Unité Laïque
Les élus de Grenoble Alpes Métropole dénoncent les propositions sexistes, patriarcales et inégalitaire d’Eric Piolle

Les efforts d’Unité Laïque portent leurs fruits ! Après notre lettre ouverte aux élus grenoblois, envoyée aussi aux élus métropolitains, départementaux et régionaux, ainsi qu’à près de 200 parlementaires, les conseillers de Grenoble Alpes Métropole et les maires de 38 communes de la communauté interpellent Eric Piolle sur ses agissements contre l’égalité entre les femmes et les hommes, contre la liberté des femmes et contre la République !

Télécharger la lettre des élus de Grenoble Alpes Métropole en PDF

Unité Laïque est en pointe dans le combat contre la régression de la liberté des femmes à Grenoble.
avec l’aimable soutien de Xavier Gorce
avec l’aimable soutien de Xavier Gorce

Les piscines grenobloises verront-elles la liberté et l’égalité des femmes se noyer sous la pression du patriarcat, du sexisme et de l’intégrisme obscurantiste ?

Unité laïque a adressé une lettre ouverte aux conseillers municipaux de Grenoble, aux conseillers départementaux de l’Isère, aux conseillers régionaux AURA et à près de 200 parlementaires.

Notre initiative a été rapidement relayée par la presse, dans l’hebdomadaire Franc-Tireur et dans La Dauphiné libéré.

Unité laïque organise une conférence de presse le vendredi 13 mai à Grenoble, qui  réunira

  • Djemila Benhabib, militante laïque, directrice du Centre d’Action Laïque de Bruxelles,
  • Naëm Bestandji, militant féministe et laïque, essayiste, parfait connaisseur de la situation grenobloise,
  • Michèle Vianès, présidente de l’ONG Regards de Femmes,
  • Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque.

Une invitée surprise, emblème du féminisme universaliste et du combat contre l’intégrisme islamiste sera parmi nous.

Pour en savoir plus :
jpsakoun-president@unitelaique.org

Les piscines grenobloises verront-elles l’égalité entre les femmes et les hommes et la liberté des femmes boire la tasse ?

Comme nous l’avons déjà dénoncé à plusieurs reprises, l’action opiniâtre du groupe intégriste radical « Alliance citoyenne », le si mal nommé, risque d’aboutir bientôt, avec le soutien actif du maire de Grenoble, dont on connaît depuis longtemps les positions antilaïques, antirépublicaines et furieusement concordataires.

Appel citoyen, républicain et laïque « Tous à poils dans les piscines de Grenoble » – Unité Laïque (unitelaique.org)

« Il y a sur notre territoire, un petit Pakistan situé dans cette bonne ville de Grenoble. » – Unité Laïque (unitelaique.org)

De quoi Eric Piolle est-il le nom ? – Unité Laïque (unitelaique.org)

Unité Laïque a décidé de prendre toute sa place dans le combat essentiel pour la liberté et l’égalité des femmes, qui se livre aujourd’hui à Grenoble mais qui, soyons-en sûrs, est observé dans tout le pays et même au-delà.

Voici un extrait de la lettre ouverte envoyée ce jour aux élus municipaux de Grenoble, avec copie aux élus de la métropole grenobloise, du conseil départemental, du conseil régional et à plusieurs centaines de parlementaires.

Le 3 mai 2022

Mesdames et Messieurs les élus de la ville de Grenoble,

Le combat du féminisme a marqué des générations politiques à Grenoble avec des personnalités emblématiques qui ont su œuvrer pour l’émancipation et la libération des femmes aussi bien dans la sphère privée que dans l’espace public. Aujourd’hui, le combat contre le patriarcat et le carcan qu’il impose aux femmes n’est pas achevé. Partout dans le monde, des femmes se battent, pour pouvoir étudier, travailler, vivre leur vie selon leurs désirs et échapper à l’invisibilité forcée et à la ségrégation qui leur sont imposées par les hommes. Cette invisibilité trouve toujours toutes les raisons de justifier l’injustifiable. La religion, la tradition, le poids de la culture, tout doit concourir à faire de la femme un objet qu’il faut cacher au désir prédateur de l’homme.

Vous allez dans les jours qui viennent devoir vous prononcer sur la modification du règlement des piscines municipales de la ville de Grenoble. Cette modification doit tout à la pression d’un groupe d’activistes dont le calendrier politique use et abuse d’éléments de langage qui n’ont qu’un objectif : cacher celui qui, inavouable, consiste à attaquer de front l’égalité entre les femme et les homme.

Tous les arguments seront utilisés pour faire passer la décision de l’entrée du burqini dans les piscines municipales, religieux, culturels,  et même la liberté de choix… mais personne ne parlera de la pression exercée par quelques femmes, militantes intégristes, complices d’un projet politique rétrograde pour faire peser une pression inadmissible sur l’ensemble de la société et sur les femmes en priorité, sans même parler des jeunes filles et des petites filles demain.

La question qui vous est posée n’a rien à voir avec la simple question d’un vêtement, ou celle de l’hygiène en piscine mais bien de savoir ce que nous voulons construire comme société et de quelle manière ? La question qui vous est posée concerne l’ensemble de nos concitoyens, l’ensemble des femmes de notre pays et non pas un groupe seulement. Ces attaques sont bien, avant tout, des attaques contre le féminisme, contre l’égalité des genres, contre la liberté des femmes de disposer en conscience de leur corps, contre la visibilité de ceux-ci.

