Unité Laïque
L’exemple « inspirant » du concordat à l’Assemblée nationale – Entretenir volontairement la confusion.

Le 25 novembre 2021, M. Sylvain Waserman, député MoDem de la 2e circonscription du Bas-Rhin organisait une table ronde à l’Assemblée nationale pour « partager l’esprit de l’interreligieux qui anime la Meinau – avec quatre responsables de culte du quartier bien connus ».

Cette initiative polémique tenue dans les locaux-mêmes de la représentation nationale laïque s’accompagnait de considérations sur le modèle « inspirant » du Concordat d’Alsace-Moselle.

Ce qui est profondément gênant dans cette affaire, c’est ce rôle de modèle que le député accorde à l’organisation concordataire de la société alsacienne.

Ne nous cachons pas derrière des faux-semblants. M. Waserman rêve de voir le Concordat étendu à la France. Comme la majorité de ses collègues alsaco-mosellans, lorsqu’il a été question de modifier la Constitution, il s’est empressé de signer un projet d’amendement sanctuarisant le Concordat.

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Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ?

Conférence

par Aline Girard

Secrétaire générale d’Unité laïque

24 novembre 2021 à l’invitation de l’association Laïcité et féminisme Accueil | association-lef (wixsite.com)

L’enseignement du « fait religieux »[i] est un sujet complexe, sur lequel on a souvent tendance à prendre position sur la base de convictions personnelles difficiles à objectiver. Dans mon livre Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ? [ii], j’invite les lecteurs à aller « de l’autre côté du miroir » et au-delà des évidences et du consensus.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je précise quelques points essentiels :

  • Le point le plus important : Les programmes scolaires intègrent depuis toujours l’enseignement des religions en tant que « faits de civilisation » (R. Debray)[iii]. Les professeurs de littérature, d’histoire, de philosophie ont toujours convoqué l’histoire des religions, comme référence ou objet d’étude littéraire, historique, sociologique, philosophique ou comme source d’inspiration artistique. La laïcité scolaire n’a jamais interdit d’avoir accès à la culture religieuse, mais je le répète, en tant qu’elle est un fait historico-culturel.

« Vouloir introduire un enseignement qui existe déjà, c’est bizarre… C’est donc autre chose […] qu’il est question d’introduire pour donner un sens différent aux objets abordés ». (C.Kintzler).

  • Autre chose en effet. Nous sommes en présence d’un événement pédagogique tout à fait mineur, mais face à un événement idéologique majeur. L’introduction de l’enseignement du fait religieux n’est pas une question scolaire, mais une question politique.
  • Des influences multiples et puissantes ont été et sont toujours à l’œuvre : un renouveau du cléricalisme et l’influence déterminante de l’Union européenne.

J’insiste : mon point de vue ne consiste aucunement à mettre fin aux références aux religions dans les programmes scolaires, en tant qu’elles sont des références historiques et culturelles.

Je précise que le mot « cléricalisme » signifie un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et des clergés dans la vie publique et politique. Il s’applique donc à toutes les religions.

Je me permets de vous demander de vous souvenir, tout au long de mon exposé, que ce dont je parle ne concerne pas la pédagogie ou le bien-fondé de l’enseignement de l’influence des religions sur les sociétés depuis la nuit des temps. Je parlerai ici de la matrice idéologique et politique qui a fait naître la notion d’enseignement du fait religieux et a permis que l’EFR contribue de manière décisive à la « cléricalisation » des esprits, en particulier ceux des élèves des collèges et lycées et des enseignants.

Ma présentation sera organisée autour de 5 questions.

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Inspecteur général de l’Éducation nationale, « ad majorem dei gloriam »…

Aline Girard, pour UNITÉ LAÏQUE

En 2003, un enseignant interroge Régis Debray, auteur du rapport sur l’enseignement du fait religieux : « Y-a-t-il un objectif politique derrière cet intérêt pour l’enseignement du « fait religieux » ? Si l’on veut utiliser les enseignants pour calmer les élèves musulmans des banlieues, il faut au moins nous le dire clairement et que nous sachions si nous en sommes d’accord ». Régis Debray répond : « Mais bien sûr, c’est bien de cela qu’il s’agit ». [1]

Samedi 18 septembre 2021, Abdennour Bidar, inspecteur général de l’Éducation nationale, membre du Conseil des sages de la laïcité de l’EN, déclare au 28’ d’Arte qu’il est fondamental d’enseigner les religions à l’école pour assouvir la quête de sens « essentielle à nous, les êtres humains » et pour prendre acte de la multiculturalité de la France d’aujourd’hui. La boucle est ainsi bouclée, de Régis Debray à Abdennour Bidar.

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L’anti-Drumont

Christophe Donner, La France goy, Paris, Grasset, 2021, 506 p., 24 €

Ce roman haletant s’enracine dans les archives familiales personnelles de l’auteur, Christophe Donner.

Il retranscrit surtout avec une grande précision un paysage historique et politique. Celui de cette France basculant d’un XIXème siècle bouillonnant vers un XXème siècle sanglant et barbare. Celui aussi d’une IIIème République frappée de plein fouet par l’affaire Dreyfus.

Henri Gosset, l’arrière-grand-père de l’auteur, naît en 1874 à Cateau dans le nord. Les périples qui l’amèneront à Paris, jusqu’à le plonger plus tard dans la première guerre mondiale, constituent les trames qui donnent à ce roman toutes les qualités d’une description minutieuse de l’époque et de son atmosphère. Les archives de ses lettres et autres écrits viennent rythmer ce récit historique avec une acuité fine.

Mais c’est sur l’amitié d’Henri Gosset et Léon Daudet que se tisse cette plongée historique dans la France de la fin XIXème. 1870 est passée par là et la haine des prussiens, du Kaiser Guillaume Ier, du chancelier Bismarck, et plus encore l’antisémitisme, seront les ferments d’une haine viscérale rongeant la société française de l’époque.  Christophe Donner, en s’appuyant sur les archives de sa famille, scrute avec nous cette époque schizophrène.

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Introduction à la conférence « La laïcité est-elle exportable ? »

Café Laïque « Laïcité, Laicidad, Secularism ! »

17 novembre 2021, en collaboration avec l’association Le Chevalier de La Barre

Par Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité Laïque

Parmi les éléments constitutifs de l’idée démocratique, on trouve la séparation du politique et du religieux. Toutes les démocraties respectent ce principe : on est également citoyen, quelle que soit son appartenance ou sa non-appartenance à une église. Mais ce principe se met en œuvre dans des conditions différentes selon les pays dans lesquels il s’applique.


Pour simplifier, il y a deux traditions, la tradition anglo-saxonne, à laquelle l’Allemagne fédérale s’est conformée, puisque la démocratie allemande a été au fond formée par la démocratie et l’influence américaines. Elle y a rallié tous les pays d’Europe du Nord, qui d’ailleurs pour la plupart, l’avaient adoptée, conformément à leur tradition libérale, luthérienne ou calviniste. C’est une tradition fondée sur l’égalité de toutes les religions, sur la liberté religieuse comme dimension première et sur des formes de collaboration dans la vie sociale entre organismes publics et cultes, qui pour nous est assez déroutante. Il paraît par exemple normal que le président des États-Unis prête serment sur la Bible, qu’on sache quelle est l’affiliation religieuse de tous les hommes politiques et que les groupes religieux entretiennent des lobbies et agissent en tant que tels auprès des instances publiques. C’est le cas dans le cadre de l’administration européenne, d’inspiration clairement anglo-saxonne et démocrate-chrétienne. Cette tradition est un des deux grands modes de séparation. Il reste le principe fondamental que les Américains appellent « le mur » de séparation et qui dans certains domaines, est plus infranchissable que dans notre pays laïque. Ainsi, le financement public de l’école privée, confessionnelle ou pas, apparaîtrait aux États-Unis comme une incongruité absolue.

