Unité Laïque
Lettre à Eric Piolle – Une mélodie bien française

Tous les pays du monde connaissent le racisme et l’hostilité contre les femmes. Tous les pays du monde ne sont pas racistes et patriarcaux.

En France, le racisme et l’inégalité entre les femmes et les hommes sont plus faibles que dans la plupart des pays occidentaux – sans parler des autres – et peu de pays leur opposent un arsenal de lutte politique, juridique et sociale aussi actif et complet que le nôtre. C’est une des raisons qui nous le font aimer et admirer. Dans notre pays en effet, l’universalisme, la laïcité et l’aspiration à l’égalité ont fait leur œuvre depuis la Révolution pour susciter un métissage assez général et une liberté des relations entre femmes et hommes, qui effraient et rebutent les intégristes, les indigénistes et autres décoloniaux, qui ont du mal à trouver un terrain favorable à leurs revendications victimaires. Et ce n’est pas faute d’essayer.

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Les élus de Grenoble Alpes Métropole dénoncent les propositions sexistes, patriarcales et inégalitaire d’Eric Piolle

Les efforts d’Unité Laïque portent leurs fruits ! Après notre lettre ouverte aux élus grenoblois, envoyée aussi aux élus métropolitains, départementaux et régionaux, ainsi qu’à près de 200 parlementaires, les conseillers de Grenoble Alpes Métropole et les maires de 38 communes de la communauté interpellent Eric Piolle sur ses agissements contre l’égalité entre les femmes et les hommes, contre la liberté des femmes et contre la République !

Télécharger la lettre des élus de Grenoble Alpes Métropole en PDF

Unité Laïque est en pointe dans le combat contre la régression de la liberté des femmes à Grenoble.
avec l’aimable soutien de Xavier Gorce
avec l’aimable soutien de Xavier Gorce

Les piscines grenobloises verront-elles la liberté et l’égalité des femmes se noyer sous la pression du patriarcat, du sexisme et de l’intégrisme obscurantiste ?

Unité laïque a adressé une lettre ouverte aux conseillers municipaux de Grenoble, aux conseillers départementaux de l’Isère, aux conseillers régionaux AURA et à près de 200 parlementaires.

Notre initiative a été rapidement relayée par la presse, dans l’hebdomadaire Franc-Tireur et dans La Dauphiné libéré.

Unité laïque organise une conférence de presse le vendredi 13 mai à Grenoble, qui  réunira

  • Djemila Benhabib, militante laïque, directrice du Centre d’Action Laïque de Bruxelles,
  • Naëm Bestandji, militant féministe et laïque, essayiste, parfait connaisseur de la situation grenobloise,
  • Michèle Vianès, présidente de l’ONG Regards de Femmes,
  • Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque.

Une invitée surprise, emblème du féminisme universaliste et du combat contre l’intégrisme islamiste sera parmi nous.

Pour en savoir plus :
jpsakoun-president@unitelaique.org

Unité Laïque appelle à s’opposer activement à l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite.

Unité Laïque défend et promeut les principes et les idéaux d’émancipation, de laïcité, de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent la République.

À ce titre, Unité Laïque est opposée aux ferments de haine de l’autre, de peurs irraisonnées, de xénophobie et à l’autoritarisme que propage la candidate du RN. Ce sont les pires réponses aux problèmes réels qui se posent aujourd’hui à la France, en matière d’immigration, de séparatisme communautaire et de respect de nos idéaux. La reconstruction de notre vie quotidienne doit se faire sur les bases de l’universalisme, de l’égalité politique, économique, sociale et de l’émancipation des citoyens et des citoyennes.

C’est pourquoi Unité Laïque appelle à voter sans ambiguïté en faveur du candidat Emmanuel Macron le 24 avril prochain.

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Les Hijabeuses, un moment décisif

Par Nathalie HEINICH

Sociologue

Membre de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires, d’Unité laïque et du Comité Laïcité République

Anecdotique, cette histoire de footballeuses réclamant le droit à porter le voile en compétition ? Tout au contraire : autant que l’affaire des trois lycéennes voilées de Creil en 1989, elle constitue un moment décisif, surtout en période électorale.

Les faits

            Rappel des faits. La règle 50.2 de la Charte olympique impose la neutralité lors des compositions sportives afin que celles-ci soient protégées des divisions politiques ou religieuses. Pour la même raison la Fédération française de football interdit « tout signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale ». Or, en novembre, un collectif de footballeuses auto-proclamées « hijabeuses », constituées il y a deux ans en « syndicat de footballeuses musulmanes », a saisi le Conseil d’État pour faire abroger cet article. La demande a été rejetée mais elle continue d’être examinée sur le fond.

            Dans la deuxième semaine de février la question est revenue dans l’actualité, avec un amendement proposé par le Sénat qui interdirait le port du voile islamique dans les compétitions sportives : d’où protestations des adeptes de cette tenue – une manifestation des Hijabeuses a même été interdite pour risque de troubles à l’ordre public. Elles ont été soutenues par une tribune de footballeurs de haut niveau publiée le 9 février par Libération, ainsi que, paradoxalement, par la Ligue des droits de l’homme.

            On attend le vote des députés.

Un clivage majeur

L’importance politique de l’affaire se mesure à son pouvoir de clivage, non seulement entre sensibilités politiques mais à l’intérieur même des partis, et notamment au sein de la majorité présidentielle. Ainsi, le 10 février, la ministre déléguée à l’égalité hommes-femmes, Elisabeth Moreno, a estimé sur un plateau de télévision que les femmes « ont le droit de porter un voile islamique pour jouer ». Aussitôt après Gabriel Attal a déclaré que le Gouvernement ne partageait pas cette position, et le 15 février Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la citoyenneté, s’est également inscrite en faux contre les propos de sa consœur. Certains députés LREM ont eux aussi contredit Elisabeth Moreno en invoquant la nécessité de lutter contre les discriminations sexistes opérées et symbolisées par le voile. Ils ont été appuyés par divers collectifs laïques, notamment le Comité Laïcité République (https://www.laicite-republique.org/la-neutralite-religieuse-sur-les-terrains-de-foot-protege-rassemble-et-unit-clr.html) et l’association Unité laïque (https://unitelaique.org/index.php/2022/02/12/resistons-aux-exigences-islamistes-non-madame-la-ministre-le-port-de-signes-religieux-dans-une-enceinte-sportive-nest-pas-neutre/), qui ont publié des communiqués en ce sens les 11 et 12 février.