  • Il n’y a pas de liberté ni d’égalité lorsqu’on évoque un vêtement imposé aux femmes et nullement aux hommes.
  • Il n’y a pas de liberté ni d’égalité quand ce même vêtement et ses dérivés seraient « obligatoires » ou perçus comme tels pour assumer une identité au détriment du genre et de l’égalité des sexes.
  • Il n’y a pas de liberté ni d’égalité quand on demande aux femmes de cacher tout ou partie de leur corps aux yeux des hommes, et nullement l’inverse à ces mêmes hommes.
  • Il n’y a pas de liberté ni d’égalité quand on explique que la façon de se vêtir relèverait de textes qui imposent des interdits aux femmes, et nullement aux hommes.
  • Il n’y a pas de liberté ni d’égalité quand partout dans le monde, ces stratégies sous-tendent la volonté d’imposer « l’invisibilité » de la femme et son renvoi dans la seule sphère privée, et nullement la même démarche aux hommes…

Le soir du conseil municipal du 16 mai, votre décision aura des échos bien au-delà du Conseil Municipal de Grenoble, dans votre communauté urbaine, votre département, votre région, en France et hors de France.

C’est pourquoi, en vous remerciant de nous avoir consacré le temps de la lecture de cette lettre, nous vous demandons de rejeter toute modification du règlement des piscines municipales de la ville de Grenoble, qui ouvrirait le chemin au combat antiféministe et serait dangereuse pour la société dans son ensemble.

Nous vous assurons de nos salutations citoyennes et confiantes dans votre choix à venir.

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Unité Laïque appelle à s’opposer activement à l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite.

Unité Laïque défend et promeut les principes et les idéaux d’émancipation, de laïcité, de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent la République.

À ce titre, Unité Laïque est opposée aux ferments de haine de l’autre, de peurs irraisonnées, de xénophobie et à l’autoritarisme que propage la candidate du RN. Ce sont les pires réponses aux problèmes réels qui se posent aujourd’hui à la France, en matière d’immigration, de séparatisme communautaire et de respect de nos idéaux. La reconstruction de notre vie quotidienne doit se faire sur les bases de l’universalisme, de l’égalité politique, économique, sociale et de l’émancipation des citoyens et des citoyennes.

C’est pourquoi Unité Laïque appelle à voter sans ambiguïté en faveur du candidat Emmanuel Macron le 24 avril prochain.

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La philippique sans concession de notre ami Cincinnatus, sur son blog CinciVox.

Une analyse accablante de la destruction de l’école de la République, dont la fonction était de répondre à ce premier devoir de la République, former des Républicains.

Comment on détruit un pays, un idéal. Comment on fait d’un peuple un troupeau.

L’effondrement de l’instruction

L’école. Encore l’école. Comme si je n’avais pas déjà tout dit à ce sujet [1]. Eh bien non. Parce que, pour un républicain, l’école sera toujours la matrice de toute réflexion politique.

Pour comprendre l’ampleur du désastre, il n’y a qu’à lire des copies de master en lettres ou en sciences humaines. Dans ces cursus, on pourrait imaginer que la maîtrise de la langue est un prérequis évident. Hélas !, même là, les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison et de syntaxe le disputent aux paralogismes et autres fautes logiques, à l’inanité des raisonnements et des argumentaires… et, peut-être le pire, à la pauvreté du vocabulaire [2]. Comment élaborer une pensée nuancée, complexe et structurée lorsqu’on ne possède ni les mots ni les formes de sa propre langue maternelle ?

Alors que, pour les générations précédentes, sans entraîner toujours un sentiment de honte, les imprécisions à l’écrit comme à l’oral suscitaient légitimement au moins une gêne sincère, la culture de l’avachissement va aujourd’hui jusqu’à encourager le relâchement et les fautes en les faisant passer pour de la « créativité ». À l’ère de l’individu-roi, du tout-à-l’ego et du culte du moi, toute forme de contrainte ou de norme est perçue comme tyrannique et attentatoire aux droits de l’homme. La désinvolture est devenue une revendication et la paresse intellectuelle une fierté. Dans ces conditions, la grammaire est nécessairement fasciste, la culture discriminatoire et l’instruction une oppression.

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MISE EN PLACE D’UNE CELLULE DE LUTTE CONTRE L’ISLAMISME RADICAL ET LE REPLI COMMUNAUTAIRE À COMPÉTENCE NATIONALE

Le gouvernement annonce le 10 mars 2022 la création d’une cellule de lutte contre l’islamisme radical et le repli communautaire à compétence nationale.

Ci-dessous le communiqué de presse publié par le gouvernement

Depuis l’automne 2019, les cellules de lutte contre l’islamisme radical et le repli communautaire (CLIR) se réunissent dans chaque département, sous l’égide des préfets, en vue d’appréhender et de traiter les phénomènes de séparatisme. Mobilisant l’ensemble des services de l’État en articulation avec le procureur de la République, les CLIR ont obtenu en peu de temps des résultats significatifs.

