Unité Laïque
Samuel Paty : lettre ouverte des professeurs du Lycée Camille Claudel

A l’occasion de l’ouverture du procès en appel de M. Abdelhakim Sefrioui, les professeurs du lycée Camille Claudel s’insurgent contre les propos diffamatoires servant la défense de l’accusé, salissant une fois encore la mémoire du professeur estimé par ses pairs, Samuel Paty. Lettre Ouverte :

« Nous Professeurs du lycée Camille Claudel de Palaiseau souhaitons témoigner de notre choc et de notre indignation alors même que les voix peinent à se faire entendre.

Notre collègue Samuel Paty est mort décapité sous les mains d’un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 à Conflans Sainte-Honorine.

Victime aussi de la rumeur et de l’abandon. Seul.

Ce Lundi 26 janvier, jour de l’ouverture du procès en appel de M. Abdelhakim Sefrioui, son avocat Me Francis Vuillemin a déclaré que Samuel Paty « procédait à la discrimination des élèves musulmans ». Voilà l’infâme rumeur, celle qui salit, meurtrit et laisse des traces sur les plus innocents, relancée par l’avocat de celui-là même qui est accusé de l’avoir propagée.

Face à la rumeur désormais, il n’y aura plus ni abandon ni silence.

Ces propos ont été tenus hors de la salle d’audience, ils ne relèvent donc même pas d’une stratégie de défense aussi nauséabonde que désespérée. Ils sont l’expression la plus brutale et terrifiante de la calomnie et, au-delà, d’un combat politique qui ne recule devant rien. 

Ces mots visent à faire de notre collègue Samuel Paty le responsable de ce qui lui est arrivé, de l’ajouter à longue liste des « ils l’ont bien cherché », de le salir lui, ses élèves, ses proches, l’institution qu’il servait et la République qu’il honorait. Mais nous savons.  Le poison du mensonge a assassiné Samuel Paty, il ne doit pas aujourd’hui assassiner sa mémoire.                                                                                                                    

Les faits, le réel, ne se modèlent pas au gré des désirs ou des fantasmes. Le cours de M. Paty est une merveille d’équilibre et de justesse.  En présentant honnêtement à ses élèves la tension entre liberté de conscience et liberté d’expression, Samuel Paty montre la force de notre République qui parvient à nous rassembler, à respecter chacun d’entre nous et à dépasser nos oppositions. Il éclaire notre pratique du quotidien.  Plus que jamais, nous défendons la laïcité et la liberté d’expression mais en veillant chaque jour aussi aux élèves que nous devons accompagner avec confiance et sérénité pour les amener à devenir des citoyens éclairés. C’est cette prudence, cette délicatesse, que certains osent aujourd’hui nommer défiance, racisme ou haine des musulmans. A l’heure même où la France est violemment agitée par ces tourments, pointer les innocents nous trompe et nous désarme.

Mais cette attaque est aussi politique. Nous ne nous y trompons pas. Emportant Samuel Paty dans le flot de la calomnie c’est toute l’école républicaine qu’on voudrait emporter avec lui : son universalisme, sa volonté égalitaire et émancipatrice, son goût du débat, de la langue et de la subtilité. On veut nous faire craindre pour ne plus tout enseigner.

Nous professeurs réaffirmons que, passé le choc des mots qui déshonorent devant l’Histoire ceux qui les prononcent, nous reprenons le cours de Samuel Paty.

Samuel, cher collègue, tu es à nos côtés, dans nos salles de classe, ton portrait scotché ou punaisé sur des murs fatigués. Notre lycée a même choisi de baptiser son auditorium à ton nom. Il y a quelques jours on y jouait Le Professeur d’Emilie Frèche ; le professeur c’était toi. Puis quelques élèves ont lu des extraits du Cours de Monsieur Paty que nous devons à ta sœur Mickaëlle.

Nos élèves ont compris tes mots, ils étaient émus et résolus. 

Dans la beauté du verbe et de la vérité.