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Conférence La laïcité est-elle exportable ?

Café Laïque « Laïcité, Laicidad, Secularism ! »

En collaboration avec l’association Le Chevalier de La Barre

17 novembre 2021,

Conférence par Renée Fregosi,

 Docteur en philosophie et en sciences politiques 
• Directrice de recherche honoraire à l’ Institut des hautes études de L’Amérique Latine de Paris 3 Sorbonne Nouvelle 
• Ex-Directrice de l’institut du PS,
• Essayiste

Membre du Conseil d’administration d’Unité Laïque

On entend souvent affirmer que la laïcité serait une spécificité française pour en minimiser la portée, en relativiser l’importance et en fait en rejeter le principe.  Les défenseurs de la laïcité doivent par conséquent répondre sérieusement à cette question ou plutôt à cette « remise en question ».

Il est vrai que l’esprit laïque est plus particulièrement né en France, avec la philosophie libertine et la philosophie des Lumières des 17ème et 18ème siècles, bien avant la Troisième République et la série des lois laïques entre 1880 et 1906 (fondamentales mais auxquelles on résume trop souvent la laïcité).

Comme tout concept, la laïcité a une origine. Cependant, comme la démocratie née en Grèce ancienne au 5ème siècle avant JC ne se cantonne pas à ce lieu et à ce temps, loin d’être propre à la France moderne la laïcité est un principe universalisable, exportable partout, « appropriable » en tout lieu, aujourd’hui comme hier et demain. Et ce, pas seulement en droit, théoriquement, mais dans les faits.

Ces derniers mois, une campagne politique s’est développée au Brésil et dans d’autres pays d’Amérique latine à propos de la politisation supposée de l’enseignement. La droite et notamment Bolsonaro en a fait un de ses thèmes favoris puisque ce serait « la gauche » (anciennement appelée du terme générique de « communisme ») qui serait coupable de cet idéologisation de l’enseignement, de cet endoctrinement des enfants. En mars dernier, le débat a rebondi en Uruguay à partir d’une polémique provoquée par la publication sur le net d’une photo montrant des enseignants dans une manifestation politique.

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Les Français et l’enseignement du fait religieux

Sondage Novembre 2021

Les Français et l’enseignement du fait religieux

L’Ifop a mené pour l’Institut d’étude des religions et de la laïcité (IREL) une étude sur « Les Français et l’enseignement du fait religieux ». Retrouvez les résultats de l’enquête Les Français et l’enseignement du fait religieux.

L’interprétation des résultats de l’enquête par l’IREL n’a pas convaincu Unité laïque. C’est pourquoi Aline Girard, secrétaire générale d’Unité laïque et spécialiste de l’enseignement du fait religieux à l’école, s’est livrée à une analyse détaillée des résultats de l’enquête. Derrière les commentaires positifs et consensuels des résultats par l’IREL et par les promoteurs de l’enseignement du fait religieux, on peut en effet mettre en évidence une autre réalité. L’enseignement du fait religieux est loin de donner les résultats escomptés. Ce semi-échec n’empêche pas l’IREL de continuer, sans faiblir, à légitimer cet enseignement sur la base de convictions idéologiques et de travailler à la confusion des esprits

L’analyse d’Aline Girard est en ligne sur Mezetulle, le blog de Catherine Kintzler.

La laïcité, idéal émancipateur et pratique quotidienne

Les Conférences-débats d’UNITÉ LAÏQUE

Inscription obligatoire : contact@unitelaique.org

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Samedi 4 décembre 2021
de 14h15 à 17h
45

Auditorium du Centre du patrimoine arménien

14 Rue Louis Gallet, 26000 Valence

14h00-14h15 : Accueil des participants au Centre du patrimoine arménien

14h15 -14h30 : Allocution de bienvenue de M. Nicolas Daragon, maire de Valence

14h30-14H45 : Ouverture de la conférence-débat par Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité laïque

14h45-15h30 : Table-ronde  Élus territoriaux : la laïcité au quotidien

Animée par Philippe Foussier, vice-président d’Unité laïque, ex-Grand Maître du Grand Orient de France, avec :

Christine Priotto, directrice de l’Association des maires de la Drôme et maire de Dieulefit (2008-2020) ;

Bernard Ravet, 3e adjoint au maire de Châtillon-en-Diois, chargé du patrimoine ;

Khadija Unal, première adjointe au maire de Ferney-Voltaire.

15h30-16h00 : Échanges avec la salle

16h00-17h00 : Table-ronde  La laïcité : un principe actif

Animée par Jean-Pierre Sakoun, avec :

Jacqueline Costa-Lascoux, docteur en droit, directrice de recherche honoraire au CNRS, ex-présidente de la Ligue de l’enseignement ;

Nathalie Heinich, sociologue, directrice de recherche au CNRS ;

Pierre Juston, doctorant en Droit public, en droits fondamentaux et libertés publiques, spécialisé sur les questions de laïcité.

17h00-17h30 : Échanges avec la salle

17h30-17h45 : Conclusion de la conférence-débat par Philippe Foussier

Les intervenants

par ordre d’intervention

Jean-Pierre Sakoun

Ancien conservateur des bibliothèques et ingénieur de recherche au CNRS, Jean-Pierre Sakoun a été l’un des pionniers de l’édition numérique en France. Il est président d’Unité laïque, après avoir été président du Comité Laïcité République de 2017 à 2021. Il a publié de nombreux articles dans la presse nationale et intervient régulièrement sur les radios et sur les réseaux sociaux où il commente l’actualité d’un point de vue laïque et républicain.

Philippe Foussier

Militant laïque depuis le début des années 1990, Philippe Foussier a notamment été président du Comité Laïcité République (2005-2009). Il a été Grand Maître du Grand Orient de France. Il anime l’émission radiophonique i-trema de l’Union des familles laïques (UFAL). Journaliste indépendant, il a été rédacteur en chef de Communes de France (1995-2017). Diplômé en journalisme et dans le domaine de la défense, il contribue à plusieurs magazines et revues.

Christine Priotto

Christine Priotto est diplômée de sciences Po Lyon. Dès la fin de ses études elle s’engage dans la publique et est élue conseillère départementale de la Drome de 2004 à 2011, puis maire de Dieulefit de 2008 à 2020. Cadre de la fonction territoriale depuis de nombreuses années, elle est actuellement directrice de l’Association des maires de la Drôme (AMF26).

Bernard Ravet

3e adjoint au maire de Châtillon-en-Diois, chargé du patrimoine. Président de la commission Éducation de la LICRA. Ancien principal de collège en ZEP à Marseille, auteur de « Principal de collège ou imam de la République ».

Khadija Unal

Khadija Unal est titulaire d’un DEA de droit de l’Université Paris X-Nanterre. Élue locale et communautaire depuis 2014, elle est première maire adjointe de Ferney-Voltaire dans l’Ain depuis 2016. Elle est par ailleurs cadre dans une société de services aéroportuaires.

