaire ad majorem Dei gloriam
Épisode 3                    Ambassadeur du soft power américain
Épisode 4                    Les premiers pas en politique
Épisode 5                    La Primaire populaire
Épisode 6                    Samuel Grzybowski, un révélateur                

EPISODE 3 – Ambassadeur du soft power américain

Où l’on retrouve Samuel Grzybowski entouré de vertueux entrepreneurs sociaux à l’américaine soutenus par la fondation philanthropique Ashoka, qui sont les agents d’une nouvelle narration du monde où les valeurs chrétiennes de l’amour du prochain et de la sollicitude règnent en maîtres et sont les vecteurs d’un tournant néo-libéral radical et d’une nouvelle politique d’influence américaine.

Vision du monde empreinte de religiosité, « fraternité radicale » mais exclusivement interconvictionnelle, angélisme à l’égard de l’islam politique : ça, c’est pour le Samuel Grzybowski militant de la foi habité par son « lien à l’Homme de l’Evangile », dangereux agitateur aux lunettes roses, qui veut « tuer l’universalisme », cette « idéologie » et ce « système de pensée totalisant et dogmatique » [1].

Et le Samuel Grzybowski entrepreneur vertueux ? Son créneau, c’est le social business, l’entrepreneuriat social « à l’américaine », qui permet, pour reprendre ses termes[2], « d’utiliser la lucrativité incontournable du commerce au service des problèmes sociaux à résoudre ». Vertueux, semble-t-il.

Mais revenons brièvement sur le parcours de Samuel Grzybowski et sur celui de quelques-uns de ses proches amis. Quelle petite musique entend-on en fond sonore ? Young leaders, philanthropie, États-Unis, diversité, leaders du changement, interconfessionnel, bridge-builders, communautés, département d’Etat américain, minorités, storytelling, multiculturalisme.  Quel leitmotiv revient sans cesse ? Ashoka et ses fellows.

Par touches se dessine un tableau au réalisme cru où on distingue les signes et symboles d’une nouvelle politique d’influence américaine et d’un néo-capitalisme habile et efficace, qui modifie sa stratégie commerciale pour capter, en fabriquant un récit multiculturaliste, inclusif et moral, les nouveaux clients que sont les minorités et les jeunes. Pour cacher son appétit insatiable de gains, il s’est vêtu de nouveaux atours, à même de séduire les consommateurs multiculturels et « éthiques » en faisant « tomber les barrières entre social et business »[3].

Quel Brave new world[4] le soft power américain met-il en place depuis trente ans, en s’appuyant sur tous les Samuel Grzybowski ? Ainsi que l’analyse le politologue François-Bernard Huyghe[5],  « si les individus et leurs codes mentaux peuvent relayer l’influence d’un pays, les organisations –entreprises de communication ou groupes citoyens – le font avec professionnalisme. Il existe globalement trois méthodes principales : agir surtout en répandant des idées (le modèle des think tanks), adresser un message persuasif et défendre des intérêts auprès des dirigeants (c’est le travail des lobbies) ou à l’opinion en général (agences de relations publiques ou spin doctors). Enfin les ONG (organisations non gouvernementales) à but non lucratif (contrairement aux lobbies et agences), sont censées rassembler les bonnes volontés : elles agissent positivement pour avancer des causes et réaliser des actions concrètes ; elles peuvent aussi agir négativement en dénonçant et combattant des entreprises ou des gouvernements. Voire en soutenant des «révolutions de couleur ». C’est-à-dire une « stratégie du contenu et du vecteur ».

Par le biais de ces ONG, lobbies, think tanks et organisations philanthropiques (fondations, associations), dotées de financements privés considérables et spécialisées dans l’ingénierie socio-politique, les États-Unis installent un nouvel ordre du monde en répandant leur modèle de société, de manière douce, loin de la brutalité de la « stratégie du choc »[6]. Cette société qui devient planétaire, cet « État mondial » à la Aldous Huxley, est religieux, individualiste, communautaire, « bienveillant ». L’empathie et l’impératif d’entraide y sont présentés comme la baguette magique pour un avenir radieux[7]. L’œcuménisme new age à la Coexister est le volet religieux de la « gouvernance » globale qui accompagne la mondialisation. Le care et le social business en sont le volet social. Sur le modèle de la société américaine qui a une prédisposition culturelle à laisser les initiatives privées peser sur la décision politique dans le pays comme à l’étranger, l’individu qui entreprend et qui agit pour le plus grand bien de « sa » communauté est le paradigme de la vertu. Il est le moteur de cette nouvelle société de l’inclusion et du « soin mutuel », dont l’État volens nolens est de plus en plus absent[8].

