Unité Laïque
Laïcité : les élus ne sont pas au-dessus de la neutralité – Le Point

TRIBUNE. Jean-Pierre Sakoun, président de l’association Unité Laïque, répond à Nicolas Cadène et soutient que la laïcité interdit toute ostentation religieuse dans l’exercice d’un mandat public.

Dans une tribune publiée par Le Monde le 21 mars dernier, Nicolas Cadène présente la décision du tribunal administratif de Dijon validant l’interdiction des signes religieux ostensibles au sein du conseil municipal de Chalon-sur-Saône, comme le symptôme d’une dérive « restrictive » de la laïcité. L’argument est connu : les élus ne seraient pas des agents publics et pourraient donc afficher leurs convictions religieuses sans entrave. Cette thèse repose pourtant sur une confusion majeure – et, disons-le, sur une lecture idéologique de la laïcité.

Tout d’abord, l’auteur de la tribune feint d’ignorer que le 22 décembre 2025, la loi n° 2025‑1249 a introduit un statut de l’élu local qui impose la laïcité : l’article L1111‑13 du Code général des collectivités territoriales stipule que « l’élu local s’engage à respecter les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ». C’est sur cette base que le juge des référés a estimé que cette nouvelle disposition rendait la neutralité religieuse obligatoire pour les élus dans l’exercice de leur mandat et pas seulement lorsqu’ils représentent la République.

En affirmant que « la liberté de conscience d’un membre élu […] doit être conciliée avec le principe de laïcité », le juge rappelle une évidence trop souvent oubliée et désormais clairement édictée par la loi : la liberté de conscience n’est pas une licence d’exhibition religieuse dans l’exercice d’une fonction publique, fût-elle élective.

Lire la suite
Enseignants : la difficile transmission de la laïcité – Envol

Aline Girard, Secrétaire Générale d’Unité Laïque, signe un article de fond sur le rapport entre les enseignants et la laïcité dans le magazine Envol, le journal d’action laïque de l’Ardèche.

« La laïcité et son application sont au cœur de nombreux problèmes rencontrés dans les établissements scolaires, mais aussi de polémiques qui sortent du cadre scolaire et provoquent des débats parfois violents dans la société (port de l’abaya, demande de repas confessionnels à la cantine, contestations d’enseignement, etc.). Bien que le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation rappelle qu’ »en tant qu’agents du service public d’éducation, les professeurs et personnels d’éducation transmettent et font respecter les valeurs de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, le refus de toutes les discriminations », force est de constater que certains enseignants se trouvent embarrassés quand il s’agit de transmettre la laïcité et les valeurs de la République. Le corps enseignant est en effet loin d’être homogène sur ces questions et ne parle pas d’une seule voix. Quatre groupes peuvent être distingués, qui témoignent d’embarras de différentes natures à concevoir, définir, expliquer, mettre en application et transmettre la laïcité. Des divergences de vues profondes apparaissent qui mettent en évidence une double fracture, générationnelle et idéologique. Le remarquable livre de Iannis Roder La jeunesse française, l’école et la République1 nous aide à prendre la pleine mesure de la difficulté à fonder à l’école une culture commune autour de la laïcité depuis que l’idéal républicain s’est affaibli, que la religion et les affirmations identitaires ont fait irruption dans les établissements scolaires et que les atteintes à la laïcité sont devenues protéiformes. »

Lire la suite