N’en déplaise aux fossoyeurs de la mémoire et de la liberté, la relève est assurée. »

Hommage à Charlie, Fronton – Le bilan

Pour célébrer les dix ans de l’attentat terroriste contre la rédaction de Charlie Hebdo qui a frappé au cœur de la liberté de la presse, la Médiathèque de Fronton, en partenariat avec l’association Unité Laïque a présenté du 12 au 22 novembre l’exposition « Hommage à Charlie. 52 dessins originaux de Charb. »

Le vernissage de l’exposition, organisé le 13 novembre, date anniversaire des attentats de Paris et Saint-Denis, en présence de Mme Marika Bret, ancienne DRH de Charlie Hebdo et présidente du Printemps Républicain, et de M. Jean-Pierre Sakoun, président de l’association Unité Laïque, a été suivi par la projection du film Dieu peut se défendre tout seul, d’Isabelle Cottenceau, au Cinéma de Fronton.

La municipalité tient à remercier tout particulièrement M. Jean-Marie Matisson pour son rôle décisif dans l’organisation de l’événement, ainsi que tous les bénévoles de l’association Unité Laïque.

UNE MÉMOIRE DE COMBAT
« C’est une exposition pour transmettre la mémoire de Charb dans une démarche mémorielle combative », affirmait Marika Bret, la DRH de Charlie Hebdo.

« Le travail de Charb et de ses collègues nous rappelle le rôle indispensable de l’humour, de la satire, et de la caricature dans une société libre. L’humour est une arme d’intelligence massive au service de la lucidité et de la tolérance. En pointant du doigt l’absurde, les extrémismes et les hypocrisies, le dessin satirique nous force à la réflexion, nous oblige à l’esprit critique et combat l’obscurantisme. », Hugo Cavagnac.

UN APPRENTISSAGE DE LA LIBERTÉ DE L’ESPRIT
Animée avec énergie par les bénévoles de l’association Unité Laïque, l’exposition consacrée aux 52 dessins de Charb a rencontré un vif succès, attirant un public nombreux. Les jeunes du CAJ, ainsi que les élèves du lycées de Fronton accompagnés de leurs enseignants ont également répondu présents confirmant ainsi encore une fois la justesse et la puissance du dessin de presse : une incitation à réfléchir et à débattre pour faire société.

DÉFENDRE LA LIBERTÉ AVEC LES ARMES DE LA LIBERTÉ
Projet au Cinéma de Fronton lors du vernissage de l’exposition Hommage à Charlie, le documentaire Dieu peut se défendre tout seul d’Isabelle Cottenceau plonge au cœur de l’histoire des attentats contre le journal satirique. Avec intensité et émotion, il retrace la genèse de la plaidoirie de Richard Malka, avocat de la partie civile lors du procès Charlie (2 septembre – 13 décembre 2020). Plus qu’un récit judiciaire, ce film est un véritable plaidoyer pour la liberté de conscience et la liberté d’expression, des droits fondamentaux garantis par la loi et protégés par l’État de droit.

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Burqini à Grenoble : une insulte aux Iraniennes – Le Point

TRIBUNE. Éric Piolle persiste à autoriser le burkini dans les piscines de Grenoble, bafouant délibérément les décisions du Tribunal Administratif et du Conseil d’État. Une stratégie électoraliste qui insulte la mémoire des Iraniennes mortes pour leur liberté. Par Jean-Pierre Sakoun.

« A six semaines des élections municipales, la mairie de Grenoble et son premier magistrat M. Éric Piolle, continuent de défier l’ordre public établi par la loi. Contrevenant à l’ordonnance du juge des référés du Tribunal Administratif en date du 25 mai 2022, ainsi qu’à l’ordonnance du Conseil d’État en date du 21 juin 2022 établissant une jurisprudence claire et ferme sur ce sujet, les élus de la majorité municipale s’accrochent à ce vêtement, symbole mondial de la soumission des femmes, au nom d’une défense des minorités qui dissimule difficilement une vision condescendante et rétrograde des rapports entre femmes et hommes. Et de l’égalité entre eux, condition incontournable de leur liberté.

Accrochés à ce bout de tissu comme des moules à leur rocher, ces élus offrent le spectacle étonnant d’une schizophrénie terrible : à l’heure où les Iraniennes et les Iraniens meurent par dizaines de milliers sous les coups impitoyables du régime obscurantiste des mollahs, à l’heure où les Iraniennes meurent d’oser défier le pouvoir religieux en piétinant avec un courage exemplaire le voile qui oppresse leur vie toute entière, M. Piolle, en toute obscénité, souhaite dévoyer ce mot de liberté dans un cocktail bien amer d’idées dénuées de courage et de lucidité.

Le Conseil d’État rappelle la loi, Éric Piolle persiste

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