Dans cette stratégie atlantico-mondialiste intéressons-nous au rôle d’Ashoka et de ses fellows (4 000 en 2020, le fellowship étant un statut à vie) qui règnent sur le social business dans 95 pays. Ashoka est une « organisation internationale, apolitique, non confessionnelle et sans but lucratif », fondée en 1980 par Bill Drayton. Réseau américain « d’ entrepreneuriat social », la déclinaison anglo-saxonne dévoyée de l’économie sociale et solidaire à l’européenne (coopératives, mutuelles), Ashoka patronne dans le monde entier des « entrepreneurs sociaux » qui interviennent là où l’État est défaillant ou supposé l’être, afin d’en faire des « acteurs de changement ». L’objectif réel est d’occuper des « niches sociales » dans les domaines de l’éducation, la formation, la santé, la lutte contre les discriminations, la défense de l’environnement, le développement durable, les Droits de l’homme, de diffuser une idéologie « progressiste » (libérale-libertaire à l’américaine), de soutenir des structures d’orientation communautaristes et de faire émerger des « leaders » qui approchent des cercles du pouvoir pour infléchir les politiques publiques. Pour Ashoka, Everyone [is] a changemaker[9]. Pour Grzybowski aussi, qui affirme avec une foi enthousiaste que les entrepreneurs sociaux peuvent « changer le monde » en apportant des « solutions » empreintes d’humanisme, d’altruisme, de bonheur ou même d’amour et en imaginant des « innovations sociales » à « impact » : lui et ses clones illustrent parfaitement le paradoxe décrit par le journaliste politique Anand Giridharadas : « Étrangement, une des raisons qui conduisent à accepter plus facilement le système est que quand vous l’acceptez, vous vous voyez plus souvent qualifié de personne qui « change les choses »[10].

Pour ancrer son action dans la durée, Ashoka pratique la venture philanthropy, c’est-à-dire qu’elle apporte pendant trois ans à ses fellows, « pionniers du progrès social », non seulement un soutien financier, mais aussi un soutien logistique et juridique, des formations et informations et l’accès à un vaste réseau de co-fellows.

Ashoka, acteur du soft power étatsunien, et notamment du courant démocrate (les liens avec l’entourage de Barack Obama et Hillary Clinton sont établis), est financée en totalité par des fonds privés, provenant principalement des banques et des grandes entreprises américaines et multinationales. Ce n’est pas la seule de ces organisations philanthropiques étatsuniennes qui bénéficient des largesses des grandes entreprises intéressées par le « business for social good ». Il en est de même du One Young World, The Global Forum for Young Leaders, dont Samuel Grzybowski est un des 13 700 ambassadeurs. Les deux organisations charitables ont d’ailleurs plusieurs sponsors en commun. Elles ont aussi à leurs côtés de puissantes sociétés de conseil, comme Deloitte et Mc Kinsey[11], dont l’étude Why diversity matters[12] de 2015 est, on le sait, la bible de Victor Grèzes, le président de Conviviencia Conseil[13]. Car, « outre le message et les médias, l’influence demande des relais et des codes. Il s’agit alors de favoriser les groupes et institutions qui à leur tour favoriseront vos valeurs et vos idées, de miser sur des gens, des normes ou des comportements servant a priori vos objectifs. Et si possible de formater les sources d’information prestigieuses et crédibles. D’imposer son logiciel en somme. »[14] En janvier 2020, étape importante dans la stratégie « douce » déployée par les États-Unis, Ashoka et McKinsey se sont rapprochés de Echoing Green, de la Schwab Foundation[15], de la Skoll Foundation et de Co-Impact pour fonder the« New Allies » sous l’œil bienveillant de la Commission européenne. Leur ambition est clairement affichée : il s’agit de renforcer leur influence sur les États et les gouvernements par le biais de l’entreprenariat social, le tout « pour le bien commun » et celui de l’économie néolibérale et d’inscrire leur action dans l’agenda du Forum économique mondial. [16]

