A travers ses édifices et symboles, c’est la République qui est attaquée.

Avec le buste de Marianne renversé et brisé sur le carrelage de la mairie de Marseille, l’image de l’hôtel de ville de Limoges en flammes restera comme l’un des symboles les plus inquiétants de la crise que traverse notre pays.

Ces magnifiques hôtels de ville à beffroi de la fin du XIXe siècle, au programme architectural et iconographique entièrement laïque et universaliste, sont la marque de la République triomphante, optimiste, pleine de sa confiance en l’Homme et de son désir de perfectibilité. De Paris à Limoges, du Kremlin-Bicêtre à Valence et à tant d’autres municipalités, c’est la France émancipée qui se représente dans ses maisons publiques. C’est à cette République que l’on s’attaque aujourd’hui.

Les revendications sociales, légitimes, sont désormais confisquées par des groupes violents qui détournent les mobilisations populaires pour s’en prendre aux institutions démocratiques. Les incendies, les destructions, les attaques contre les bâtiments publics témoignent de l’irruption d’une subversion qui menace jusqu’aux fondements de notre vie commune et fera advenir par sa violence l’installation de l’extrême-droite au pouvoir.

À cette brutalité s’ajoute l’entrisme des mouvances islamistes et communautaristes, dont la présence incongrue de drapeaux palestiniens dans certaines manifestations constitue un signe inacceptable. Les luttes sociales, qui ont tant contribué à l’histoire de notre République, sont ainsi piratées par des entreprises séditieuses.

La responsabilité d’une partie de la gauche radicale est patente. Depuis des années, ses dirigeants attisent les antagonismes, encouragent les affrontements, flattent les appartenances communautaires et entretiennent des complaisances coupables envers l’islamisme. Leur stratégie de conquête électorale se nourrit d’une colère qu’ils contribuent à rendre incontrôlable. Ceux qui jettent aujourd’hui de l’huile sur le feu ont bien souvent contribué eux-mêmes à l’allumer.

Les premières victimes de cette entreprise sont les citoyens qui manifestent pour défendre leurs conditions de vie, leurs droits et leur avenir. Leurs revendications disparaissent derrière les violences de ceux qui prétendent parler en leur nom.

Ces images, qui ne peuvent que rappeler le traumatisme ressenti par les Français lors de l’incendie de Notre-Dame, sont aussi la marque de notre échec collectif à continuer de former des citoyens par l’École publique. Elles révèlent l’affaiblissement de la conscience républicaine et de l’attachement aux libertés conquises au fil de notre histoire.

Cette « insoumission » organisée n’est plus tournée contre les rois et les oppresseurs, mais contre la loi qui protège et les idéaux qui libèrent. Notre République est bien plus forte que celle de Weimar. Saura-t-elle résister aux nouveaux SA ?

Unité Laïque appelle tous les républicains à défendre sans faiblesse la loi commune, l’École publique et les institutions de notre démocratie.

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