Le clivage s’est joué également à l’intérieur même du mouvement féministe : tandis qu’Alice Coffin, élue écologiste parisienne, appuyait les revendications des Hijabeuses, la Ligue du droit international des femmes (fondée par Simone de Beauvoir) protestait contre cette banalisation par le voile d’une forme d’« apartheid sexuel », et traitait même les Hijabeuses de « pleurnicheuses ». Au sein même du quotidien Libération les positions sont contrastées, puisque le journaliste Luc Le Vaillant, dans une chronique publiée le 14 février, affirmait que dans ce combat ce sont les défenseurs du voile qui sont de droite et ses contempteurs, les universalistes, qui incarnent la gauche…

Une question profondément politique

            D’aussi profonds clivages sont rares dans notre pays. Ils signalent à l’évidence un problème de fond, que les politiques feraient bien de prendre au sérieux.

            L’affaire en effet ressemble par bien des points à celle du foulard des lycéennes de Creil en 1989, dont nous comprenons rétrospectivement qu’elle a provoqué une faille profonde au sein de la gauche, entre ceux qui soutenaient le port du voile au nom des libertés individuelles et du « soutien aux musulmans stigmatisés », et ceux qui souhaitaient l’interdire au nom de la liberté de conscience, au nom de la liberté des musulmanes à se soustraire aux pressions communautaires, et au nom de l’égalité entre hommes et femmes dont le voile islamique représente l’antithèse. Ces derniers l’ont finalement emporté en obtenant en 2004 le vote de la loi interdisant le port de signes religieux à l’école. C’est donc ce combat qui se rejoue aujourd’hui, non plus à l’école mais sur les terrains de sport.

            Toutefois l’affaire n’est pas qu’une réplique de celle de Creil, car bien des choses ont changé depuis. Tout d’abord, nous avons à présent l’expérience des effets d’une législation contraignante : contrairement aux prédictions catastrophistes des pro-voiles, la loi n’a pas provoqué la déscolarisation massive des jeunes musulmanes – une poignée d’entre elles tout au plus ont dû suivre l’enseignement à distance. Prenons-en de la graine et ne tendons pas une oreille complaisante à ceux qui aujourd’hui prédisent la désertification des terrains de foot par les jeunes filles (lesquelles ont toujours la possibilité d’ôter leur voile en compétition, comme elles le font en entrant dans un établissement scolaire). 

Par ailleurs, depuis une génération la question des signes extérieurs d’appartenance à la religion musulmane a pris toute sa signification politique avec la spectaculaire montée en puissance des courants fondamentalistes de l’islam, du salafisme et des Frères musulmans, dont les spécialistes connaissent bien le travail d’entrisme destiné à imposer – aux musulmans plus encore qu’aux non-musulmans – une version politique de leur religion, dont les lois devraient selon eux l’emporter sur celles de la République. Il n’est que d’écouter les mises en garde des victimes de l’islamisme, tel l’écrivain algérien Kamel Daoud, pour comprendre à quel point la résistance s’impose.

Pour ne pas voir cela aujourd’hui, il faut soit l’aveuglement des idéologues, soit la naïveté de ceux qui se laissent effrayer par le chantage à l’islamophobie, soit la duplicité de ceux qui flirtent avec l’islamisme pour s’assurer un supplément d’électorat. Le voile sur les yeux vient couvrir, à tous les sens du terme, le voile sur les cheveux : aux cris des footballeuses qui réclament de pouvoir voiler leur chevelure répond en miroir l’acquiescement de ceux qui préfèrent se voiler la face pour ne pas voir le problème.

Un enjeu européen

            Le problème ? Nous le connaissons bien pourtant : le port du voile islamique peut bien, au niveau individuel, être revendiqué comme une affirmation de la liberté des femmes à afficher leur religion et à se vêtir comme bon leur semble ; il n’en reste pas moins qu’il met en cause la liberté des musulmanes de ne pas se voiler. Il exerce en effet, au niveau collectif, une normalisation de l’espace public, où les femmes non voilées deviennent les cibles d’un traitement stigmatisant : elles seraient forcément « impudiques », donc livrées aux agressions (oculaires, verbales voire physiques) de ceux pour qui une chevelure visible ne peut être qu’une incitation à la luxure. Par ailleurs le voile est aussi le symbole d’une conception inégalitaire de la relation entre hommes et femmes, qui nous fait régresser de plusieurs siècles. Enfin il instaure une dissociation visible entre ceux pour qui la religion doit faire l’objet d’une propagande, et ceux qui respectent la tradition française de discrétion dans l’affichage des signes d’appartenance religieuse, gage d’unité dans une même citoyenneté.

            C’est pourquoi ce serait une honte pour la France, pays des droits de l’homme, si elle en venait à céder au chantage à la soi-disant « islamophobie » dont sont coutumiers les propagandistes ou idiots utiles de l’islamisme et de son programme politique. Ce serait une honte pour la France si elle se faisait la complice de ceux qui tentent d’imposer dans l’espace public des pratiques qui sont à la fois contraires à la liberté de conscience et à la liberté de se soustraire aux pressions communautaires (libertés que des femmes, dans d’autres pays, payent parfois de leur vie), contraires à l’égalité hommes-femmes, et contraires à la fraternité, qui exige de mettre en avant ce qui nous rassemble au détriment de ce qui nous sépare.

Et ne croyons pas que cette question ne concerne que la France : il s’agit au contraire d’un enjeu mondial, tant l’islamisme a poussé ses ramifications dans maints pays occidentaux. Mais elle concerne avant tout notre pays car celui-ci, de par sa tradition républicaine, est aux avant-postes du combat universaliste consistant à n’accorder de droits qu’aux individus en tant que citoyens mais non pas en tant que membres de communautés, quelles qu’elles soient. Ce qui se joue donc sur ce terrain de football piégé, c’est le combat entre le modèle multi-culturaliste, très présent dans le monde anglo-saxon, et le modèle universaliste dont la France est le fer-de-lance – ce que savent bien d’ailleurs les islamistes, qui ont fait de notre pays la cible privilégiée de leurs manœuvres et de leurs attentats. C’est dire que le coup qui se joue ici est un coup historique.

Un peu de politique politicienne

Et pour ceux que ces grands principes ne suffiraient pas à convaincre, concluons par quelques réflexions tactiques à l’adresse des partis en présence lors des prochaines élections.

Je fais partie des nombreux (quoique pas toujours audibles) partisans d’une gauche républicaine, universaliste et laïque, qui ont pris conscience du danger islamiste et tentent de persuader leurs concitoyens – de toutes tendances mais surtout de gauche car la cécité y est plus développée – que ce combat nous concerne tous et doit tous nous mobiliser, y compris les musulmans qui sont victimes du fondamentalisme.