Grâce aux nouveaux moyens juridiques issus notamment de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel BLANQUER et le ministre de l’Intérieur, Gérald DARMANIN ont par ailleurs engagé sur l’ensemble du territoire national une action volontariste de prévention et répression des pratiques séparatistes au sein des établissements d’enseignement hors contrat.

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a offert à la puissance publique des moyens accrus lui permettant de poursuivre et d’amplifier cette politique de contrôle des structures porteuses de visées séparatistes. Dans la foulée, pour traiter les dossiers d’envergure nationale ou commune à plusieurs territoires, le Premier ministre, a institué par une circulaire du 14 janvier 2022, une CLIR à compétence nationale, réunissant les administrations centrales des ministères concernées, placée sous l’égide du ministre de l’intérieur et coordonnée par le secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.

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RAPPORT SUR LA PRÉVENTION ET LA LUTTE CONTRE LA RADICALISATION DES AGENTS EXERÇANT AU SEIN DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ

Patrick Pelloux, médecin urgentiste exerçant au SAMU de Paris, chroniqueur à Charlie Hebdo, qui arriva le premier sur les lieux du massacre de la rédaction de Charlie, ses amis, ses frères, s’est vu demander par le ministre de la Santé un RAPPORT SUR LA PRÉVENTION ET LA LUTTE CONTRE LA RADICALISATION DES AGENTS EXERÇANT AU SEIN DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ.

Après une année de travail acharné, rigoureux et d’une très grande qualité, il a remis ce rapport dont nous vous donnons l’exhaustivité en pdf ci-dessous.

Nous en extrayons pour lecture immédiate l’introduction, la conclusion et les dix-neuf mesures prônées par Patrick Pelloux, pour une médecine hospitalière laïque et universelle.

Nous remercions chaleureusement notre ami Patrick Pelloux de ce formidable travail qui donne le sentiment que la liberté, l’égalité et la fraternité, la laïcité et l’universalisme sont encore l’honneur de la République.

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Les Français et l’enseignement du fait religieux 

A propos d’une étude de l’Ifop habilement exploitée par les défenseurs de l’enseignement du fait religieux, par Aline Girard, Secrétaire générale d’Unité laïque.

A la demande de l’Institut des religions et de la laïcité (IREL), qui a succédé en 2021 à l’Institut européen en études des religions (IESR), l’Ifop a réalisé en octobre 2021 une étude sur « Les Français et l’enseignement du fait religieux  ».

Comme l’’interprétation des résultats de l’enquête par l’IREL n’a pas convaincu Unité laïque, Aline Girard, secrétaire générale d’Unité laïque et auteur de « Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ? » (Paris, Minerve, 2021), s’est livrée à une analyse détaillée des données de l’enquête. En effet, derrière les commentaires tous positifs et consensuels des résultats par l’IREL et par les promoteurs de l’enseignement du fait religieux, on peut mettre en évidence une autre réalité. L’enseignement du fait religieux est bien loin de donner les résultats escomptés. Ce semi-échec n’empêche pas l’IREL de continuer, sans faiblir, à légitimer cet enseignement sur la base de convictions idéologiques et de travailler à la confusion des esprits.

Pourquoi cette étude ? L’IREL/IESR, un des trois instituts de l’Ecole pratique des Hautes études, a été le fer de lance de la mise en œuvre de « L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque » à la suite du rapport Debray, avec pour mission d’organiser des stages de formation initiale et continue, notamment pour les personnels de l’Éducation nationale. Vingt ans après sa création, l’IREL/IESR a voulu dresser un bilan de cet enseignement et de son action sur la base d’une enquête commanditée à l’Ifop. Ce bilan a été rendu public le 15 novembre 2021 à l’occasion d’une conférence-débat, dont les intervenants étaient, à l’exception de Jérôme Fourquet de l’Ifop, des responsables ou ex-responsables de l’IREL.

Les résultats de cette étude méritaient d’être interprétés avec soin, commentés avec précision et mis en relation avec d’autres données également issues d’enquêtes, le tout avec un regard politique et sans le biais de confirmation privilégié par l’IREL. Une attention particulière a été accordée aux réponses des plus jeunes (18-24 ans). Le clivage générationnel constaté dans d’autres enquêtes s’est trouvé confirmé ici.

Accéder à l’intégralité de l’analyse d’Aline Girard sur Mezetulle, le blog-revue de Catherine Kintzler.

Pour compléter votre information et enrichir votre réflexion sur l’enseignement du fait religieux, n’hésitez pas à lire le texte de la conférence « Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique » qu’Aline Girard a donnée en novembre 2021 à Lille.

Menaces de mort contre Ophélie Meunier : l’appel de 160 personnalités pour la liberté d’informer
Menaces de mort contre Ophélie Meunier : l’appel de 160 personnalités pour la liberté d’informer

La tribune, cosignée par Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque.

FIGAROVOX/EXCLUSIF – Après le documentaire de M6 sur l’islam radical, la journaliste Ophélie Meunier a été placée sous protection policière, ainsi qu’Amine Elbahi, militant associatif de Roubaix. 160 personnalités, dont Boualem Sansal, Frédéric Beigbeder, Michel Onfray et Jeannette Bougrab, regrettent le manque de réaction de la profession.

21 janvier 1793. Il y a 229 ans, la mort du roi Louis XVI.