Jacqueline Costa-Lascoux

Jacqueline Costa-Lascoux, juriste, sociologue et psychanalyste, est directrice de recherche honoraire au CNRS, associée au CEVIPOF, Sc po Paris. Elle a été présidente, démissionnaire, de la Ligue de l’enseignement de 2001 à 2003. Elle est membre du Bureau Exécutif de la Licra. Elle a publié ouvrages, articles et rapports de recherche sur l’immigration et l’intégration, sur les transformations de la famille, l’éducation à la citoyenneté en France et à l’étranger, sur la laïcité et les valeurs républicaines.

Nathalie Heinich

Nathalie Heinich est sociologue et directrice de recherche au CNRS. Outre de nombreux articles, elle a publié près d’une quarantaine d’ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d’artiste et d’auteur, les identités en crise, l’histoire de la sociologie, les valeurs et l’universalisme. Elle a par ailleurs publié trois récits autobiographiques en forme de « trilogie des maisons».

Pierre Juston

Pierre Juston est doctorant en droit public, spécialisé sur les questions de laïcité. Engagé depuis de nombreuses années en faveur de la laïcité, il a publié de nombreuses contributions scientifiques sur le sujet, ainsi que des articles de vulgarisation. Il intervient très régulièrement dans les établissements scolaires et forme au principe de laïcité dans la fonction publique.

Les publications les plus récentes des intervenants

Renée Fregosi, Nathalie Heinich, Jean-Pierre Sakoun et Virginie Tournay, Le bêtisier du laïco-sceptique, Paris, Minerve, 2021.

Philippe Foussier, Combats maçonniques, Paris, Conform Editions, 2018.

Nathalie Heinich, Ce que le militantisme fait à la recherche, Paris, Gallimard, 2021.

Nathalie Heinich, Oser l’universalisme. Contre le communautarisme, Paris, Le Bord de l’eau, 2021.

Pour quoi nous battons-nous ?

Ba-ta-clan : jeu de mot de Jacques Offenbach,
imitant les sonorités d’une langue chinoise d’opérette en séparant le mot en trois syllabes.

Sens original, du picard « pataclan » : grand remue-ménage, bruit d’un corps qui tombe…

Les victimes du Bataclan

Le 13 novembre 2015, dix mois après Charlie, alors que les Français encore sous le choc de l’assassinat des joyeux compères de la rue Nicolas-Appert, des juifs de l’Hypercasher er des policiers qui étaient sur le chemin des tueurs, commençaient à assimiler ce qui leur était arrivé, l’horreur recommença, décuplée.

Cette fois, les islamistes ne visaient plus des caricaturistes de presse, des juifs ou des représentants de l’ordre, symboles de leur détestation du monde. C’est le peuple-même qu’ils frappaient, même s’il n’est pas indifférent que le lieu principal du massacre, le Bataclan, appartînt à des propriétaires déjà menacés parce que juifs.

Au Stade de France, aux terrasses des cafés populaires du XIe arrondissement, dans l’enceinte de la salle de plaisir devenue abattoir, des tueurs froids, posés, fanatisés, exécutèrent leur mission, fanatiquement, posément, froidement.

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Le 11 novembre, phare pour la République et la Nation.

Unité Laïque, communiqué de presse du 11 novembre 2021.

Il est des célébrations du 11 novembre qui restent dans les mémoires et dans l’Histoire.

Ce 11 novembre 2021 fera date. La Nation a rendu hommage sous l’Arc de triomphe à la dépouille du dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, mort à 101 ans. Il est dorénavant inhumé dans la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, à l’emplacement laissé vacant depuis 1945 pour accueillir le dernier des 1 061 combattants et résistants qui se sont vu décerner la médaille de l’Ordre de la Libération, créé en 1940 par le Général De Gaulle. A travers Hubert Germain, la France a rendu hommage à tous ces combattants de la liberté qui, à partir de 1940, ont fait le choix de se battre pour effacer l’outrage de l’Armistice. La geste gaullienne prend fin.

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Remise des prix de la laïcité du CLR
Les lauréats et le président du jury, Gérald Bronner

Le 10 novembre 2021, étaient remis à l’Hôtel de Ville de Paris les Marianne de la laïcité du Comité Laïcité République, en présence de Mme Hidalgo, Maire de Paris, de M. Valls, ancien Premier ministre, de Mme Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté et de MM Henry et Lengagne, anciens ministres.

Cette cérémonie voyait récompensés les lauréats de 2020 et de 2021, ceux de l’année dernière n’ayant pu alors recevoir leurs prix, pour cause de pandémie.

Deux hommages émouvants étaient rendus à Charb, président du jury 2012, et à Samuel Paty.






La liste des récipiendaire était magnifique, enthousiasmante et prestigieuse, et la qualité de leurs discours exceptionnelle.

2020
Prix spécial : Laurent Bouvet
Prix national : Richard Malka
Prix international : Kamel Daoud
Prix Sciences et Laïcité : Yves Bréchet
Mention au prix national : Rachida Hamdan
Mention au prix international : Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir

2021
Prix national : Rachel Khan
Prix international : Leïla Mustapha

Vous retrouverez la totalité de l’événement en suivant ce lien : Comité Laïcité République (laicite-republique.org)

Unité Laïque félicite les lauréats, le président du jury Gérald Bronner et le Comité Laïcité République pour la qualité de cette cérémonie devenue désormais le rendez-vous annuel de tous les laïques. Pour illustrer la ferveur qui les unissait hier, voici ci-dessous l’intégralité du discours inspirant et roboratif de Richard Malka, prix national 2020.


Discours de Richard Malka

« Il y a un an, j’avais préparé un discours, c’est bien dommage qu’il ne soit plus d’actualité parce que franchement il était magnifique…

J’aurais voulu vous raconter pourquoi j’étais tant attaché à cette laïcité. Je vous aurais parlé de mes parents, mes parents venus du Maroc avec une religion, une culture qui n’était pas celle de leur pays d’accueil. Et pourtant, c’est mon frère qui me l’a rapporté, à chaque 14 juillet mes parents se levaient à l’aube pour regarder sur leur télé noir et blanc le défilé militaire et cette grande fête du 14 juillet qui pour eux était une fête merveilleuse.

Le rêve de mon père, dans son petit atelier du boulevard Montmartre, où il passait beaucoup d’heures sur sa machine à coudre, était que l’un de ses fils soit polytechnicien. Ça, ça a raté mais plus classiquement, ils sont devenus médecin, ingénieur, avocat. À cette époque-là, la méritocratie était une garantie de justice et d’égalité et n’était pas encore devenue un gros mot synonyme de racisme systémique pour les beaux esprits qui dirigent une école de la rue Saint-Guillaume.

J’aurais aimé que mon père soit là aujourd’hui, il aurait été si heureux du chemin parcouru depuis le melah, quartier réservé aux juifs à Meknès, jusqu’à cette Maison commune de la Ville-Lumière et je remercie Mme le Maire de nous y accueillir.

Mes parents s’inscrivaient sans le savoir dans la continuité de ces Juifs ashkénazes d’avant-guerre qui avaient choisi la France sans rien connaître de ce pays, parce qu’ils avaient dans l’idée que c’était la patrie de Victor Hugo, Victor Hiougo comme ils disaient avec leur accent et que c’était surtout la patrie de l’égalité des droits et que c’était en plus la patrie qui avait été capable de désavouer sa propre armée au bénéfice d’un capitaine juif et de lui décerner la Légion d’Honneur parce que oui, il est innocent et c’est un révisionnisme indigne que de prétendre le contraire aujourd’hui.