            Or nous, universalistes laïques, venons d’être trahis dans cette affaire par Yannick Jadot, qui a fait un pas supplémentaire dans le naufrage de la gauche en déclarant le 15 février qu’il faut « laisser les musulmans tranquilles » et accepter le port du voile sur les terrains de foot (ignorant probablement que les pays musulmans autorisant le voile dans les manifestations sportives sont minoritaires). Il a même opposé de façon honteuse les « islamistes » aux « anti-musulmans » – comme si les anti-islamistes étaient hostiles aux musulmans. On retrouve là le mantra du « pas d’amalgame » qui depuis des années sert de prétexte à la gauche radicale pour ne pas condamner l’islamisme, et pour se garder, par exemple, de prononcer le mot « islamiste » à propos de l’assassinat de Samuel Paty. Forte de ma vieille sensibilité écologique j’ai voté à la primaire écologiste pour que Jadot l’emporte sur Sandrine Rousseau. Mais je sais désormais que je ne voterai pas pour lui aux prochaines élections présidentielles. Et je suis persuadée que je ne serai pas la seule dans ce cas.

            Les députés de La République en marche feront ils la même erreur que le candidat écologiste ? En emboîtant le pas de la gauche radicale dans l’autorisation du hijab sur les stades, ils ne gagneraient probablement pas une seule voix, tant les électeurs de cette tendance s’acharnent à diaboliser Macron. En revanche, ils perdraient à coup sûr les voix des universalistes républicains, qui peinent actuellement à trouver un espace politique correspondant à leurs convictions – ce dont témoigne d’ailleurs la percée de Fabien Roussel, seul candidat de gauche à tenir sur ces questions un discours fermement républicain. Cet espace, la majorité présidentielle peut le leur offrir, en optant aujourd’hui pour la voie de l’universalisme, la voie de la laïcité, qui est aussi la voie de la raison si l’on observe les effets positifs de la loi de 2004.

Et donc, mesdames et messieurs les députés LaREM, soyez tactiquement intelligents même si vous n’êtes pas tout à fait convaincus : soyez cohérents avec la belle fermeté dont vous avez fait preuve en janvier contre les affiches pro-hijab du Conseil de l’Europe, et maintenez l’interdiction du voile islamique dans les compétitions sportives !

                                                                                                          Nathalie HEINICH

Article publié dans L’Express le 21 février 2022

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La France sous nos yeux

La France sous nos yeux. Economie, paysages, nouveaux modes de vie, par Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely, Seuil, 2021, 490 p., 23€.

Après l’excellent ouvrage de Jérôme Fourquet, « L’archipel français », dont il existe une fiche de lecture écrite par Philippe Foussier pour Unité Laïque sur notre site, ce nouvel opus invite le voyageur curieux et lucide à promener avec acuité son regard sur le paysage français. Pour assurer une lecture révélatrice des détails les plus importants, les deux auteurs nous munissent d’outils, ceux-là mêmes dont s’était servi Armant Frémont, géographe à l’origine de la notion d’« espace vécu », auquel il est rendu hommage en introduction : les statistiques, les auteurs académiques, la littérature et l’observation directe.

Si nous percevons tous intuitivement cette France dont il est question, son passé, ses métamorphoses, ses aspirations, ses errements, nos convictions seront ici ébranlées ou confortées. Rien ne vaut une immersion concrète…

La France d’aujourd’hui

Que nous vivions aujourd’hui dans un pays désindustrialisé et tertiarisé est une évidence pour nous tous. Serge Tchuruk, à la tête d’Alcatel au début des années 2000, avait en une phrase théorisé ce virage aigu, pourtant déjà entrepris depuis le début des années 1980 : « Alcatel doit devenir une entreprise sans usine. » La part du secteur industriel dans le PIB s’élevait en 1980 à 24 %. Elle était de 10 % en 2019… De quoi affaiblir économiquement les territoires concernés et déstabiliser l’univers qui gravitait autour des usines et assurait la cohésion sociale.

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Prendre parti oui, mais pour la République laïque

Premier tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2022

Les campagnes électorales présidentielle et législatives, en cours et à venir, incitent des associations, des partis et des organisations de citoyens dont l’objet est la promotion et la défense des idéaux laïques et républicains à se prononcer pour l’un ou l’autre des candidats en lice.

Unité laïque n’empruntera pas cette voie. Nous considérons en effet que la République et la laïcité sont les fondements du système démocratique original qu’a bâti le peuple français depuis 1789 et qu’elles doivent être le fil rouge que suivent tous les véritables démocrates, de la gauche à la droite.

Tous les candidats, tous les partis, surtout après la seconde Guerre mondiale et la délégitimation des positions de l’extrême-droite maurassienne, se sont rangés derrière cette bannière de « la République indivisible, laïque, démocratique et sociale » qui flotte au vent de l’article 1er des constitutions de la Quatrième et de la Cinquième Républiques, plantée dans le socle du programme du Conseil national de la Résistance. Soixante-dix-sept ans après cet épisode fondateur des « jours heureux » que la France a vécus et pour lesquels elle a été tellement enviée dans le monde entier, les choses ont évidemment bien changé.

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Chartes de la laïcité, boussoles efficaces en territoires perdus ou étouffe-républicain ?

Depuis plusieurs années fleurissent les chartes de la laïcité. Là où on les attendait et les réclamait, comme à l’Éducation Nationale, à la Caisse Nationale des Allocations Familiales, au Secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, en entreprise, etc.

Mais aussi dans les Régions et les collectivités. Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, dernièrement Auvergne-Rhône-Alpes, d’autres à venir certainement. La ville de Montpellier aussi dont il est vrai que le maire actuel, Michaël Delafosse, tient avec courage une ligne irréprochable dans le droit fil de notre idéal républicain indivisible, démocratique, laïque et social.

Ce levier mis en action doit permettre de lutter contre toutes les déviances locales, faites de visées électoralistes ou de malheureuses ignorances, qui font le jeu d’associations minoritaires, souvent camouflées, toujours hyperactives et hélas fréquemment subventionnées.

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Falsification de l’histoire

Laurent Joly, La falsification de l’histoire. Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs, Grasset, 2022, 140 p., 12 €

Auteur d’une dizaine de livres sur Vichy, Laurent Joly centre ici son propos sur le rapport d’Éric Zemmour à l’histoire, en l’espèce celle de l’Occupation. Si le polémiste convoque si souvent l’histoire de France dans ses écrits et ses interventions télévisées, c’est dans un dessein précis, argumente l’auteur, qui renvoie à Charles Maurras : « Si l’on parvient à imposer notre interprétation du passé, on peut être en mesure d’imposer nos idées, assénait le maître de l’Action française ». 