Le 21 janvier 1793, la République française mettait fin aux espoirs de l’Europe coalisée des empereurs et des rois de remettre le peuple sous le joug de la monarchie absolue de droit divin.

À la suite des évènements de la journée du 10 août 1792 et de l’attaque du palais des Tuileries par le peuple parisien, Louis XVI est déchu de ses fonctions et interné à la prison du Temple avec le reste de l’ancienne famille royale. Il perd son titre de roi des Français le 21 septembre 1792 à la suite de l’abolition de la royauté, avènement de la République.

Accusé de haute trahison, Louis XVI est condamné à mort à l’issue d’un procès devant la Convention nationale. Le roi Louis XVI et avec lui, symboliquement, la royauté, furent donc décapités. La face du monde en était changée, dans le pays alors le plus puissant et l’un des plus peuplés de la Terre.

De cela soyons reconnaissants à nos pères et continuons à porter haut les idéaux de liberté et d’émancipation qui nous animent en nous souvenant du courage qu’il leur fallut pour renverser l’ordre du monde et pour défier les tyrans.

Aujourd’hui, la question n’est plus de décapiter le roi et la royauté mais de combattre toutes les menées obscurantistes et rétrogrades que sont le communautarisme, l’intégrisme islamiste, l’indigénisme, le décolonialisme, et le néolibéralisme, ce courant destructeur pour notre horizon de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. 

Le 21 janvier 1793, la mort de Louis XVI – Unité Laïque (unitelaique.org)

Les conférences du colloque : « Que reconstruire après la déconstruction » ?

Les 7 et 8 janvier, s’est tenue un important colloque organisé par le Collège International de Philosophie et l’Observatoire du Décolonialisme et soutenu par le Comité Laïcité République. Il sera une borne miliaire dans le combat pour la liberté de conscience et pour les libertés académiques. Ce combat est mené par des universitaires de plus en plus nombreux contre les dérives militantes extrémistes qui se sont emparées de l’enseignement supérieur. Citons l’islamogauchisme, le wokisme, le décolonialisme, l’indigénisme et toutes ces « studies » nombrilistes et minoritaires qui détruisent la rigueur scientifique, les sciences humaines et sociales, et s’attaquent désormais aux sciences exactes et appliquées.

Ceux qui ont assisté en direct à ce colloque ont pu entendre des communications passionnantes mais qui donnaient froid dans le dos. Une soixantaine de professeurs et de chercheurs hautement qualifiés et reconnus ont dressé le tableau d’une sorte de révolution culturelle à la chinoise, fomentée avec l’aide des réseaux sociaux et des autorités universitaires caractérisées par leur lâcheté et leur opportunisme, voire leur soumission, et qui atteint tous les domaines du savoir. Tous les thèmes chers à la cancel culture ont été abordés : écriture inclusive, voile islamiste, épuration de la musique, de la danse, de la peinture, de la poésie du XVIe siècle !! Volonté d’interdire les conférences, les représentations théâtrales, les articles, les enseignements considérés comme racistes, patriarcaux, islamophobes… Une sorte de visite guidée dans les tréfonds de la sottise et du dogmatisme obtus.

Et pendant qu’au dehors, devant l’entrée, quelques défenseurs du Bien brandissaient des pancartes dénonçant l’entrée du fascisme à la Sorbonne ou la banalisation de l’islamophobie, les assistants au colloque (plus de 1000 inscrits), en présence ou par zoom, ont été frappés par la haute tenue des propos. De l’humour, de l’amour pour des disciplines menacées, du désespoir parfois, mais pas un seul mot de politique politicienne, pas un seul de ces dérapages racistes, islamophobes, misogynes que les opposants au colloque avaient tenté de dénoncer avant même l’ouverture. Pendant le colloque même, ils brillaient par leur absence. N’ont-ils pas eu le temps de rassembler leurs troupes ? Ont-ils sous-estimé le pouvoir de rassemblement de la philosophie ? ou, simplement, à part vociférer, interdire, censurer, sont-ils incapables d’argumenter ?

Sur la bande de dialogue, pendant les intervention, les inévitables trolls, toujours sous pseudonyme, mettaient en doute la scientificité des propos tenus par des personnalités comme Dominique Schnapper, ou Nathalie Heinich, tant il est vrai que le meilleur masque de l‘idéologie est la science.

Les conférences du colloque : « Que reconstruire après la déconstruction » ?

Citons le remarquable éditorial de Valérie Toranian dans « La Revue des deux-mondes » qui analyse parfaitement les enjeux et la situation.

Résister à la folie woke – Revue Des Deux Mondes

Le Chevalier de La Barre et Unité Laïque

une action commune renforcée pour la liberté de conscience et l’émancipation

Paris le 22 décembre 2021

Daniel Bénichou, président de l’association « Le Chevalier de La Barre » annonce l’élection de Jean-Pierre Sakoun à son Bureau, pour prendre les fonctions de président exécutif.

Lors de son Assemblée générale tenue ce jour, « Le Chevalier de La Barre » a confirmé sa volonté d’action marquée par l’entrée de Jean-Pierre Sakoun à son Bureau. Lors de la même Assemblée générale, ont été élus un nouveau secrétaire général en la personne de Thomas Schmittel, le trésorier Jean-Pierre Bouchard et le trésorier-adjoint Roland Ringa. Ils constituent, avec le président, le Bureau du « Chevalier de La Barre.

