« Madame la Maire, chère Delphine Bürkli,
Monsieur le Président d’Unité Laïque, cher Jean-Pierre,
Monsieur Basile Ader, représentant le bâtonnier de Paris,
Monsieur Alain Jakubowicz, président d’honneur de la LICRA,
Mesdames et Messieurs, chers professeurs, chers élèves, chers amis de la liberté, de l’émancipation, de la laïcité,
Il y a cinq ans, le 16 octobre 2020, mon frère Samuel a été assassiné par un terroriste islamiste. Massacré parce qu’il était professeur, parce qu’il exerçait son métier avec fidélité, parce qu’il avait osé enseigner la liberté d’expression au cœur d’une classe de la République. Cette date reste gravée en nous, indélébile. Elle n’est pas seulement le sceau d’un deuil intime, elle est une plaie ouverte sur la nation tout entière : sur nos consciences, sur l’École, sur la République elle-même. Je me tiens devant vous ce soir non pour attiser la souffrance – elle nous habite en permanence –, mais pour affirmer, avec calme et détermination, que nous ne capitulerons pas. Je parle en sœur endeuillée, en citoyenne engagée, en alliée de ces innombrables enseignants qui, jour après jour, franchissent le seuil de leur école animés par le sens du devoir. Mon frère n’a pas succombé à une simple querelle passagère : il a été frappé pour ce qu’il incarnait, l’autorité sereine d’un professeur au service de la République laïque.