L’idéologie philanthropique contribue à procurer un visage moral aux élites financières[17] tout en favorisant et préservant leurs intérêts, notamment celui de la captation de la croissance mondiale par les plus riches qui entretiennent dorénavant les clivages identitaires pour plus de profits[18]. Ces organisations philanthropiques ont d’ailleurs à leur tête des personnalités qui interrogent. Le cas de David Jones mérite le détour. Car si Samuel Grzybowski a « les deux pieds dans le bénitier », David Jones, co-président de One Young World, a lui les deux pieds dans le business, en dépit des apparences. Les apparences, c’est le David Jones philanthrope. La réalité, c’est le David Jones un temps PDG de Havas et Havas Worldwide, aujourd’hui à la tête de « The Brandtech Group»[19] , le « premier groupe de brandtech au monde » mariant technologie et branding et conseiller de nombreuses firmes at the cutting edge of today’s global economy. Car s’il est à l’origine de The Social Business Idea, il est aussi l’auteur de Who Cares Wins: Why Good Business Is Better Business[20]. Pour plus de profits, défendez des causes morales ! Adoptez avec enthousiasme la « diversité » et le climat, c’est bon pour les affaires  et le management ! Pour « recréer de la différence et donc de la préférence », n’hésitez pas à user et abuser du marketing « éthique »[21]. Conseiller de marques comme Nike ou Pepsi, il les a incitées à s’engager dans l’écologie et les causes humanitaires, les « vraies questions qui intéressent les consommateurs ». A ce titre, les campagnes marketing Nike Better World ou Pepsi Refresh Project sont incontestablement des exercices de style capitalistes de socialwashing et de greenwashing très réussis.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef depuis 2018, ne dit pas autre chose quand, à l’Université d’été 2021 du Medef (REF)[22], il annonce « l’indispensable virage écologique du capitalisme » et vient saluer l’engagement des entrepreneurs du Mouvement Impact France lors des #UEED2021.[23] Il est vrai qu’ils présentent le double atout de la présence sur le terrain et de la respectabilité morale, et donc se prêtent à de puissants effets de levier au service du capitalisme et de la préservation du système de profits. Le Medef serait-il pris lui aussi en flagrant délit de socialwashing et de greenwashing du capitalisme ?

Le social business est décidemment devenu très bankable et attire de plus en plus les investisseurs ![24] Et David Jones assure : « The most successful leaders and businesses in the future will be those who are the most socially responsible”. 

Les hommes d’affaires qui réussissent le mieux sont aussi ceux qui racontent les plus belles histoires ! Les entrepreneurs sociaux du réseau Ashoka ont appris à fabriquer du récit, à créer des univers narratifs, à inventer des fables magiques pour propager « un ensemble de croyances à même de susciter l’adhésion et d’orienter les flux d’émotions, bref à créer un mythe collectif contraignant » [25]. N’oublions pas que l’Ashoka Fellow Christian de Boisredon, ami de Samuel Grzybowski et initiateur avec lui de l’InterFaith Tour, vend du « récit »[26]  avec sa société Sparknews. Et exclusivement du récit : « Pour construire un monde meilleur, commençons par le raconter autrement ». Tous – organisations philanthropiques, fellows, entrepreneurs sociaux – « réenchantent le monde » [27] avec un discours très travaillé, stéréotypé, qui investit deux domaines : celui de l’écolo-business et celui de la vertu.

D’un côté, un écran de fumée aux formules ronflantes et amphigouriques qui constituent un jargon propre au secteur du social business version française : « Rassembler les entreprises sociales et écologiques, les réseaux d’entreprises et d’organisations engagées, les entreprises « en transition » ainsi que l’écosystème à impact (les financeurs à impact et les incubateurs ») ; « Internaliser l’impact global des produits par le prix » ; « Révéler son impact score » [28] ; « Incubateurs et accélérateurs à impact », etc. Rappelons-nous que la plupart des amis de Grzybowski sortent de la marmite des écoles de commerce où ils ont bu la potion du marketing en provenance directe des entreprises américaines !