Jean-Pierre Sakoun est par ailleurs président de l’association Unité Laïque ; Thomas Schmittel membre du CA de cette même association.

« Le Chevalier de La Barre » et « Unité Laïque » sont convenus d’un rapprochement de leurs forces, qui se traduit dès à présent par les mesures et engagements suivants :

  • Les manifestations publiques organisées par l’une ou l’autre association seront désormais signalées par le pictogramme « Laïcité Social Club », appartenant à l’Association « Le Chevalier de La Barre ».
  • Le site web de l’association « Le Chevalier de La Barre » sera très prochainement rénové et hébergé sur le site d’Unité Laïque, en conservant l’URL d’accès « laicite1905.org » de l’association « Le Chevalier de la Barre »

Daniel Bénichou, président du Le Chevalier de La Barre, et Jean-Pierre Sakoun, président exécutif du Chevalier de La Barre et président d’Unité Laïque, se réjouissent de cette coopération renforcée entre les deux associations et comptent sur la dynamique ainsi enclenchée pour accroître la visibilité et l’influence de leur action.

Ils agiront, avec les CA de leurs associations, pour que d’autres entités militantes laïques les rejoignent à l’avenir.

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« Il y a sur notre territoire, un petit Pakistan situé dans cette bonne ville de Grenoble. »

Avec l’aimable autorisation de Richard Malka

En contemplant, incrédule, l’IEP de Grenoble, cette somme de petites et grandes lâchetés, de positions qui se veulent morales mais ne sont que moralisme veule, on comprend soudain avec une grande acuité le processus que décrit David Di Nota dans son livre, qui a mené Samuel Paty à la mort, dans l’indifférence ou pire la réprobation.
Et celui-là, comble d’ironie, partage à une lettre près le patronyme de la plus grande philosophe de la laïcité et on peut l’appeler Monsieur K...

« Je suis en vacances. Après quelques mois éreintants à défendre, autant que je le pouvais, le droit d’emmerder Dieu, j’ai décidé d’offrir à mes neurones une cure de désintoxication. Oubliée la liberté d’expression, plus rien à faire du blasphème, du Wokisme ; laissez-moi tranquille avec l’islamo-gauchisme… Je veux lire ma pile de livres en retard, regarder la mer, marcher, la tête vide, sur des sentiers douaniers, me plaindre de mes courbatures en m’en délectant, avoir pour seule préoccupation la raréfaction des nouvelles séries de qualité sur Netflix.

Mais patatras, j’ai commis l’erreur de lire la presse ce matin. J’essaie d’oublier ce que j’ai lu, d’enfouir mon cerveau sous ma couette comme si cela pouvait l’anesthésier, de laisser à d’autres le soin de réagir mais je sens bien que c’est foutu ; ça bouillonne dans mon ventre.

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9 décembre 2021 – Une renaissance française

Unité Laïque célèbre avec espoir et confiance le 116e anniversaire de l’une des plus grandes lois jamais votées dans notre pays, qui a modelé la France pour le meilleur.


Le 9 Décembre 1905, après cent-dix années d’interruption et trente-cinq d’un travail acharné des Républicains, la France rejetait le joug clérical, accomplissant ainsi le programme que Gambetta avait fougueusement énoncé, déclarant à la Chambre des députés : « le cléricalisme, voilà l’ennemi ».


Il ne s’agissait pas plus pour lui que pour ses successeurs qui votèrent la loi de Séparation des Églises et de l’État, de traquer la foi, de sonder les reins et les cœurs et d’interdire aux croyants de s’entourer des secours de la religion. Il s’agissait bien au contraire de donner à chaque citoyen les moyens de sa liberté de conscience. Il s’agissait de libérer les esprits et les corps de l’emprise totale des clergés et des cléricatures sur la vie des hommes et des femmes de notre pays.

Quarante ans plus tard, en retrouvant la liberté après quatre ans de nuit nazie et de compromission pétainiste, les Français réaffirmèrent leur confiance dans la République. Ils abreuvèrent leur soif inextinguible d’émancipation en inscrivant la laïcité à l’article 1er de la Constitution.

En 2021, à l’aube d’une campagne présidentielle qui doit décider de l’avenir politique de la France, à un moment de grand trouble et de conscience partagée du déclassement de notre grande nation, il est temps de réaffirmer la puissance libératrice de la laïcité, qui nous protège tous de la police des âmes et des mœurs. Cette police que la « liberté religieuse » exerce sur les êtres humains en liquidant la liberté de conscience. Et ce bouclier abrite aussi ceux qui ne comprennent plus son efficacité.

Certains voudraient nous convaincre que la France est autre chose que la République et la souveraineté du peuple uni. Ils sont prêts pour cela à convoquer la culpabilité du capitaine Dreyfus et l’innocence de Philippe Pétain. À ceux-là comme à ceux qui seraient tentés de les écouter, nous dédions aujourd’hui cette modeste plaque commémorative qui en trente-six mots, remet au centre du village la belle figure de Marianne libérée, de Marianne émancipée.