Je vous aurais dit que la France c’était la République laïque. Je vous aurais dit que jamais à l’école publique je ne me suis senti rejeté ou différencié, que mes identités multiples, Français, Juif, Arabe à bien des égards, ont pu se concilier harmonieusement grâce à cette laïcité. Et qu’ainsi j’ai pu découvrir d’autres familles dont la vôtre, celle des libres penseurs.

Quand on est serein avec sa différence, on n’a pas besoin d’en faire un étendard et cela permet d’aller vers l’autre plutôt que de se replier sur ses origines ou sur sa religion, quelle qu’elle soit. C’est rare et c’est précieux, alors, au travers des combats qui me valent ce prix aujourd’hui, je crois que je cherche à remercier cette République et à faire en sorte que peut-être, les générations d’aujourd’hui et celles de demain bénéficient de cette même chance, même si je sais que malheureusement, ce n’est plus le cas parce que c’est l’époque des replis identitaires et si nous y résistons plus que d’autres pays, nous ne parvenons plus à fabriquer de l’universalisme.

Nous n’y parvenons plus pour bien des raisons mais surtout parce que nous avons cessé d’en être fiers et que nous n’osons plus transmettre cette transcendance qui est la nôtre, parce que oui, un pays a besoin d’une transcendance. Mais il y a un temps pour tout…

J’avais prévu de vous livrer un fragment d’histoire de la laïcité mais vous en serez privés aussi parce que ce n’est plus le temps de l’Histoire.

J’aurais pu vous dire que la laïcité est la fille aînée des Lumières mais il n’est plus davantage le temps de philosopher.

Aujourd’hui, c’est le temps de l’action, de l’engagement, du combat, du réveil pour être fidèle à ce que nous incarnons aux yeux du monde et pour lui offrir un autre modèle que le communautarisme anglo-saxon qui a accouché d’un enfant monstrueux qui s’appelle le wokisme qui est la séparation de tous d’avec tous, ce qui conduira à la méfiance de tous à l’égard de tous puis à l’hostilité puis au conflit de tous contre tous.

Votre prix m’aidera, il m’honore, il me touche au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Mais ce n’est plus le temps des récompenses.

Vous êtes les protecteurs de l’universalisme, torturé, étreint depuis des décennies par nombre d’enfants gâtés de ce pays, aux titres plus ronflants les uns que les autres, qu’ils soient sociologues du CNRS ou membres du Collège de France .

La laïcité qui est bien plus qu’une idée, c’est un rêve de paix, de coexistence heureuse dans un monde rongé d’un côté par l’Islam qui se radicalise et dont les principales victimes, il faut le rappeler, sont les musulmans et les musulmanes qui veulent vivre libres et de l’autre par une idéologie obscurantiste qui transforme des bibliothèques en bûchers, retire des œuvres des musées et fait des universités des gigantesques terrains de chasse aux sorcières, excluant toute contradiction.

Vous êtes ceux grâce à qui la religion restera une affaire privée, éminemment respectable mais à partir du moment où elle reste privée et où elle n’ampute pas notre créativité, où elle n’écrase pas notre vie, où elle n’enchaîne pas notre liberté.

Vous êtes ceux pour qui ce qui est insupportable et offensant, ce n’est pas de critiquer les religions mais c’est le fait qu’une adolescente de seize ans soit obligée de vivre comme Salman Rushdie dans son pays, après cent mille menaces de mort et en étant sans cesse suivie par des policiers.

Vous êtes ceux qui n’accepteront jamais qu’une ancienne candidate à la Présidence de la République, de gauche, accable cette jeune fille. Et que des universitaires se répandent sur tous les plateaux de télé en vous expliquant qu’il faudrait renoncer au droit de critiquer les religions parce que cela froisse les croyants.

Vous êtes ceux qui n’accepteront pas le retour d’une idéologie moyenâgeuse et qui ne trouveront jamais d’excuse à ceux qui tuent.

Vous êtes ceux qui ne supporteront jamais non plus le fatalisme dans nos écoles et dans nos collèges, accompagnés et encouragés parfois par une partie de la hiérarchie de l’Éducation nationale, par des Fédérations de parents d’élèves et par certains syndicats.

Nous ne renoncerons jamais à enseigner la liberté d’expression parce que nous ne sommes pas la Ligue des Droits de l’Homme qui n’a plus de droits de l’Homme que le nom !

Nous sommes ceux qui n’accepteront pas de quelconques accommodements parce que pour reprendre une formule de mon ami Philippe Val, « La laïcité est ou n’est pas ! ». Vouloir l’accommoder c’est vouloir améliorer la coque d’un bateau en y perçant un trou. Et les premiers naufragés seront les femmes, les homosexuels et tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases islamo-salafistes. Et des trous on en a déjà percé beaucoup, beaucoup, dans le monde éducatif, sportif, associatif, dans des entreprises, dans tellement de territoires perdus.

Vous êtes ceux qui auront le courage et la force morale de refuser tout autant les discours d’exclusion, de haine et il y en a. Mais aussi l’idéologie victimaire parce que ces deux idéologies sont des poisons qui disloquent tout et ne créent que de la haine et de la violence.

Vous êtes ceux qui ont le devoir de réinventer la Gauche en lui interdisant de rester silencieuse sur ces questions. Le peuple de gauche n’attend que cela et depuis trop longtemps.

Il fut un temps où c’était un programme de gauche avant qu’une partie d’entre elles ne soit occupée à dresser des listes de mal pensants dans leur propre camp et à justifier le communautarisme.

Les coups ont été rudes depuis vingt ans. Nous avons été islamophobes, extrémistes,  uniquement parce que nous n’acceptons pas d’être privés du plaisir de rire des caricatures, que nous souhaitons qu’une crèche puisse toujours faire le choix de la neutralité religieuse et que nous ne voulons considérer ni les couleurs, ni les religions, ni les origines.

Vous vous savez que nous n’inventons pas les dangers parce que si nous inventions les dangers, alors nos amis ne seraient pas morts, il n’y aurait pas eu de Juifs tués à l’Hypercacher, ni de policiers dans les rues, ni de journalistes, ni de passants, ni de jeunes aux terrasses et Samuel Paty n’aurait pas été décapité.

La laïcité, l’universalisme ne visent qu’à banaliser l’Islam, comme le protestantisme, le christianisme ou le judaïsme pour libérer, pour que la religion, ou le genre ou la sexualité deviennent indifférents plutôt que prépondérants. Pour que l’on puisse oublier cinq minutes sa religion, son genre, son orientation sexuelle, et ce n’est pas grave, ce n’est pas une trahison, pour paraphraser Aristide Briand, « la laïcité n’est pas une hostilité, c’est une libération ! ».

Est-ce que l’on peut encore tenir ce discours à gauche ? Est-ce que je peux dire que cette obsession à revendiquer ses différences me fatigue, Parce que c’est le contraire de la complexité humaine. Parce que c’est un accomplissement de notre humanité. Qui cher Mr Mélenchon, chère Mme Rousseau ne nous mènera nulle part ailleurs qu’à la catastrophe.