Laurent Joly fait œuvre utile dans son petit ouvrage en mettant en lumière les filiations d’Éric Zemmour : « Les tirages de ses livres approchent voire dépassent ceux de Bainville dans les années 1920-30 ou Amouroux dans les années 1970-80 ». L’ex-journaliste présente d’ailleurs l’académicien monarchiste Jacques Bainville, qui connut son heure de gloire dans l’entre-deux guerres, comme son inspirateur le plus fécond. Mais il en est d’autres : Zemmour « est à bien des égards l’héritier de l’ultra-catholique Louis Veuillot, de l’antisémite Edouard Drumont ou du royaliste Léon Daudet », développe Laurent Joly.

La focalisation sur Vichy et notamment sur la politique antisémite du régime de l’Etat français conduit Laurent Joly à détailler comment, à partir des années 1950, une cohorte disparate d’historiens ont participé à une révision de la narration de cette période. Sont ici évoqués le Colonel Rémy, Robert Aron, François-Georges Dreyfus ou encore Alfred Fabre-Luce comme figures visant peu ou prou à banaliser Vichy. De l’historien américain Robert Paxton, si souvent cité par Zemmour, Laurent Joly éclaire les travaux et décortique la manière dont le polémiste les a instrumentalisés.

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La ressource « Enquêtes et études »

Unité laïque met à la disposition de ses membres et de toute personne ou association engagée dans la défense des valeurs de la République et la promotion de la laïcité des ressources permettant d’illustrer et étayer l’engagement et la conviction laïques. Ces ressources se veulent des outils et des aides à l’information et la formation des laïques. Elles sont variées et mettent en valeur des informations récentes ou plus anciennes.

Au cours des années les plus récentes, les instituts de sondage ont souvent interrogé les Français sur leur rapport à la laïcité et sur la situation de la laïcité en France. Ils ont cherché à connaître soit l’opinion de l’ensemble des Français, soit l’opinion de secteurs de population (les jeunes, les enseignants, les fonctionnaires, les catholiques, les musulmans, etc.). Unité laïque propose ici une sélection d’enquêtes, réalisées principalement par l’Ifop associé selon les cas à des associations ou des titres de presse. Le plus souvent en lien avec l’actualité, ces enquêtes permettent d’approfondir la réflexion des citoyens et d’éloigner certaines idées reçues.

Le rapport des Français à l’islam, à la laïcité et à la menace terroriste

Sondage 23/03/2022

A quelques semaines des élections présidentielles, l’IFOP a mené pour ELNET France une étude interrogeant les Français sur leur rapport à l’Islam, à la laïcité et à la menace terroriste. Ces thématiques sont en effet au cœur des discours de certains candidats à l’élection présidentielle comme Éric Zemmour et Marine Le Pen, mais également sources de nombreux clivages au sein de la société plus largement, en raison des cicatrices laissés depuis les attentats commis par Mohammed Merah il y a maintenant dix ans, puis ceux de 2015, et plus récemment les assassinats du Père Hamel et de Samuel Paty.

Les Français évaluent toujours très majoritairement la menace terroriste comme élevée (79%, dont 27% « très élevée »). L’islamisme est perçu comme un danger pour la République par plus des trois-quarts des Français. Il est alors intéressant de noter que la loi adoptée en août 2021, destinée à conforter le respect des principes de la République, rassure. Une nette majorité de Français déclare qu’il existe une distinction claire entre les musulmans les plus radicaux et ceux qui pratiquent paisiblement l’Islam (79%). Dans ce contexte, les musulmans qui font entendre leurs voix contre le radicalisme sont jugés comme n’étant pas assez soutenus. D’un point de vue politique, cette thématique se place au cœur des préoccupations électorales. En effet, plus de la moitié des Français (53%) considèrent que les candidats à l’élection et les médias n’abordent pas suffisamment les questions liées à la lutte contre l’islamisme.

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Risque terroriste, antisémitisme : le regard des Français 10 ans après les attentats de Montauban et Toulouse

Sondage 22 mars 2022

Dans le cadre des cérémonies de commémoration de l’attentat de Toulouse, l’Ifop, à la demande du CRIF, a réalisé une enquête exclusive destinée à mesurer au sein de la population française le souvenir de cette attaque terroriste. En outre, cette enquête d’opinion vise à comprendre comment les Français appréhendent la menace terroriste pesant sur les Français de confession juive et quel regard ils portent sur le phénomène de l’antisémitisme.

En voici les principaux enseignements :

Les attentats de Montauban et Toulouse ont peu marqué l’opinion en comparaison avec les attaques terroristes de 2015

Premier enseignement de cette enquête, les attentats de Montauban et Toulouse ont moins marqué l’opinion que les attaques perpétrées à partir de 2015. Invités à évoquer spontanément (à travers une question ouverte), les attentats dont ils se souviennent, les Français citent en premier le Bataclan (59%), puis Charlie Hebdo (42%), devant l’attentat de Nice (27%), de l’hypercasher (14%) et de Saint-Etienne du Rouvray (14%). L’attentat de Toulouse n’est spontanément cité que par 12% des Français.

L’attentat de Toulouse est surtout associé à la figure de Mohammed Merah

Moins spontanément cité que les autres attentats, les attaques de Montauban et Toulouse sont avant tout associées à la figure de Mohammed Merah (20% des témoignages y font référence). C’est d’ailleurs la neutralisation de l’assassin par le RAID qui a le plus marqué l’opinion (68% voient précisément de quoi il s’agit), devant l’assassinat de trois militaires à Montauban (54%) et la tuerie de l’école Ozar Hatorah (56%).

Une attaque terroriste perçue comme symptomatique de la menace qui pèse sur la communauté juive française

Les Français ont bien intégré que les Français de confession juive étaient en première ligne face au terrorisme islamiste. 76% estiment ainsi que c’est un attentat symptomatique de la menace qui pèse depuis plusieurs années sur la communauté juive. En outre, 77% jugent que la survenue d’un nouvel attentat visant les Français juifs est probable.

Accéder ici aux résultats de l’enquête Ifop/CRIF

La Commune de Paris

Moments d’histoire mars 2022

La Commune de Paris a vécu soixante-douze jours, du 18 mars au 28 mai 1871. C’est un moment tragique de l’histoire de la République. L’historien Jean-Jacques Chevallier a écrit : « Les insurgés vibraient d’un patriotisme de gauche que la honte de la défaite exaspérait ». En ces quelques mots, tout est dit : la Commune a été un moment républicain, en opposition à la réaction monarchique de Thiers, et patriotique, car la Nation est en danger, mais aussi l’expression d’un orgueil national après l’humiliante défaite face aux Prussiens et un fier sursaut  du peuple de gauche, si présent à Paris, à l’époque grande ville ouvrière. Un événement qui a suscité les passions, dont l’interprétation a divisé les contemporains. Les historiens ont longtemps peiné à faire entendre la voix de l’objectivité.