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Charb à Sciences-Po Paris : message d’espoir pour la liberté d’expression

Philippe Foussier, vice-président d’Unité Laïque, a assisté à la représentation de la Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, du regretté Charb, donnée à Sciences Po Paris le 1er décembre. Il nous en donne ici le compte rendu

Tiré du dernier livre de Charb, le spectacle-lecture de sa Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes a été donné à Sciences-Po Paris le 1er décembre.

Un message d’espoir. C’est ainsi que Marika Bret, DRH de Charlie-Hebdo, a résumé la séquence qui a réuni plus de 150 étudiants de Sciences-Po Paris pour assister au spectacle de Charb. « Depuis cinq ans, on essaie de faire entrer les mots de Charb à l’université », développe Marika Bret. En effet, les pressions pour empêcher cette représentation ont été légion ces dernières années. La dernière réussie remonte à 2018.

Si l’initiative a été prise par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) de Sciences-Po, elle a été soutenue par quasiment tous les courants du syndicalisme étudiant, de l’UNEF à l’UNI en passant par le PS, EELV, SOS Racisme, LR, La REM ou la section locale du Printemps républicain. Une unité saluée par Jérôme Guedj, secrétaire national du PS à la laïcité, présent à cette soirée. C’est en effet peut-être l’événement le plus marquant de cette représentation, tant certains de ces mouvements ont pu par le passé se joindre aux censeurs dans d’autres universités.

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Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ?

Conférence

par Aline Girard

Secrétaire générale d’Unité laïque

24 novembre 2021 à l’invitation de l’association Laïcité et féminisme Accueil | association-lef (wixsite.com)

L’enseignement du « fait religieux »[i] est un sujet complexe, sur lequel on a souvent tendance à prendre position sur la base de convictions personnelles difficiles à objectiver. Dans mon livre Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ? [ii], j’invite les lecteurs à aller « de l’autre côté du miroir » et au-delà des évidences et du consensus.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je précise quelques points essentiels :

  • Le point le plus important : Les programmes scolaires intègrent depuis toujours l’enseignement des religions en tant que « faits de civilisation » (R. Debray)[iii]. Les professeurs de littérature, d’histoire, de philosophie ont toujours convoqué l’histoire des religions, comme référence ou objet d’étude littéraire, historique, sociologique, philosophique ou comme source d’inspiration artistique. La laïcité scolaire n’a jamais interdit d’avoir accès à la culture religieuse, mais je le répète, en tant qu’elle est un fait historico-culturel.

« Vouloir introduire un enseignement qui existe déjà, c’est bizarre… C’est donc autre chose […] qu’il est question d’introduire pour donner un sens différent aux objets abordés ». (C.Kintzler).

  • Autre chose en effet. Nous sommes en présence d’un événement pédagogique tout à fait mineur, mais face à un événement idéologique majeur. L’introduction de l’enseignement du fait religieux n’est pas une question scolaire, mais une question politique.
  • Des influences multiples et puissantes ont été et sont toujours à l’œuvre : un renouveau du cléricalisme et l’influence déterminante de l’Union européenne.

J’insiste : mon point de vue ne consiste aucunement à mettre fin aux références aux religions dans les programmes scolaires, en tant qu’elles sont des références historiques et culturelles.

Je précise que le mot « cléricalisme » signifie un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et des clergés dans la vie publique et politique. Il s’applique donc à toutes les religions.

Je me permets de vous demander de vous souvenir, tout au long de mon exposé, que ce dont je parle ne concerne pas la pédagogie ou le bien-fondé de l’enseignement de l’influence des religions sur les sociétés depuis la nuit des temps. Je parlerai ici de la matrice idéologique et politique qui a fait naître la notion d’enseignement du fait religieux et a permis que l’EFR contribue de manière décisive à la « cléricalisation » des esprits, en particulier ceux des élèves des collèges et lycées et des enseignants.

Ma présentation sera organisée autour de 5 questions.

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Remise des prix de la laïcité du CLR
Les lauréats et le président du jury, Gérald Bronner

Le 10 novembre 2021, étaient remis à l’Hôtel de Ville de Paris les Marianne de la laïcité du Comité Laïcité République, en présence de Mme Hidalgo, Maire de Paris, de M. Valls, ancien Premier ministre, de Mme Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté et de MM Henry et Lengagne, anciens ministres.

Cette cérémonie voyait récompensés les lauréats de 2020 et de 2021, ceux de l’année dernière n’ayant pu alors recevoir leurs prix, pour cause de pandémie.

Deux hommages émouvants étaient rendus à Charb, président du jury 2012, et à Samuel Paty.






La liste des récipiendaire était magnifique, enthousiasmante et prestigieuse, et la qualité de leurs discours exceptionnelle.

2020
Prix spécial : Laurent Bouvet
Prix national : Richard Malka
Prix international : Kamel Daoud
Prix Sciences et Laïcité : Yves Bréchet
Mention au prix national : Rachida Hamdan
Mention au prix international : Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir

2021
Prix national : Rachel Khan
Prix international : Leïla Mustapha

Vous retrouverez la totalité de l’événement en suivant ce lien : Comité Laïcité République (laicite-republique.org)

Unité Laïque félicite les lauréats, le président du jury Gérald Bronner et le Comité Laïcité République pour la qualité de cette cérémonie devenue désormais le rendez-vous annuel de tous les laïques. Pour illustrer la ferveur qui les unissait hier, voici ci-dessous l’intégralité du discours inspirant et roboratif de Richard Malka, prix national 2020.