Précisément, parce que l’universalisme est en danger et ce n’est certainement pas le candidat dont tout le monde parle qui nous défendra. On en entend aujourd’hui l’intérêt, bien davantage qu’hier. Il y a une attente massive, qui n’est pas satisfaite. Et c’est ce qui permet à tous les discours populistes de séduire, mais c’est à nous, à vous, de proposer des alternatives. C’est notre responsabilité. C’est à nous de proposer un autre chemin parce que la nature a horreur du vide et si nous, nous ne le faisons pas, alors nous ne pourrons pas nous plaindre que d’autres guettent les suffrages de ceux qui n’en peuvent plus.

C’est à la gauche de parler de la fierté de notre universalisme. C’est à nous de forcer le destin.

Vous me remettez ce prix à ce moment crucial et il me sera d’autant plus utile que ce n’est plus le temps des compromis. C’est le temps des exigences, c’est le temps de vous faire entendre, c’est le temps de la reconquête et c’est à portée de main parce que nous sommes encore l’immense majorité de ce pays.

Je pense à toi, Charb, à cette tribune en 2012. Alors, si tu es là-haut en train de fumer un gros cigare avec le dieu des juifs, des chrétiens et des musulmans, t’inquiète pas on lâchera rien !

Café Laïque du 17 novembre 2021 à Paris

Le Chevalier de la Barre et Unité Laïque

Le Chevalier de la Barre et Unité Laïque ont le plaisir de vous convier à notre prochain Café Laïque qui aura lieu :

Le 17 Novembre 2021 à 18h30 :
Au REGENT, 70 rue Lafayette, 75009 PARIS
Métro CADET

Notre grand témoin : Renée FREGOSI

• Docteur en philosophie et en sciences politiques 
• Directrice de recherche honoraire à l’ Institut des hautes études de L’Amérique Latine de Paris 3 Sorbonne Nouvelle 
• Ex-Directrice de l’institut du PS,
• Essayiste

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L’Ami du peuple taché du sang de Marat

Un vrai moment d’Histoire

« Ces feuilles teintes du sang de Marat se trouvaient sur la tablette de sa baignoire lorsqu’il fut poignardé par Charlotte Corday. Ils furent recueillis et conservés par sa sœur Albertine Marat qui a bien voulu m’en faire le sacrifice pour accroître ma collection de monuments patriotiques de l’époque. Paris ce 24 mai 1837 Nicolas-François Maurin »

Un temps en possession d’Anatole France, ce document exceptionnel est entré dans les collections de la Bibliothèque nationale de France en 1906.

Si vous vous intéressez à Jean-Paul Marat (1743-1793), député montagnard à la Convention, n’hésitez pas à consulter la sélection de documents présentée sur Gallica. Grâce à la libération de l’activité éditoriale créée par les États généraux, il se lance dans le journalisme engagé pour la Révolution. Il fonde plusieurs titres pendant la période révolutionnaire, notamment L’Ami du peuple , qui devient une tribune influente. Outre sa production journalistique, on retient de lui l’ouvrage Les Chaînes de l’esclavage paru en 1792.

Floréal, l’hebdomadaire illustré du monde du travail

La revue Floréal, l’hebdomadaire illustré du monde du travail  est un périodique culturel français publié de 1920 à 1924. Le numéro du 2 juillet 1921 de Floréal était entièrement consacré à l’école laïque.

A apprécier tout particulièrement, en mémoire de Samuel Paty, l’article La caricature au service de l’enseignement laïque, 1820-1910, sous la plume de John Grand-Carteret, journaliste et spécialiste de l’image et du dessin satirique.

« De tout temps la France employa contre ce qu’il est convenu d’appeler le cléricalisme, les armes habituelles de la satire, la plume et le crayon. »

La matrice : La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

La séparation est très largement contenue dans son article 3, la liberté de conscience dans son article 10, la liberté d’expression dans son article 11.

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l’Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen.

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L’ancêtre visionnaire : le Décret du 21 février 1795

Aujourd’hui bien oublié, ce décret dit déjà tout : la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Abrogé par napoléon, il a laissé une trace sur nos vieilles églises et nos vieux temples : Liberté, Égalité, Fraternité, encore visible sur des façades.

La Convention Nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public, de sûreté générale et de législation, réunis, décrète :


 Art. 1er. Conformément à l’article VII de la déclaration des droits de l’homme, et à l’art. CXXII de la constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé.

Art. 2. La République n’en salarie aucun.

Art. 3. Elle ne fournit aucun local, ni pour l’exercice du culte, ni pour le logement des ministres.

Art. 4. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice.

Art. 5. La loi ne reconnaît aucun ministre de culte : nul ne peut paraître en public avec les habits, ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses.

Art. 6. Tout rassemblement de citoyens pour l’exercice d’un culte quelconque, est soumis à la surveillance des autorités constituées. Cette surveillance se renferme dans des mesures de police et de sûreté publique.

Art. 7. Aucun signe particulier à un culte ne peut être placé dans un lieu public, ni extérieurement, de quelque manière que ce soit. Aucune inscription ne peut désigner le lieu qui lui est affecté. Aucune proclamation ni convocation publique ne peut être faite pour y inviter les citoyens.

Art. 8. Les communes ou sections de commune, en nom collectif, ne pourront acquérir ni louer de local pour l’exercice des cultes.

Art. 9. Il ne peut être formé aucune dotation perpétuelle ou viagère, ni établi aucune taxe pour en acquitter les dépenses.

Art. 10. Quiconque troublerait par violence les cérémonies d’un culte quelconque, ou en outragerait les objets, sera puni suivant la loi du 22 juillet 1791 sur la police correctionnelle.

Art. 11. Il n’est point dérogé à la loi du 2 des sans-culotides, deuxième année, sur les pensions ecclésiastiques, et les dispositions en seront exécutées suivant leur forme et teneur.

Art. 12. Tout décret dont les dispositions seraient contraires à la présente loi, est rapporté ; et tout arrêté opposé à la présente loi, pris par les représentants du peuple dans les départements, est annulé.

La clé de voûte : la Loi de Séparation des Églises et de l’Etat du 9 décembre 1905

C’est le moment laïque de la République. Cette loi de valeur constitutionnelle, et qui serait dans la constitution si… la 3ème République avait eu une Constitution ! est la résultante de la pensée des Lumières françaises et particulièrement de celle de Condorcet et d’un siècle de luttes d’abord souterraines puis à visage découvert pour faire triompher la liberté de conscience et l’émancipation. Elle est aujourd’hui encore notre bouclier contre l’ordre moral, la garante de la liberté des cultes. Elle fait l’objet d’attaques permanentes de tous les bigots, de tous les intégristes, de tous les communautaristes. Elle est, avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, notre bien collectif le plus précieux.

Elle comprend cinq titres, le premier édictant en moins de cent mots les principes de notre liberté.

Les autres titres sont essentiels à son application, particulièrement les titres 4 et 5.

Titre Ier : Principes. (Articles 1 à 2)

Art. 1er. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes.

Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3

Titre II : Attribution des biens, pensions. (Articles 3 à 10)

Titre III : Des édifices des cultes. (Articles 12 à 17)

Titre IV : Des associations pour l’exercice des cultes. (Articles 18 à 24).

Citons en particulier :

Art. 18. Les associations formées pour subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public d’un culte devront être constituées conformément aux articles 5 et suivants du titre Ier de la loi du 1er juillet 1901. Elles seront, en outre, soumises aux prescriptions de la présente loi.