Unité laïque la commémore à travers trois Moments d’histoire. Le premier Moment, en mars 2022, évoque les débuts de la Commune, le 18 mars 1871 ; le deuxième Moment, en avril, retrace la brève histoire de la Commune ; le troisième Moment, en mai, s’intéresse à la fin de la Commune, avec la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai, qui marquera à jamais l’histoire nationale et l’histoire révolutionnaire.

Episode 1. Les débuts de la Commune de Paris : le 18 mars 1871, heure par heure

La guerre franco-prussienne de 1870  est désastreuse pour la France. Elle a profondément marqué Paris, qui a subi un un siège très dur  depuis le 18 septembre 1870 et dont  la population a souffert de la faim.   Les ouvriers, les artisans et leurs familles furent ceux qui souffrirent le plus   de l’envolée des prix. S’enrôlant en grand nombre dans la Garde nationale, ils portèrent ses effectifs à 350 000 hommes et, en élisant leurs officiers, ils mirent fin à la prégnance de la bourgeoisie parmi eux.

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La philippique sans concession de notre ami Cincinnatus, sur son blog CinciVox.

Une analyse accablante de la destruction de l’école de la République, dont la fonction était de répondre à ce premier devoir de la République, former des Républicains.

Comment on détruit un pays, un idéal. Comment on fait d’un peuple un troupeau.

L’effondrement de l’instruction

L’école. Encore l’école. Comme si je n’avais pas déjà tout dit à ce sujet [1]. Eh bien non. Parce que, pour un républicain, l’école sera toujours la matrice de toute réflexion politique.

Pour comprendre l’ampleur du désastre, il n’y a qu’à lire des copies de master en lettres ou en sciences humaines. Dans ces cursus, on pourrait imaginer que la maîtrise de la langue est un prérequis évident. Hélas !, même là, les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison et de syntaxe le disputent aux paralogismes et autres fautes logiques, à l’inanité des raisonnements et des argumentaires… et, peut-être le pire, à la pauvreté du vocabulaire [2]. Comment élaborer une pensée nuancée, complexe et structurée lorsqu’on ne possède ni les mots ni les formes de sa propre langue maternelle ?

Alors que, pour les générations précédentes, sans entraîner toujours un sentiment de honte, les imprécisions à l’écrit comme à l’oral suscitaient légitimement au moins une gêne sincère, la culture de l’avachissement va aujourd’hui jusqu’à encourager le relâchement et les fautes en les faisant passer pour de la « créativité ». À l’ère de l’individu-roi, du tout-à-l’ego et du culte du moi, toute forme de contrainte ou de norme est perçue comme tyrannique et attentatoire aux droits de l’homme. La désinvolture est devenue une revendication et la paresse intellectuelle une fierté. Dans ces conditions, la grammaire est nécessairement fasciste, la culture discriminatoire et l’instruction une oppression.

Lire la suite sur le blog CinciVox

MISE EN PLACE D’UNE CELLULE DE LUTTE CONTRE L’ISLAMISME RADICAL ET LE REPLI COMMUNAUTAIRE À COMPÉTENCE NATIONALE

Le gouvernement annonce le 10 mars 2022 la création d’une cellule de lutte contre l’islamisme radical et le repli communautaire à compétence nationale.

Ci-dessous le communiqué de presse publié par le gouvernement

Depuis l’automne 2019, les cellules de lutte contre l’islamisme radical et le repli communautaire (CLIR) se réunissent dans chaque département, sous l’égide des préfets, en vue d’appréhender et de traiter les phénomènes de séparatisme. Mobilisant l’ensemble des services de l’État en articulation avec le procureur de la République, les CLIR ont obtenu en peu de temps des résultats significatifs.

Grâce aux nouveaux moyens juridiques issus notamment de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel BLANQUER et le ministre de l’Intérieur, Gérald DARMANIN ont par ailleurs engagé sur l’ensemble du territoire national une action volontariste de prévention et répression des pratiques séparatistes au sein des établissements d’enseignement hors contrat.

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a offert à la puissance publique des moyens accrus lui permettant de poursuivre et d’amplifier cette politique de contrôle des structures porteuses de visées séparatistes. Dans la foulée, pour traiter les dossiers d’envergure nationale ou commune à plusieurs territoires, le Premier ministre, a institué par une circulaire du 14 janvier 2022, une CLIR à compétence nationale, réunissant les administrations centrales des ministères concernées, placée sous l’égide du ministre de l’intérieur et coordonnée par le secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.

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Port du voile : injonction sexiste ou « liberté » religieuse

Le Chevalier de la Barre et Unité Laïque ont le plaisir de vous convier à notre prochain Café Laïque qui aura lieu :


Le 20 avril 2022 à 18h30 :
Au REGENT, 70 rue Lafayette, 75009 PARIS
Métro CADET

Notre grand témoin : Naëm BESTANDJI

Essayiste, féministe et laïque engagé,
auteur de :
Le linceul du féminisme : caresser l’islamisme dans le sens du voile

Nous comptons sur votre présence. Inscrivez-vous par retour de mail
à l’adresse suivante : le.chevalier.de.la.barre.1766@gmail.com

De quoi Eric Piolle est-il le nom ?

Il est temps de constater que la laïcité est véritablement en danger à Grenoble !

Les Notes d’Unité Laïque

Par le Bureau d’Unité Laïque

Les récentes prises de position du maire de Grenoble en soutien aux femmes tentant d’imposer le hijab aux fédérations sportives, ont créé une forte réaction d’indignation et de surprise chez certains. Ces indignations et surprises étaient d’autant plus fortes que le propos ouvrait, pour la première fois clairement depuis trois ans la perspective d’une modification du règlement des piscines municipales afin d’autoriser en leur sein le fameux burkini autre emblème de l’offensive menée depuis Grenoble depuis de longs mois. Offensive menée par la fort mal nommée « alliance citoyenne » qui organise et coordonne l’ensemble de ces attaques contre la laïcité au détriment du combat des femmes pour disposer librement de leur corps par une inversion bien connue des valeurs et de repères.