Discours de Richard Malka

« Il y a un an, j’avais préparé un discours, c’est bien dommage qu’il ne soit plus d’actualité parce que franchement il était magnifique…

J’aurais voulu vous raconter pourquoi j’étais tant attaché à cette laïcité. Je vous aurais parlé de mes parents, mes parents venus du Maroc avec une religion, une culture qui n’était pas celle de leur pays d’accueil. Et pourtant, c’est mon frère qui me l’a rapporté, à chaque 14 juillet mes parents se levaient à l’aube pour regarder sur leur télé noir et blanc le défilé militaire et cette grande fête du 14 juillet qui pour eux était une fête merveilleuse.

Le rêve de mon père, dans son petit atelier du boulevard Montmartre, où il passait beaucoup d’heures sur sa machine à coudre, était que l’un de ses fils soit polytechnicien. Ça, ça a raté mais plus classiquement, ils sont devenus médecin, ingénieur, avocat. À cette époque-là, la méritocratie était une garantie de justice et d’égalité et n’était pas encore devenue un gros mot synonyme de racisme systémique pour les beaux esprits qui dirigent une école de la rue Saint-Guillaume.

J’aurais aimé que mon père soit là aujourd’hui, il aurait été si heureux du chemin parcouru depuis le melah, quartier réservé aux juifs à Meknès, jusqu’à cette Maison commune de la Ville-Lumière et je remercie Mme le Maire de nous y accueillir.

Mes parents s’inscrivaient sans le savoir dans la continuité de ces Juifs ashkénazes d’avant-guerre qui avaient choisi la France sans rien connaître de ce pays, parce qu’ils avaient dans l’idée que c’était la patrie de Victor Hugo, Victor Hiougo comme ils disaient avec leur accent et que c’était surtout la patrie de l’égalité des droits et que c’était en plus la patrie qui avait été capable de désavouer sa propre armée au bénéfice d’un capitaine juif et de lui décerner la Légion d’Honneur parce que oui, il est innocent et c’est un révisionnisme indigne que de prétendre le contraire aujourd’hui.

Je vous aurais dit que la France c’était la République laïque. Je vous aurais dit que jamais à l’école publique je ne me suis senti rejeté ou différencié, que mes identités multiples, Français, Juif, Arabe à bien des égards, ont pu se concilier harmonieusement grâce à cette laïcité. Et qu’ainsi j’ai pu découvrir d’autres familles dont la vôtre, celle des libres penseurs.

Quand on est serein avec sa différence, on n’a pas besoin d’en faire un étendard et cela permet d’aller vers l’autre plutôt que de se replier sur ses origines ou sur sa religion, quelle qu’elle soit. C’est rare et c’est précieux, alors, au travers des combats qui me valent ce prix aujourd’hui, je crois que je cherche à remercier cette République et à faire en sorte que peut-être, les générations d’aujourd’hui et celles de demain bénéficient de cette même chance, même si je sais que malheureusement, ce n’est plus le cas parce que c’est l’époque des replis identitaires et si nous y résistons plus que d’autres pays, nous ne parvenons plus à fabriquer de l’universalisme.

Nous n’y parvenons plus pour bien des raisons mais surtout parce que nous avons cessé d’en être fiers et que nous n’osons plus transmettre cette transcendance qui est la nôtre, parce que oui, un pays a besoin d’une transcendance. Mais il y a un temps pour tout…

J’avais prévu de vous livrer un fragment d’histoire de la laïcité mais vous en serez privés aussi parce que ce n’est plus le temps de l’Histoire.

J’aurais pu vous dire que la laïcité est la fille aînée des Lumières mais il n’est plus davantage le temps de philosopher.

Aujourd’hui, c’est le temps de l’action, de l’engagement, du combat, du réveil pour être fidèle à ce que nous incarnons aux yeux du monde et pour lui offrir un autre modèle que le communautarisme anglo-saxon qui a accouché d’un enfant monstrueux qui s’appelle le wokisme qui est la séparation de tous d’avec tous, ce qui conduira à la méfiance de tous à l’égard de tous puis à l’hostilité puis au conflit de tous contre tous.

Votre prix m’aidera, il m’honore, il me touche au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Mais ce n’est plus le temps des récompenses.

Vous êtes les protecteurs de l’universalisme, torturé, étreint depuis des décennies par nombre d’enfants gâtés de ce pays, aux titres plus ronflants les uns que les autres, qu’ils soient sociologues du CNRS ou membres du Collège de France .

La laïcité qui est bien plus qu’une idée, c’est un rêve de paix, de coexistence heureuse dans un monde rongé d’un côté par l’Islam qui se radicalise et dont les principales victimes, il faut le rappeler, sont les musulmans et les musulmanes qui veulent vivre libres et de l’autre par une idéologie obscurantiste qui transforme des bibliothèques en bûchers, retire des œuvres des musées et fait des universités des gigantesques terrains de chasse aux sorcières, excluant toute contradiction.

Vous êtes ceux grâce à qui la religion restera une affaire privée, éminemment respectable mais à partir du moment où elle reste privée et où elle n’ampute pas notre créativité, où elle n’écrase pas notre vie, où elle n’enchaîne pas notre liberté.