Art. 19. Ces associations devront avoir exclusivement pour objet l’exercice d’un culte […]

Titre V : Police des cultes. (Articles 25 à 36)

Citons en particulier :

Art. 26. Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte.

Art. 28. Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

Art. 31. Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte.

Art. 34. Tout ministre d’un culte qui, dans les lieux où s’exerce ce culte, aura publiquement par des discours prononcés, des lectures faites, des écrits distribués ou des affiches apposées, outragé ou diffamé un citoyen chargé d’un service public, sera puni d’une amende de 3 750 euros. et d’un emprisonnement d’un an, ou de l’une de ces deux peines seulement.

La vérité du fait diffamatoire, mais seulement s’il est relatif aux fonctions, pourra être établi devant le tribunal correctionnel dans les formes prévues par l’article 52 de la loi du 29 juillet 1881. Les prescriptions édictées par l’article 65 de la même loi s’appliquent aux délits du présent article et de l’article qui suit.

Art. 35. Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.

Titre VI : Dispositions générales. (Articles 37 à 43)

La consolidation : le préambule et les trois premiers articles de la Constitution de 1958

Ils nous gouvernent encore aujourd’hui. L’article 1er affirme la nature laïque de la République.

Préambule

Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004.

En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique.

Art. 1er. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

Titre I – DE LA SOUVERAINETÉ

Art. 2. La langue de la République est le français.

L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L’hymne national est « La Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Art. 3. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.

Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.

Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.

La défense de la laïcité

la LOI n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics

Les attentats qui se sont succédé depuis 2012 et qui ont fait trois cents morts en France, ont fait prendre conscience à une immense majorité de Français que la laïcité, qu’ils croyaient définitivement acquise et consolidée, était attaquée de toute part et sans relâche depuis 1906. En particulier, parmi ses fondements, l’indifférenciation des personnes, dont l’égalité entre elle et devant la loi ne souffre pas d’exception, en particulier fondée sur le sexe, la couleur de peau, l’origine ethnique, la religion.

C’est pourquoi l’offensive islamiste qui a ciblé notre pays depuis les années 1980 nécessite que soient réaffirmés ou précisés les principes qui nous gouvernent et fondent les idéaux du peuple français. Comme de juste dans un pays démocratique fondé sur le droit, ce sont tous les citoyens, quelle que soit leurs options philosophiques et religieuses, qui doivent respecter la loi.

Cette loi est essentielle parce qu’elle réaffirme le caractère renforcé de la laïcité à l’école, afin d’offrir aux élèves cette « respiration laïque » nécessaire à la construction du raisonnement, de l’esprit critique et de la liberté de conscience.

Art. 1er. Il est inséré, dans le code de l’éducation, après l’article L. 141-5, un article L. 141-5-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 141-5-1. – Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.
Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. »

Reprendre l’initiative : La loi confortant le respect des principes de la République – 2021

Cette loi est la manifestation de la prise de conscience par l’État des dangers qui menacent la laïcité, clé de voûte de la Nation et de la société française. Elle est l’objet d’une réaction féroce de la part de ses adversaires qui craignent de perdre en quelques articles une bonne partie du terrain qu’ils ont tenté de reprendre à la laïcité depuis un siècle.

Les forces de la loi

La loi présente quatre grandes avancées.

  • Elle confirme la neutralité du service public en l’étendant aux entreprises et associations délégataires ;
  • Elle donne aux préfets les moyens légaux de contrôle de la neutralité des décisions et de l’action des collectivités territoriales ;
  • Elle étend à toutes les associations ayant un objet cultuel, même si elles ne sont pas enregistrées sous le statut des associations cultuelles de la loi de 1905, les prescriptions de cette dernière et élargit le contrôle sur leur fonctionnement et leurs ressources afin de limiter les confusions entre objet cultuel et objet culturel ;
  • Enfin, elle s’attaque à certaines causes et effets de la radicalisation extrémiste à base intégriste en :
  1. Renforçant les contrôles sur les enseignements prodigués dans les établissements privés hors contrat et à domicile ;
  2. Proposant des moyens de lutter contre la haine en ligne et la mise en danger des personnes, illustrées de la pire des manières en 2020 par l’assassinat du professeur Samuel Paty ;
  3. Luttant contre les comportements communautaristes contraires aux lois de la République et notamment contre les inégalités de traitement parfois dégradantes imposées aux femmes par des prescriptions religieuses qui voudraient prendre le pas sur les lois de la République.

La loi semble donc prendre la mesure du danger que représente, en particulier depuis quelques décennies, l’islam politique et radical – c’est-à-dire l’islamisme – prôné par les frères musulmans et les organisations salafistes, pour séparer les citoyens de confession ou de culture musulmane de la communauté nationale. Les rédacteurs de la loi ont veillé à ce que cette loi, comme toutes les lois de la République, conserve une portée universelle et puisse s’appliquer à toutes les formes de dérives religieuses et philosophiques sectaires, même si c’est aujourd’hui l’islamisme qui représente la menace principale contre la République.

La « loi confortant le respect des principes de la République » représente une occasion exceptionnelle, qui ne se répètera probablement pas avant longtemps, de réparer le lien abîmé par quarante ans d’errements gouvernementaux, de reculs et de compromissions, entre les Français et leur laïcité.

  • Elle aborde des sujets cruciaux pour l’avenir de notre pays et en particulier la laïcité, clé de voûte de l’unité nationale. Il serait donc très dommageable pour l’avenir du pays qu’elle soit progressivement affaiblie au point d’être dénaturée et de ne plus répondre à toutes les questions qui restent non résolues et menacent l’unité nationale, la liberté de conscience et in fine la République.
  • Les faiblesses de la loi

    Nous avons évoqué ci-dessus l’opportunité et la nécessité d’une telle loi et énuméré ses qualités ; il paraît essentiel d’en pointer les insuffisances, les limites et les dangers dans sa forme actuelle.

    • Il est regrettable qu’une telle loi ne propose pas un préambule exprimant de manière solennelle sa philosophie et affirmant l’importance de ce geste législatif ;
    • Une telle loi ne peut pas faire, pour des raisons d’opportunité ou de calcul politicien, l’économie de certaines questions centrales pour le respect des principes républicains et l’unité de la Nation. Ainsi, il est malheureux qu’à aucun moment ne soient abordés, même de manière conservatoire et à titre documentaire, trois aspects essentiels des débats sur la laïcité, à savoir la nécessaire extension des lois de la République à la totalité du territoire métropolitain et ultramarin, l’anomalie que représente le financement public de l’école privée et la constitutionnalisation des principaux termes des articles principiels de la Loi de séparation des Églises et de l’État ;
    • Le mécanisme proposé dans la loi et destiné à inciter les associations cultuelles enregistrées sous le statut de la loi sur les associations de 1901 à l’abandonner pour rejoindre le statut d’association cultuelle de la loi de 1905, nous paraît peu efficace.

    La possibilité offerte par la loi du 2 janvier 1907 sur l’exercice public des cultes, de déclarer une association cultuelle sous le régime de la loi sur les associations de 1901, était liée au refus de l’Église catholique de s’inscrire dans le cadre de la loi de 1905 en matière de propriété des lieux de culte. La question immobilière soulevée par l’Église catholique ayant été – mal – résolue par les accords Briand-Poincaré-Ceretti de 1923-1924, il aurait fallu supprimer l’article 4 de la loi du 2 janvier 1907 et contraindre ainsi toutes les associations cultuelles à rejoindre le statut de la loi de 1905, dans un délai de quelques années, fixé dans la loi.