De l’autre, un conte de fée pour enfants élevés dans la vision morale du monde et les enthousiasmes humanitaires  : « Changer le monde », « Construire la paix », « Faire de l’empathie une valeur au cœur de notre société », « Promouvoir l’authenticité, le courage et la solidarité », « Réapprendre à faire société en imaginant une éducation et une technologie au service de l’humain », « L’émotion au cœur de la transformation », « De nouvelles façons d’être et d’agir pour une transformation profonde de la société au service du vivant », etc. S’est donc constitué progressivement un système de discours, désormais intériorisé, propre à l’idéologie qui accompagne la mondialisation néo-libérale tendance vertueuse. Cette « nouvelle source de symbolisation dont les eaux ruissellent peu à peu dans l’ensemble de la société comme le faisait jadis la culture religieuse dans l’inconscient collectif […], façonne « une matrice narrative » […] et crée « un pli de l’imaginaire  »[29]. Il est l’expression d’une  « conscience morale plaintive » et d’un « impératif du bien », une « jactance de la belle âme » qui peut ainsi « entrer dans la communauté des âmes belles comme elle » pour reprendre l’expression sans concession d’Yves Michaud dans son ouvrage Contre la bienveillance[30].

Ne l’oublions pas, le langage, « à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques […] qui [sont] adoptées de façon mécanique et inconsciente », est un instrument de domination. Samuel Grzybowski et ses pairs le savent pertinemment : « La langue ne se contente pas […] de penser à ma place, elle dirige aussi mes sentiments, elle régit tout mon être moral d’autant plus naturellement que je m’en remets inconsciemment à elle »[31].

Les hommes d’affaires qui réussissent le mieux sont encore ceux qui accordent une place de choix à l’identité religieuse et au respect des religions. Les promotions de fellows, de young leaders, « d’ambassadeurs » issus d’Ashoka, des fondations Edmond de Rothschild, de Wise, de One Young World, celles qu’en leur temps Samuel Grzybowski et ses amis ont fréquentées, mais aussi de la Barack Obama Foundation, de la Clinton Global Initiative, etc. affichent leur fierté d’être interconfessionnelles à coup de femmes voilées, si possible belles, si possible jeunes. L’avenir appartient aux femmes qui portent le hijab ! Aujourd’hui ces jeunes leaders distingués par la philanthropie américaine représentent des dizaines de milliers de relais idéologiques, qui propagent une vision confessionnelle et une vision communautaire du monde. Ce sont bien des missionnaires au service de la religion et du changement civilisationnel. Ce n’est pas surprenant, car les États-Unis, où le président prête serment sur la Bible et termine son discours d’investiture par So help me God, soutiennent souvent hors de leurs frontières les partis à connotation religieuse, les initiatives religieuses, les pèlerins de la foi.

Leur idéologie fragilise en profondeur les fondements de notre République indivisible, laïque, démocratique et sociale. C’est un choc frontal.

La vision religieuse du monde de Samuel Grzybowski, on l’a vu, heurte de plein fouet la République laïque. Ce qu’il appelle « laïcité » pour créer la confusion ne vise que la cohabitation de communautés confessionnelles attentives, jurent-elles, à ne pas s’entretuer après avoir tiré les leçons de l’Histoire.

Sa vision néo-capitaliste, elle, met en danger la République indivisible et sociale.  Jean Moreau, CEO de Phenix et co-président avec Eva Sadoun d’Impact France, ex-Mouves, n’y va pas par quatre chemins : « On ne combat pas un modèle social, on le démode »[32]. Samuel Grzybowski et ses amis, cachés derrière un égalitarisme de façade, s’évertuent donc à « démoder », en termes plus clairs à « détruire » notre modèle social. Les cibles de leurs attaques sont les institutions et modes d’organisation qui sont le cœur de la République à la française, à savoir l’État social, qu’ils s’appliquent à délégitimer ; la cohésion citoyenne, qu’ils veulent faire éclater en « communautés » de nature et d’intérêt ; l’école, disjointe de toute référence aux savoirs, qui doit aligner les compétences scolaires sur les attentes des entreprises et s’ouvrir à l’influence des religions et croyances. Nous y reviendrons.