Vous êtes ceux pour qui ce qui est insupportable et offensant, ce n’est pas de critiquer les religions mais c’est le fait qu’une adolescente de seize ans soit obligée de vivre comme Salman Rushdie dans son pays, après cent mille menaces de mort et en étant sans cesse suivie par des policiers.

Vous êtes ceux qui n’accepteront jamais qu’une ancienne candidate à la Présidence de la République, de gauche, accable cette jeune fille. Et que des universitaires se répandent sur tous les plateaux de télé en vous expliquant qu’il faudrait renoncer au droit de critiquer les religions parce que cela froisse les croyants.

Vous êtes ceux qui n’accepteront pas le retour d’une idéologie moyenâgeuse et qui ne trouveront jamais d’excuse à ceux qui tuent.

Vous êtes ceux qui ne supporteront jamais non plus le fatalisme dans nos écoles et dans nos collèges, accompagnés et encouragés parfois par une partie de la hiérarchie de l’Éducation nationale, par des Fédérations de parents d’élèves et par certains syndicats.

Nous ne renoncerons jamais à enseigner la liberté d’expression parce que nous ne sommes pas la Ligue des Droits de l’Homme qui n’a plus de droits de l’Homme que le nom !

Nous sommes ceux qui n’accepteront pas de quelconques accommodements parce que pour reprendre une formule de mon ami Philippe Val, « La laïcité est ou n’est pas ! ». Vouloir l’accommoder c’est vouloir améliorer la coque d’un bateau en y perçant un trou. Et les premiers naufragés seront les femmes, les homosexuels et tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases islamo-salafistes. Et des trous on en a déjà percé beaucoup, beaucoup, dans le monde éducatif, sportif, associatif, dans des entreprises, dans tellement de territoires perdus.

Vous êtes ceux qui auront le courage et la force morale de refuser tout autant les discours d’exclusion, de haine et il y en a. Mais aussi l’idéologie victimaire parce que ces deux idéologies sont des poisons qui disloquent tout et ne créent que de la haine et de la violence.

Vous êtes ceux qui ont le devoir de réinventer la Gauche en lui interdisant de rester silencieuse sur ces questions. Le peuple de gauche n’attend que cela et depuis trop longtemps.

Il fut un temps où c’était un programme de gauche avant qu’une partie d’entre elles ne soit occupée à dresser des listes de mal pensants dans leur propre camp et à justifier le communautarisme.

Les coups ont été rudes depuis vingt ans. Nous avons été islamophobes, extrémistes,  uniquement parce que nous n’acceptons pas d’être privés du plaisir de rire des caricatures, que nous souhaitons qu’une crèche puisse toujours faire le choix de la neutralité religieuse et que nous ne voulons considérer ni les couleurs, ni les religions, ni les origines.

Vous vous savez que nous n’inventons pas les dangers parce que si nous inventions les dangers, alors nos amis ne seraient pas morts, il n’y aurait pas eu de Juifs tués à l’Hypercacher, ni de policiers dans les rues, ni de journalistes, ni de passants, ni de jeunes aux terrasses et Samuel Paty n’aurait pas été décapité.

La laïcité, l’universalisme ne visent qu’à banaliser l’Islam, comme le protestantisme, le christianisme ou le judaïsme pour libérer, pour que la religion, ou le genre ou la sexualité deviennent indifférents plutôt que prépondérants. Pour que l’on puisse oublier cinq minutes sa religion, son genre, son orientation sexuelle, et ce n’est pas grave, ce n’est pas une trahison, pour paraphraser Aristide Briand, « la laïcité n’est pas une hostilité, c’est une libération ! ».

Est-ce que l’on peut encore tenir ce discours à gauche ? Est-ce que je peux dire que cette obsession à revendiquer ses différences me fatigue, Parce que c’est le contraire de la complexité humaine. Parce que c’est un accomplissement de notre humanité. Qui cher Mr Mélenchon, chère Mme Rousseau ne nous mènera nulle part ailleurs qu’à la catastrophe.

Précisément, parce que l’universalisme est en danger et ce n’est certainement pas le candidat dont tout le monde parle qui nous défendra. On en entend aujourd’hui l’intérêt, bien davantage qu’hier. Il y a une attente massive, qui n’est pas satisfaite. Et c’est ce qui permet à tous les discours populistes de séduire, mais c’est à nous, à vous, de proposer des alternatives. C’est notre responsabilité. C’est à nous de proposer un autre chemin parce que la nature a horreur du vide et si nous, nous ne le faisons pas, alors nous ne pourrons pas nous plaindre que d’autres guettent les suffrages de ceux qui n’en peuvent plus.

C’est à la gauche de parler de la fierté de notre universalisme. C’est à nous de forcer le destin.

Vous me remettez ce prix à ce moment crucial et il me sera d’autant plus utile que ce n’est plus le temps des compromis. C’est le temps des exigences, c’est le temps de vous faire entendre, c’est le temps de la reconquête et c’est à portée de main parce que nous sommes encore l’immense majorité de ce pays.

Je pense à toi, Charb, à cette tribune en 2012. Alors, si tu es là-haut en train de fumer un gros cigare avec le dieu des juifs, des chrétiens et des musulmans, t’inquiète pas on lâchera rien !