Il dénonce «les fossoyeurs de la laïcité» en France – Watson
Jean-Pierre Sakoun est le président de l’association Unité Laïque. A l’occasion des 120 ans de la loi française de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, il a répondu aux questions de watson.
Il y a 120 ans, le 9 décembre 1905, les parlementaires français adoptaient la loi de séparation des Eglises et de l’Etat instaurant la laïcité. Une loi aujourd’hui poussée dans ses retranchements par divers acteurs communautaires, politiques ou religieux. Farouche défenseur de la loi de 1905, Jean-Pierre Sakoun préside l’association Unité Laïque. Il a également été l’initiateur et président du comité pour l’entrée du résistant communiste arménien Missak Manouchian au Panthéon, en 2024.
Pourquoi la France en est-elle venue à voter la loi de 1905 sur la laïcité?
Jean-Pierre Sakoun: Cette loi résulte de la Révolution française de 1789. Une loi qui s’est faite au nom des Lumières et en particulier des Lumières françaises. Qui sont beaucoup plus rationalistes que les Lumières anglaises, qu’on appelle l’Enlightenment et qui se sont traduites par la mise en place d’une société fondée sur la tolérance, c’est-à-dire sur une forme d’inégalité entre tolérant et toléré. La société française, elle, dès la Révolution, aspire à l’égalité, en particulier à travers la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui est rédigée et conçue dès août 1789, et qui dans ses articles 3 et 10 définit déjà en réalité ce qu’est la séparation entre les Eglises et l’Etat, d’une part, la liberté de conscience, d’autre part.
Que trouve-t-on dans ces articles?
L’article 10 dit que nul ne peut être inquiété pour ses opinions religieuses dans les limites de l’ordre public, ce qui est pratiquement la manière dont est rédigé l’un des articles de la loi de 1905. Quant à l’article 3, il dit que la souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut imposer sa règle à qui que ce soit.





















