La Start up nation de 2017 requalifiée en Impact nation en 2022 pour séduire les entrepreneurs et les investisseurs menace-t-elle l’essence et l’intégrité de la République ? On peut le penser. Les entreprises « citoyennes », oxymore désormais convenu, ne sont-elles pas qu’une tartufferie néo-capitaliste ? On peut le penser aussi. Si la République ne veut pas périr, elle a tout à fait intérêt à s’intéresser à ces jeunes loups activistes qui travestissent le réel, à ces nouveaux idéologues formatés par un modèle néolibéral pseudo-social qu’ils relaient avec les armes redoutables de la technologie, accompagnés par un discours soi-disant égalitariste et écolo-moralisateur et appuyés par le puissant soutien des États-Unis.

Mais Samuel Grzybowski, pèlerin de la foi et porte-parole du capitalisme woke issu de la gauche américaine a décidé de ne pas s’arrêter là. En 2020, il investit le champ de la vraie politique.

Dans l’épisode 4 « Les premiers pas en politique»,  Samuel Grzybowski fera son entrée sur la scène politique, toujours entouré de ces amis fellows et young leaders. On le verra s’investir dans la « Rencontre des Justices ». Leur slogan : « Nous voulons respirer », avec un programme certes de gauche sociale, mais surtout truffé des positions extrémistes des « effaceurs »  et des « éveillés »  américains, biberonnés à l’intersectionnalité et à l’identitarisme communautaire.


[1] Twitter 13 juin 2020

[2] Fraternité radicale, p. 213.

[3]https://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/arnaud-mourot-co-directeur-ashoka-europe-faire-tomber-les-barrieres-entre-social-et-business_1664558.html

[4] Le Meilleur des mondes (Brave New World) est un roman d’anticipation dystopique d’Aldous Huxley, paru en 1932.

[5] https://www.geostrategia.fr/le-soft-power-americain-seduction-et-manipulation/      

[6] Naomi Klein, La Stratégie du choc, Paris, Actes Sud, 2008.

[7]https://www.challenges.fr/economie/positive-economy-forum/demain-l-empathie-sera-la-clef-de-l-avenir_64772

[8] Voir Aline Girard https://www.cairn.info/revue-humanisme-2021-1-page-36.htm et plus globalement le numéro Le care ou la confusion des sentiments de la revue Humanisme. https://www.cairn.info/revue-humanisme-2021-1.htm

[9] Le principal programme d’Ashoka s’intitule Everyone a changemaker.

[10] Anand Giridharadas, Winners Take All: The Elite Charade of Changing the World, New York, Penguin Random House, 2019.

[11] McKinsey & Company creates strategic missions and conducts evaluations of social impact studies for Ashoka and for Fellows around the world. McKinsey & Company also support Ashoka Fellows with personal consultations that will help launch and scale Fellows’ strategy and impact. L’étude From Small to Systemic, the multibillion-euro potential in social innovation (2019) a été réalisée par Ashoka Allemagne avec le soutien de McKinsey & Company. https://www.ashoka.org/fr-fr/files/2019ashokamckinseyfromsmalltosystemicpdf . L’Etude d’impact de l’entrepreneuriat social(2012) a été réalisée par Ashoka France avec le soutien de McKinsey & Company. file:///C:/Users/Aline%20Girard/Downloads/etude-ashoka-impact-entrepreneuriat_social-mckinsey-2011(1).pdf   

[12] https://www.mckinsey.com/business-functions/people-and-organizational-performance/our-insights/why-diversity-matters

[13] Le cabinet McKinsey a investi la France, comme le reste du monde. Le Sénat a missionné une commission d’enquête sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques. La commission a rendu ses conclusions le 17 mars 2022, après quatre mois de travaux. Elle met en évidence un recours « croissant » aux consultants privés et épingle une « influence avérée », à travers des interventions sur des « réformes majeures». Elle appelle à mettre fin à l’opacité et à durcir le cadre déontologique. https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/un-phenomene-tentaculaire-opaque-le-rapport-au-vitriol-du-senat-sur-le-recours. Ce compte-rendu éclaire sur les modes d’influence et d’ingérence des puissants cabinets de conseil américains. La presse d’information s’est fait largement l’écho de « l’affaire McKinsey ».