    • Cette loi ne porte pas précisément sur la laïcité scolaire. Il est cependant évident que la conscience citoyenne laïque et républicaine se construit au cours des années de formation initiale des jeunes Français. En conséquence on doit regretter l’absence de dispositions destinées à favoriser la promotion et la diffusion des principes républicains auprès des jeunes et à renforcer spécifiquement la prévention de leur possible radicalisation.

    De même, il n’y a aucune raison de laisser hors du champ de l’obligation de neutralité des agents faisant action de service public, les bénévoles qui, à la différence des entreprises privées ou des associations délégataires, ne sont pas concernées par la loi. Or, par exemple, les sorties scolaires sont bien des activités de service public et non des activités de loisir puisqu’il s’agit d’une prolongation de la classe hors des établissements. Il est donc tout à fait normal que les accompagnants bénévoles qui sont ici auxiliaires du service public, manifestent la même neutralité religieuse ou philosophique que les employés des sociétés de transports en commun ou de restauration scolaire. C’est même encore plus justifié et nécessaire puisque l’école publique est la cadre d’une laïcité renforcée destinée à développer le sens critique des enfants et à assurer l’édification de leur liberté de conscience.

    • La loi devrait être plus exhaustive en matière de lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes, nées de pratiques religieuses rigoristes et extrémistes. Ainsi aurait dû être abordé et caractérisé comme un comportement sectaire le voilement des mineures, en particulier des mineures de quinze ans.

    Une disposition inacceptable

    Les dispositions de l’article 28 autorisent les associations cultuelles à exploiter directement des biens immobiliers. C’est une véritable brèche ouverte dans la loi de Séparation qui pourrait conduire à terme à l’instauration d’une pratique concordataire.

    • La loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 accorde aux cultes des avantages fiscaux sur les dons des fidèles. Ces avantages permettent aux associations cultuelles d’échapper à l’impôt sur ces libéralités. Cette générosité de la République n’est légitime qu’à condition que l’association cultuelle qui en bénéficie se cantonne à son objet, l’exercice du culte. C’est à ce titre et dans ces conditions que la République garantit le libre exercice du culte (article 1er de la loi de Séparation du 9 décembre 1905). Depuis de nombreuses années, les responsables des cultes tentent d’obtenir la possibilité d’exploiter directement les biens immobiliers qui leur sont légués ou qu’ils reçoivent en donation. En effet, à ce jour, et même dans le cadre des assouplissements et des avantages conférés au culte catholique par le gouvernement de Vichy, ceux-ci ne peuvent exploiter directement les biens immobiliers qui leur sont transférés puisque cette exploitation ne ressort pas de l’exercice du culte.
    • L’exploitation directe des biens immobiliers par les associations cultuelles présente des inconvénients graves et nombreux :
    • Rupture d’égalité entre les cultes en fonction de la situation immobilière de chacun ;
    • Non soumission à l’impôt d’une activité commerciale sans rapport avec le culte du fait des avantages fiscaux consentis aux associations cultuelles
    • Rupture d’égalité vis-à-vis des exploitants immobiliers commerciaux ;
    • Subventionnement indirect des cultes, du fait de la nécessité de compenser l’impôt non perçu sur les successions et sur les bénéfices immobiliers commerciaux des associations cultuelles, par l’imposition complémentaire de tous les Français ou de toutes les entreprises ;
    • Rupture du principe d’exercice de l’activité cultuelle par l’autorisation de se livrer à d’autres types d’activités, ouvrant la voie à des futurs élargissements dans d’autres domaines ;
    • Une telle mesure présente un grave danger d’affaiblissement du principe de séparation, voire d’évolution vers une situation concordataire. En effet, elle présente un risque important de voir évoluer rapidement le paysage cultuel français vers une situation « à l’américaine », dans laquelle les cultes évangélistes se multiplieront pour assurer l’enrichissement de leurs pasteurs par la constitution de fortunes immobilières. En parallèle, la « course au legs ou à la donation » pourrait gangréner les cultes traditionnels et donner lieu à de nombreux scandales. Enfin, cette mesure risque de permettre la reconstitution d’empires immobiliers qui donneraient à terme aux cultes les contrôlant une influence très importante tant sur l’économie du pays que sur les décisions des obligés que seraient leurs locataires.

    Pour tenter d’éviter de tels dangers, l’État se trouvera dans l’obligation de contrôler la réalité de l’objet cultuel d’une association exploitant des biens immobiliers et se déclarant « association cultuelle ». L’État devra donc alors définir ce qu’est et ce que n’est pas un culte et de ce fait, se pencher sur la recevabilité d’un dogme et s’engager sur la voie d’une labellisation des religions. C’en serait donc fini de la séparation.

    • Plus généralement, et au-delà de la générosité de la loi de 1905 limitée aux dons, il n’est pas du ressort de l’État de financer directement ou indirectement le fonctionnement d’une association, fût-elle cultuelle, en l’autorisant à pratiquer une activité commerciale non soumise à l’impôt. Enfin l’intérêt public, supérieur aux intérêts particuliers ou associatifs, aurait dû être préservé. À ce titre, l’exercice du droit de préemption de l’État et des collectivités sur les biens immobiliers ne devait pas être limité ou abrogé.
    • Enfin, cette mesure apparaît comme une « compensation » accordée par la République face au tarissement des financements étrangers recherché par la loi. Il aurait été de meilleure politique de traiter le problème à la racine en renforçant les contrôles sur ces sources de revenus des cultes, grâce à l’outil « Tracfin », quitte à accroître les moyens et les prérogatives de ce Service de renseignement, plutôt que de risquer de mettre gravement en danger l’équilibre de la Loi de Séparation.

    Trois impératifs complémentaires, pour l’application réelle de la loi

    • Il est essentiel que l’État se donne les moyens d’assurer la mise en œuvre de la loi. En effet depuis quelques décennies, les citoyens ont constaté que nombre de lois n’ont pas été appliquées ou qu’elles ne l’ont été que partiellement ou imparfaitement. Cette constatation a souvent donné le sentiment que les lois étaient adoptées plus par opportunisme politique que pour affirmer la règle commune. Or, cette loi loi est historique et ne peut subir telle déchéance. C’est pourquoi la question des moyens accordés pour sa mise en œuvre et pour les contrôles de son application est décisive.

    Les mécanismes mis en œuvre dans la « loi confortant le respect des principes de la République » ne trouveront leur pleine application que dans le respect de la loi de Séparation des Églises et de l’État.

    • La loi ne pourra être appliquée que si l’État et les collectivités locales cessent de subventionner directement les cultes, en contravention avec la loi de Séparation, au prétexte d’une activité culturelle dont chacun sait qu’elle recouvre des activités cultuelles. Les récents exemples du financement par la ville de Rennes de la rénovation d’un centre islamique et du financement par l’État et la Ville de Paris du Centre européen du judaïsme, démontrent que ces pratiques inacceptables sont de plus en plus courantes et distraient des investissements nécessaires au bien public des centaines de milliers, voire des millions d’euros.
    • De même, les discussions en cours et les solutions actuellement évoquées pour la création d’un « islam de France » et l’établissement d’une taxe halal, laissent craindre que cette nouvelle organisation donne au vainqueur des luttes intestines qui ont lieu entre les associations musulmanes, la main sur un réseau de propagande sur tout le territoire grâce au contrôle des mosquées et des centres cultuels/culturels, d’institutions reconnues par l’État permettant de diffuser son idéologie, de cadres et d’exécutants, d’école de formation des imams et d’école destinées à former des cadres politiques (voir le lycée Averroès). Qui contrôlera la création de l’islam de France pourra disposer d’un État dans l’État. On peut douter alors de la conformation d’une telle organisation à l’esprit et à la lettre de la Loi de Séparation et de la « Loi confortant le respect des principes de la République ».