L’effet recherché par le maire de Grenoble a donc été atteint, faire du bruit pour entrouvrir enfin une porte qu’il cherche à ouvrir en grand depuis plus de trois ans sur le sujet. Car sur ce sujet, il a un agenda politique, qui mêle clientélisme et conviction profonde. Il ne saurait donc être question de traiter ses prises de positions à la légère.

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Mark Sherringham, président du Conseil supérieur des programmes de l’EN, se défend d’être « anti-laïque ».

Certes… mais êtes-vous laïque, Monsieur Sherringham ?

Les Notes d’Unité Laïque

Par Aline Girard, Conservateur général honoraire, membre du Bureau d’Unité Laïque

Le 4 février 2022, le ministre de l’Éducation nationale annonçait la nomination à la présidence du Conseil supérieur des programmes de Mark Sherringham. Depuis lors, les critiques ont fusé du fait de ses positions favorables au retour du christianisme dans les questions éducatives. Il a souhaité faire une mise au point dans Le Figaro le 21 février. Il se justifie : « Je n’ai jamais été anti-laïque ». Certes, mais êtes-vous laïque, Monsieur Sherringham ?

La carrière de ce haut-fonctionnaire semble exemplaire. Ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé, puis docteur en philosophie, maître de conférences en IUFM, il est nommé en 2005 inspecteur général de l’Éducation nationale et devient en 2009 le doyen du groupe de philosophie de l’IGEN. Après presque une décennie au service culturel de l’Ambassade de France aux États-Unis, il revient au sein du ministère de l’EN, avant d’être nommé au poste qu’il occupe désormais. C’est donc un parfait cursus honorum que celui de Monsieur Sherringham. Le rôle majeur qui lui est maintenant dévolu dans la définition des programmes scolaires, de l’école primaire au lycée, et des programmes de formation des enseignants ne semblait pouvoir être endossé par meilleur représentant !

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Un concordat clandestin pour l’islam de France

La tribune cosignée par Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine et Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque, publiée sur Marianne.fr, ce 24 février 2022.

« Institut français d’islamologie : un concordat clandestin pour l’islam de France »

Tribune

Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, et Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque, estiment que l’Institut français d’islamologie, récemment créé par le gouvernement, constitue une brèche majeure dans la loi de 1905.

Depuis 1792, la République a patiemment construit l’édifice laïque. Ce mur de protection de la liberté de conscience, de l’égalité de tous devant la loi et de la liberté d’expression, a permis de briser le joug clérical imposé à la société et de laisser aux croyants le soin, la responsabilité et le financement de leurs pratiques, dans le respect des lois de la République. Le poids moral et matériel de leurs associations n’a pas à peser sur ceux que ce choix philosophique ne concerne pas.

Cet édifice qui fait de la France l’un des pays les plus libres et les plus dégagés de l’emprise cléricale, est soumis à des attaques constantes de toutes les cléricatures depuis 1905, redoublées depuis qu’en 1946, la laïcité a été inscrite dans la première phrase de l’article premier de nos Constitutions. Plus grave, depuis 1950, le législateur, l’exécutif, le Conseil d’État, se sont parfois associés à ces menées pour affaiblir la laïcité.

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Tu seras humaniste

François Rachline, Moïse et l’humanisme, Paris, Hermann, 2021. 150 pages. Prix 15 €

Se peut-il que la question du divin n’ait pas constitué l’essentiel du message biblique et que Moïse soit d’abord le fondateur d’une éthique libératrice, l’humanisme ? Tel est le propos du bref mais dense essai de François Rachline. Economiste, romancier, essayiste, ce dernier avait signé en 2018 Un monothéisme sans Dieu que cet opus vient prolonger de nouvelles interrogations.

En analysant avec minutie la bible hébraïque, l’auteur constate qu’il peut en être fait deux lectures différentes. « Le destin historique de la première a occulté la présence de la seconde. L’une débouche sur un monothéisme, l’autre sur un humanisme, qui n’est pas incompatible avec l’athéisme », explique ainsi François Rachline. Il est ici beaucoup question des Dix Commandements, dont l’auteur rappelle que les prescriptions, considérées comme quasiment évidentes pour nous aujourd’hui, heurtaient frontalement le sens commun lorsqu’ils ont été édictés. « Le Décalogue ne place-t-il pas chaque être humain face à lui-même, afin de permettre une vie sociale ? Ne pose-t-il pas les déterminants d’une affirmation individuelle par les actes ? », interroge-t-il, en formulant la proposition selon laquelle « le grand sujet biblique n’est pas Dieu mais l’Homme ». Dès lors, « la Torah ne tombe pas du ciel pour proposer une cité idéale ; elle s’insère dans le monde tel qu’il est pour le changer, pour le rendre humain, pour lui permettre de devenir vivable ».

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La laïcité loin des confusions

Éric Anceau, Laïcité, un principe. De l’Antiquité au temps présent, Passés composés, 384 pages, 23€

Dans Laïcité, un principe, l’historien Éric Anceau propose un vaste panorama de l’idéal laïque qui fournit une matière propre à endiguer les inepties, contresens et dévoiements dont cette notion est si souvent l’objet.

S’il ne fallait retenir qu’une poignée de livres consacrés à la laïcité, celui que vient de publier Éric Anceau mérite indubitablement de figurer dans ce panthéon bibliographique. Expert dans cette discipline, l’auteur en présente une exploration historique fouillée bien sûr, mais pas seulement. Son état des lieux de la laïcité dans la France d’aujourd’hui tout comme l’exploration géographique qu’il en propose font preuve d’une égale rigueur d’analyse pour se prémunir « contre les simplifications, le manichéisme et les anachronismes ».

Au palmarès des erreurs de compréhension de la laïcité, on peut sans hésiter faire figurer le travers qui consiste à n’y voir qu’un principe juridique et à la réduire à la loi de 1905. Les faux doctes, qui sont souvent aussi de vrais pédants, ajoutent souvent d’un air pénétré : “La loi, rien que la loi, toute la loi”. Loin de se réduire à ces dimensions restreintes, « elle est un humanisme universaliste qui émancipe de toutes les formes d’aliénation, qu’elles soient religieuses, culturelles, économiques et sociales ». On peut aussi retenir parmi les affirmations aussi ineptes que péremptoires celles selon lesquelles la laïcité est un concept intraduisible et incompréhensible ailleurs que dans les frontières hexagonales.

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La robe et l’avocat : La robe, toute la robe, rien que la robe

Les Notes d’Unité Laïque

Par Anne Salzer, avocate, membre du Bureau d’Unité Laïque

Le Barreau de Lille a consolidé son règlement intérieur le 27 juin 2019 en disant que l’avocat ne peut porter avec la robe ni décoration ni signe manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ou une opinion religieuse, philosophique, communautaire ou politique.