[14] https://www.geostrategia.fr/le-soft-power-americain-seduction-et-manipulation/   

[15] La Schwab Foundation for Social Entreneurship est une fondation créée en 1998 par Klaus Schwab, le Président du Forum économique mondial, et sa femme Hilde Schwab. Sur le site https://www.schwabfound.org/, il est indiqué: “In partnership with the World Economic Forum, the Schwab Foundation is a leading global platform that convenes a pioneering community of over 400 change-makers and seeks to advance the field of social innovation towards more systemic change.” C’est une sister organization of the World Economic Forum. Le WEF est le poste avancé du néo-libéralisme, propageant une idéologie qui considère dogmatiquement qu’un monde globalisé doit être gouverné par une coalition de sociétés multinationales, de gouvernements et d’organisations de la société civiles sélectionnées au lieu de structures démocratiques classiques.

[16] https://www.ashoka.org/en-gb/new-allies : « New allies : How governments can unlock the potential of social entrepreneurs for the common good».

[17] https://www.carenews.com/carenews-pro/news/google-son-entite-philanthropique-alloue-3-millions-pour-l-entrepreneuriat-social. « Ce soutien important de trois millions en France, alloué par le Fonds Social pour l’Innovation de Google.org, contribuera au financement de solutions à impact. Dans le détail, cette allocation permettra de soutenir les entrepreneurs sociaux dans leurs projets à hauteur de un million d’euros via INCO, et le déploiement d’un plan d’action en faveur d’un entrepreneuriat plus social et inclusif via l’association de soutien à l’entrepreneuriat à impact PULSE (Groupe  SOS) et le Mouvement Impact France  pour un montant de deux millions d’euros ». Une boucle loin d’être totalement « vertueuse ».

[18]https://www.ashoka.org/fr-fr/histoire/quelle-philanthropie-pour-financer-le-changement-syst%C3%A9mique. Rapport publié par Ashoka, Mc Kinsey, Fondation Klaus Schwab (WEF) et quelques autres.

[19] https://thebrandtechgroup.com/  , antérieurement le groupe You and Mr Jones

[20] David Jones, Cares Wins: Why Good Business Is Better Business, Pearson/FT Publishing, 2011.

[21] https://www.strategies.fr/blogs-opinions/idees-tribunes/4060155W/laissons-entrer-la-diversite.html

[22] https://www.medef.com/fr/la-ref/laref21-2021

[23] https://www.ueed2021.com/ et https://www.impactfrance.eco/nos-actus/ueed2021-le-mouvement-impact-france-a-lavant-garde-de-leconomie-de-demain

[24] https://start.lesechos.fr/societe/engagement-societal/tech-for-good-comment-limpact-est-devenu-bankable-1309976

[25] Voir Christian Salmon, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Paris, La Découverte, 2007.

[26] https://www.sparknews.com/fabrique-des-recits/

[27] Pour « ré-enchanter »le monde, encore faut-il qu’il ait été « dés-enchanté ». L’expression est une référence directe au constat du « désenchantement du monde » (Entzauberung der Welt), une notion forgée par le sociologue allemand Max Weber au début du XXe siècle dans son essai L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme de 1904. Marcel Gauchet publie en 1985 Le désenchantement du monde (Paris, Gallimard), où il étudie le processus de sécularisation à l’œuvre en Occident : les croyances privées personnelles subsistent, mais la religion ne structure plus la société, n’en est plus le principe d’organisation ou de légitimité.

[28] https://impactntechscore.impactscore.fr/

[29] Jean–Claude Guillebaud, La Force de conviction, Paris, Le Seuil, 2005.

[30] Yves Michaud, Contre la bienveillance, Paris, Stock, 2016, s’inspirant de Hegel (Phénoménologie de l’esprit, 1807). Citations pp. 131 et 134.

[31] Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIème Reich. Carnets d’un philologue. Paris, Albin Michel 1996.

[32] https://www.carenews.com/news/universites-d-ete-de-l-economie-de-demain-cap-sur-les-presidentielles