    1 Ferdinand Buisson, in discours au congrès du Parti radical et radical-socialiste, 1903

    Le symbole du naufrage de la pensée et de l’action démocratique s’appelle Mila

    Tribune

    Par Jean-Pierre Sakoun

    Président, Unité Laïque

    Jean-Pierre Sakoun. Tribune du 16 juin 2021. Marianne

    Jean-Pierre Sakoun, président de l’association Unité laïque, explique pourquoi Mila symbolise le naufrage de la pensée et de l’action démocratique.

     Depuis vingt ans, tous les professionnels de la victimisation, racialistes, indigénistes, islamistes, communautaristes, traînent dans la boue le peuple français en l’accusant de toutes les horreurs esclavagistes, colonialistes, xénophobes. Qu’ils soient Français de fraîche date ou enrôlés dans les bataillons d’idiots utiles qui se battent pour faire triompher la « vertu » woke et la « cancel culture », pas un pour tenir compte de l’histoire et du réel.

    Or, la France est probablement le pays le plus antiraciste, les plus anti-esclavagiste, le plus solidaire, le plus égalitaire, le plus respectueux de la liberté de chacun. Elle ne laisse pratiquement personne au bord du chemin et en particulier les geignards en colère qui nous rebattent les oreilles du matin au soir de leurs plaintes folles.

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    Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires

    Gallica donne accès à plus de 8,5 millions de documents numérisés (livres, revues, journaux, publications officielles, manuscrits, estampes, photographies, etc.), propose une sélection documentaire sur la laïcité à travers des documents très nombreux et particulièrement variés, qui donnent une profondeur historique à la réflexion sur la laïcité.

    Accédez aux ressources sur la laïcité dans Gallica

    Parmi les textes d’un grand intérêt pour nos sujets, citons aussi les sources législatives et réglementaires, qui donnent accès, dans le cadre d’un accord de coopération entre la BnF et les assemblées, au Journal officiel de la République française. Lois et décrets de 1869 à 1946 et aux Débats parlementaires de la Chambre des députés et du Sénat, notamment lors du vote des grandes lois laïques (lois Ferry-Goblet de 1881-1886, lois de 1901 et 1904 sur les congrégations, loi sur la séparation des églises et de l’État de 1905 par exemple)

    Accédez ici aux Débats parlementaires de la Chambre des députés et du Sénat dans Gallica du 1869 à 1946

    • Ressources pédagogiques numériques de la BnF

    La BnF propose un ensemble des ressources numériques pédagogiques de grande qualité à l’intention des professeurs et des élèves, composé d’une exposition en ligne, d’un dossier documentaire, de textes de référence, d’une filmographie, de pistes pédagogiques, etc.

    La laïcité – Ressources pédagogiques de la BnF 

    Le mot “islamophobie” est un missile stratégique à têtes multiples dans les mains des ennemis de la République

    Par Jean-Pierre Sakoun Président d’Unité Laïque

    Publié le 12/03/2021 à 19:36 dans Le FigaroVox

    Deux professeurs de l’IEP de Grenoble sont accusés d’islamophobie par des affichages sauvages à l’entrée de l’IEP.

    FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour l’ancien président du Comité Laïcité République, le terme d’islamophobie est employé pour interdire toute critique de l’islam. Cette accusation a selon lui trouvé un nouvel élan dans l’université française.

    Jean-Pierre Sakoun a été président du Comité Laïcité République de 2017 à 2021.

    Le 6 janvier 2016, sur France Inter, à la veille de la première commémoration de l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, Élisabeth Badinter disait : « Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe, ce qui a été pendant pas mal d’années, le stop absolu, l’interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. À partir du moment où les gens auront compris que c’est une arme contre la laïcité, peut-être pourront-ils laisser leur peur de côté ».

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    Signes des temps – France culture

    Signes des temps par Marc Weitzmann

    La culture est un puissant révélateur de la société, de ses aspirations, de ses fractures. C’est un signe des temps. Marc Weitzmann met en œuvre une approche intellectuelle à la croisée de la culture et des enjeux de société.

    Certaines émissions sont de précieux éclairages sur la question de la laïcité et le rapport aux religions.

    On citera par exemple parmi les plus récents :

    Le 17 octobre 2021 Samuel Paty : un an après, où en sont les enseignants ?

    Le 19 septembre 2021 Raconter la terreur

    Le 22 août 2021 La critique des Lumières

    Le 15 août 2021 La gauche et l’héritage des Lumières

    Le 27 juin 2021 Affaire Mila, cyber-harcèlement, misogynie, technologie, laïcité : vers une nouvelle culture de l’insulte ?

    Le 5 décembre 2021 Parcours et rhétorique d’Eric Zemmour (franceculture.fr) – La meilleure analyse de la politique zemmourienne.

    UFAL Info

    Trimestriel.

    Revue de l’Union des familles laïques.

    Articles de fond, entretiens, analyses sur les diverses thématiques qui préoccupent l’UFAL (familles, laïcité, école, santé, protection sociale, logement, féminisme, développement écologique, jeunesse…).

    Parmi les thèmes des derniers numéros, citons :

    N° 82 : Apartheid identitaire ou universalisme : le choix.

    N° 83 : Les fêtes pour unir. Contre les séparatisme.

    N° 84 : Les enjeux du Made in France

    N° 85 : L’égalité pour vivre libre.

    Site web de la revue : UFAL Info

    ReSPUBLICA

    Revue de la gauche républicaine

    Se voulant un espace de dialogue et de confrontations d’expériences pour réfléchir et armer les militants, ReSPUBLICA s’affirme depuis sa création comme vecteur d’une gauche républicaine « démocratique, laïque, antiraciste, féministe, écologique et sociale » et œuvre pour la globalisation des combats et la convergence des luttes. 

    Site web : ReSPUBLICA

    Humanisme

    Trimestriel.

    Revue des Francs-maçons du Grand Orient de France.

    La publication n’est toutefois pas un document officiel du GODF. La rédaction sollicite des auteurs, sans se soucier de leur appartenance maçonnique, mais en fonction de leurs compétence et qualité relativement aux thèmes abordés.

    Humanisme est consultable en ligne sur Cairn, de 2006 à 2021 Achat des numéros papier et abonnement auprès de Conform Editions.

    Dossiers sur des thèmes sociétaux et historiques.

    Parmi les derniers dossiers publiés, citons :

    N° 328 : Jaurès humaniste – Août 2020

    N° 329 : L’université à la renverse – Novembre 2020

    N° 330 : Le « care » ou la confusion des sentiments – Février 2021

    N° 331 : La Commune de Paris, une mémoire vivante – Mai 2021

    N° 332 : Les nouveaux inquisiteurs – Août 2021

    N° 333 : Regards profanes – Novembre 2021