Avant, le conseil de l’Ordre des avocats de Paris a interdit, par une délibération en 2015 (sans toutefois modifier le règlement intérieur du barreau de Paris), le port des signes distinctifs religieux, communautaires ou politiques sur la robe par une délibération qui concerne aussi les élèves avocats en situation d’audience, c’est-à-dire lors de leur stage en juridiction, de la prestation de petit serment et des simulations d’audiences (après un rapport en ce sens du Bâtonnier Farthouat).

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Résistons aux exigences islamistes ! Non, Madame la ministre, le port de signes religieux dans une enceinte sportive n’est pas neutre !

À l’aune du droit et de la loi confortant les principes républicains, Madame Moreno n’aurait pas dû céder aux sirènes des mauvaises arènes politiques pour mal dire ce qui est une évidence : EN France, le port du voile n’est pas interdit dans l’espace public mais il l’est dans l’enceinte sportive et lors des compétitions  sportives de toutes les fédérations disposant d’un règlement.

L’article 50-2 de la Charte olympique dispose « [qu’]aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ». 

Le CIO a cependant laissé le choix aux fédérations sportives d’interdire ou d’accepter que les athlètes féminines se distinguent par des attributs vestimentaires compatibles avec leur religion.

S’est donc posé la question du port du voile dans les compétitions. Sur un plan international, certaines fédérations ont tranché.

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Les Français et l’enseignement du fait religieux 

A propos d’une étude de l’Ifop habilement exploitée par les défenseurs de l’enseignement du fait religieux, par Aline Girard, Secrétaire générale d’Unité laïque.

A la demande de l’Institut des religions et de la laïcité (IREL), qui a succédé en 2021 à l’Institut européen en études des religions (IESR), l’Ifop a réalisé en octobre 2021 une étude sur « Les Français et l’enseignement du fait religieux  ».

Comme l’’interprétation des résultats de l’enquête par l’IREL n’a pas convaincu Unité laïque, Aline Girard, secrétaire générale d’Unité laïque et auteur de « Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ? » (Paris, Minerve, 2021), s’est livrée à une analyse détaillée des données de l’enquête. En effet, derrière les commentaires tous positifs et consensuels des résultats par l’IREL et par les promoteurs de l’enseignement du fait religieux, on peut mettre en évidence une autre réalité. L’enseignement du fait religieux est bien loin de donner les résultats escomptés. Ce semi-échec n’empêche pas l’IREL de continuer, sans faiblir, à légitimer cet enseignement sur la base de convictions idéologiques et de travailler à la confusion des esprits.

Pourquoi cette étude ? L’IREL/IESR, un des trois instituts de l’Ecole pratique des Hautes études, a été le fer de lance de la mise en œuvre de « L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque » à la suite du rapport Debray, avec pour mission d’organiser des stages de formation initiale et continue, notamment pour les personnels de l’Éducation nationale. Vingt ans après sa création, l’IREL/IESR a voulu dresser un bilan de cet enseignement et de son action sur la base d’une enquête commanditée à l’Ifop. Ce bilan a été rendu public le 15 novembre 2021 à l’occasion d’une conférence-débat, dont les intervenants étaient, à l’exception de Jérôme Fourquet de l’Ifop, des responsables ou ex-responsables de l’IREL.

Les résultats de cette étude méritaient d’être interprétés avec soin, commentés avec précision et mis en relation avec d’autres données également issues d’enquêtes, le tout avec un regard politique et sans le biais de confirmation privilégié par l’IREL. Une attention particulière a été accordée aux réponses des plus jeunes (18-24 ans). Le clivage générationnel constaté dans d’autres enquêtes s’est trouvé confirmé ici.

Accéder à l’intégralité de l’analyse d’Aline Girard sur Mezetulle, le blog-revue de Catherine Kintzler.

Pour compléter votre information et enrichir votre réflexion sur l’enseignement du fait religieux, n’hésitez pas à lire le texte de la conférence « Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique » qu’Aline Girard a donnée en novembre 2021 à Lille.

Jean-Pierre Sakoun, président d’UL, au 28′ d’Arte pour débattre de « l’islam de France ».
Le président d’Unité Laïque, Jean-Pierre Sakoun, était invité au 28′ d’Arte lundi 7 février 2022 à 20H05 pour débattre de « l’islam de France » avec Hakim El Karoui et Amel Boubekeur

Retrouvez la rediffusion, à partir de 12’57 »

La laïcité c’est la liberté de CONSCIENCE qui en son sein inclut le choix personnel des convictions morales, éthiques, religieuses et philosophiques.
Mais la République laïque n’accorde pas de liberté de religion parce qu’elle ne SAIT PAS ce qu’est une religion et justement ne veut pas le savoir, n’ayant en aucun cas à juger du dogme et de la théologie.
La « liberté de religion » est un concept clérical qui s’insinue dans nos esprits au même titre que la réduction de la liberté de conscience au mantra « le droit de croire et de ne pas croire ».

Le comité de soutien pour « Missak Manouchian au Panthéon » s’élargit chaque jour !

Chaque jour, de nouvelles personnalités viennent rejoindre le Comité de parrainage pour « Missak Manouchian au Panthéon ! »

Parrains de « Missak Manouchian au Panthéon », signataires de la tribune

  • Nicolas Daragon, maire de Valence,
  • Katia Guiragossian Petite-nièce de Missak et de Mélinée Manouchian, 
  • Nathalie Heinich Sociologue, 
  • Guy Konopnicki Journaliste et écrivain,
  • Alain Minc Conseiller politique, essayiste et dirigeant d’entreprise, 
  • Pascal Ory Historien, membre de l’Académie française, 
  • Pierre Ouzoulias Sénateur, 
  • Denis Peschanski Historien, directeur de recherches au CNRS, 
  • Ernest Pignon-Ernest Artiste plasticien, membre de l’Académie des Beaux-Arts, 
  • Jean-Pierre Sakoun Président d’Unité laïque,
  • Claudine Tiercelin Professeure au Collège de France.

