Cinq ans de pouvoir taliban : on tue des femmes !
Le 15 août 2021, les talibans entraient sans résistance dans Kaboul abandonnée par l’armée américaine. Le retrait des forces de la coalition occidentale s’achevait dans le chaos le 30 août à l’aéroport où des dizaines de milliers de civils afghans terrorisés tentaient d’embarquer au péril de leur vie pour fuir le retour des fanatiques islamistes.
Dans la foulée, l’ONU, dont la cécité et l’impuissance sont accablantes, entérinait par une pieuse résolution de son conseil de sécurité « les promesses » talibanes, réaffirmait l’importance du « respect des droits humains, y compris ceux des femmes, des enfants et des minorités » et « encourageait » la mise en place d’une politique inclusive (sic) en faveur des femmes et l’accès à l’aide humanitaire.
En cinq ans, les femmes ont été brutalement évincées de l’espace public et leurs droits réduits à néant par le sinistre ministère de la répression du vice, garant d’une application stricte de la charia. Plus encore, les fillettes sont désormais promises au mariage dès l’âge de neuf ans dans le cadre d’une pédophilie institutionnalisée.
Emmurées vivantes dans leur logis, entièrement dissimulées sous un hijab-linceul, sous l’autorité totale des hommes, interdites de faire entendre le son (impur) de leur voix, interdites d’accès au savoir, à l’école, à l’université, à un quelconque emploi, les femmes afghanes, sans perspective, souvent désespérées, se suicident en nombre.
Les soins médicaux, gynécologiques, pédiatriques ne pouvant leur être dispensés que par des femmes, ne sont plus assurés puisque les soignantes ne peuvent plus se former et exercer sinon dans la précarité et la clandestinité. Les ONG et agences onusiennes ont été priées de quitter le pays.
La Cour pénale internationale a émis en juillet 2025 des mandats d’arrêt contre deux hauts responsables talibans pour crime contre l’humanité de persécution liée au genre. Ce mandat est resté lettre morte.
Et les talibans paradent et exultent. La Russie a reconnu officiellement leur gouvernement en juillet 2025 et la Chine, le Qatar et les Émirats ont établi des relations diplomatiques avec Kaboul. Une délégation talibane a été honteusement reçue à Bruxelles par des responsables européens en juin dernier. Que valent les femmes face aux enjeux économiques et régionaux ?
Unité laïque rappelle que l’on ne peut transiger avec les droits humains les plus fondamentaux. La lâcheté, le cynisme ou le silence des adeptes d’accommodements à géométrie variable sont d’autant plus odieux qu’aujourd’hui en Afghanistan la moitié de la population est privée de ses droits les plus élémentaires, ceux-là même que portent les valeurs républicaines d’universalisme et de laïcité.
Unité Laïque soutient pleinement les femmes afghanes que ce régime totalitaire religieux asservit et réduit en esclavage.
Unité Laïque appelle les voix féministes, tout aussi muettes lorsqu’il s’agit de dénoncer les exactions de l’Iran ou du Hamas, à rejoindre le combat universaliste solidaire des femmes afghanes opprimées. Il faut que le gouvernement français demande au plus tôt que l’ONU, par des sanctions claires et fermes, agisse enfin contre le régime des Talibans.