Comité de soutien

Personnalités

  • Pierre-Marie Adam, Grand-Maître de la Grande Loge de France,
  • Agnès B., styliste,
  • Serge Barcellini, président général du Souvenir Français,
  • Georges-Marc Benamou, cinéaste, scénariste, producteur, essayiste,
  • Daniel Bénichou, président du « Chevalier de La Barre »,
  • Serge Blisko, membre hon. de l’Assemblée nationale, ancien maire du XIIIe arrondissement de Paris
  • Gérald Bronner, sociologue, membre de l’académie de médecine, romancier,
  • Sylvestre Clancier, président d’honneur du Pen Club de France,
  • Sara Daniel, journaliste,
  • Gérard Delfau, ancien maire, ancien sénateur, ancien VP du parti radical de gauche, Directeur de la collection Débats laïques,
  • Mireille Delfau-Rey, auteur de Résistante un jour, Résistante toujours. Paulette Fouchard-Ayot ou la vie d’une femme de l’ombre, L’Harmattan
  • Philippe Foussier, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient De France
  • Alexis Govciyan, conseiller de Paris,
  • Robert Guédiguian, cinéaste, scénariste, producteur,
  • François Heilbronn, professeur associé à Sciences Po Paris,
  • Beate Klarsfeld, militante anti-nazie, défenseur de la cause des déportés juifs en France,
  • Serge Klarsfeld, avocat, historien, défenseur de la cause des déportés juifs en France,
  • Daniel Kurkdjian, Président du Conseil Français-Arméniens,
  • Pierre Mansat, ancien adjoint au maire de Paris [2001/2014] Président de l’association Josette et Maurice Audin,
  • André Molino, Maire de Septèmes-les-Vallons
  • Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain,
  • Claude Pierre-Bloch, vice-président de la LICRA,
  • Henri Raczymow, écrivain,
  • Georges Sérignac, Grand-Maître du Grand Orient De France,
  • Mario Stasi, président de la LICRA,
  • Valérie Toranian, directrice de La Revue des deux Mondes,
  • Sandrine Treiner, directrice de France Culture,
  • Jean Vigreux, président du conseil scientifique de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Parlementaires

  • Emanuelle Anthoine, députée de la Drôme,
  • Cathy Apourceau, sénatrice du Pas-de-Calais,
  • Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, présidente du groupe communiste républicain et citoyen du Sénat,
  • Jérémy Bacchi, sénateur des Bouches-du-Rhône,
  • Eric Bocquet, sénateur du Nord,
  • Gilbert Bouchet, sénateur de la Drôme,
  • Céline Brulin, sénatrice de Seine-Maritime,
  • Bernard Buis, sénateur de la Drôme, VP du groupe d’amitié France-Arménie du Sénat,
  • Danièle Cazarian, députée des Bouches-du -Rhône,
  • Ilana Cicurel, députée européenne,
  • Mireille Clapot, députée de la Drôme, voir ici l’engagement de Mireille Clapot auprès de nous
  • Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne,
  • Hélène Conway-Mouret, ancien ministre, sénatrice des Français de l’étranger,
  • Gilbert-Luc Devinaz, Sénateur du Rhône, Président du groupe d’amitié France-Arménie du Sénat,
  • Patrick Kanner, sénateur du Nord, président du groupe Socialiste, Ecologique et Républicain du Sénat,
  • François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône,
  • Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris,
  • Jean-Michel Mis, député de la Loire, VP du groupe d’amitié France-Arménie de l’Assemblée nationale,
  • Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme,
  • Lucien Stanzione, sénateur du Vaucluse,
  • Marie-Claude Varaillas, sénatrice de la Dordogne,
  • Yannick Vaugrenard, sénateur de Loire-Atlantique,

Associations

  • Association des Libres Penseurs de France (ADLPF), président Thierry Mesny,
  • « Le Chevalier de La Barre », président Daniel Bénichou,
  • « Laïcité et République sociale », président Hubert Sage , secrétaire général Adrien Vahakn Sage,
  • LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), président Mario Stasi,
  • Société Fraternelle des Amis de l’Egalité,
  • UFAL (Union des Familles Laïques, président Christian Gaudray,
Le candidat à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, s’engage pour #missakmanouchianaupantheon

Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle a rencontré samedi 5 février le CCAF sud (Comité de Coordination des Organisations Arméniennes de France) au Centre culturel Sahak Mesrop de Marseille. Ont assisté à cette réunion : Pierre Ouzoulias sénateur, Jeremy Bacchi sénateur, Diko Harounyan coprésident du CCAF sud, Azad Balalas coprésident du CCAF sud, Claude khazarian trésorier Karen Kurshudian de l’ecole Abovian Hovsep Hovsepian des anciens combattants, Melikyan Loussiné altitude 5165 et Simon Azilazian pour l UCFAF .

A cette occasion, il a défendu l’initiative d’Unité Laïque pour le transfert au Panthéon de la dépouille mortelle de Missak Manouchian

Le discours fort de Fabien Roussel devant le CCAF sud – Nouvelles d’Arménie en Ligne (armenews.com)



Extrait du discours

« Souvenez-vous de celui qui est né en 1906 à Adyaman, un village
aujourd’hui en Turquie dans lequel vivaient ensemble des Kurdes, des
Chrétiens syriaques et des Arméniens.
Souvenez-vous de celui dont le père est tué en 1915 par des militaires
turcs, aux premiers jours d’un génocide qui emporta plus d’un million
d’Arméniens.
Souvenez-vous de celui qui, devenu orphelin, arrive ici à Marseille, en
1925. Puis monte à Paris pour travailler chez Citroën, adhère au Comité
de secours pour l’Arménie et au parti communiste.
Souvenez-vous de cet apatride engagé volontaire dans l’armée
française puis membre dès 1941 des premiers réseaux de résistance au sein
des FTP-MOI.

Souvenez-vous de celui qui arrêté par la police de Pétain et remis à
l’armée allemande qui le torture. Sur l’affiche rouge, son portrait est
désigné par une flèche, avec la mention « chef de bande ».
Souvenez-vous de ce combattant de la liberté fusillé le 21 février 1944
avec vingt-deux de ses compagnons, sur le Mont Valérien, dans la clairière
où tombèrent des juifs, des communistes, des gaullistes, des chrétiens, des
francs-maçons, des étrangers.
Souvenez-vous de Missak Manouchian tombé pour la France, pour la
liberté, pour une certaine idée de l’humanité qui nous unit encore
aujourd’hui.

Aujourd’hui, un comité de soutien s’est constitué pour demander
l’entrée de Manouchian au Panthéon. 
J’apporte tout mon soutien à cette
initiative. Missak Manouchian doit rentrer au Panthéon pour honorer la
mémoire de tous ces étrangers morts pour la France, de tous ces Arméniens
chassés par le génocide qui ont été accueillis par la France et qui, tout en
restant fidèles à l’Arménie, ont défendu la République et ses principes et
participé à l’essor de notre pays.
Aujourd’hui, à Marseille, je viens vous témoigner de ma solidarité
pour la République d’Artaskh et pour l’Arménie, je viens vous apporter ma
reconnaissance pour que vive une France et une République sociale, laïque
et respectueuse des peuples et de leur souveraineté. »